Présidentielle 2027 : Mélenchon promet 106 milliards d'euros de recettes supplémentaires... "matraquage fiscal inédit" ou mesures "raisonnables" ? Le plan de LFI fait débat

l'essentiel Jean-Luc Mélenchon a dévoilé, mercredi 14 octobre, un projet de budget rectificatif pour 2027, visant 106,4 milliards d'euros de recettes supplémentaires. Le candidat LFI propose de taxer davantage les plus riches et les grandes entreprises, mais suscite le scepticisme d'économistes.

Le chiffre se veut précis mais suscite un certain scepticisme : 106,4 milliards d'euros de recettes supplémentaires dès 2027 pour l'État. Ce mercredi 14 octobre, Jean-Luc Mélenchon a présenté les grandes orientations d'un projet de budget rectificatif pour l'année 2027, si d'aventure il parvenait à remporter la course à l'Élysée au printemps prochain.

Le candidat LFI entend remplacer la version élaborée cet automne par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour répondre à la "culture dominante" du "néolibéralisme", accusant les présidents Emmanuel Macron, François Hollande et Nicolas Sarkozy d'avoir orchestré "l'appauvrissement méthodique et organisé de l'État".

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Les plus riches et les grandes entreprises dans le viseur fiscal

Pour atteindre ses objectifs budgétaires, Jean-Luc Mélenchon propose de taxer davantage, notamment les plus riches et les grandes entreprises. Ainsi, le leader de LFI plaide pour un "ISF climatique", espérant faire entrer "10 milliards d'euros" dans les caisses, "la suppression de la flat tax" (qui dégagerait 9 milliards selon lui) et la désormais très médiatisée "taxe Zucman", qui se déclencherait pour les ménages ayant un patrimoine supérieur à 100 millions d'euros (pour 15 milliards d'euros escomptés).

Comme à l'Assemblée nationale, où le budget de l'État est actuellement discuté, LFI propose également de faire grimper la taxe sur les Gafam à 15 %, d'instaurer une taxe sur les héritages à 20 milliards d'euros, mais aussi d'aller chercher "22 milliards" en "rabotant" plusieurs niches fiscales (pacte Dutreil sur les transmissions d'entreprises, crédit d'impôt recherche, etc.).

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Selon l'actuel président de la commission des Finances du Palais Bourbon, le député LFI Eric Coquerel, les recettes envisagées sont "raisonnables" et "crédibles" ; alors que dans le même temps, il est prévu 81,7 milliards d'euros de nouvelles dépenses (suppression de la réforme des retraites d'Élisabeth Borne, hausse du SMIC à 1 700 euros net, plus de moyens pour l'éducation et l'hôpital...).

"Non seulement nous injectons plus de 81 milliards d'euros dans les carnets de commandes, dans l'économie, dans le pouvoir d'achat, mais du fait que les recettes soient supplémentaires, nous faisons 25 milliards de réduction du déficit. Nous faisons donc mieux que le gouvernement", se félicite Eric Coquerel.

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Un scénario trop beau pour être vrai ?

Un enthousiasme que ne partagent pas plusieurs économistes, interrogés par l'Agence France-Presse. "106 milliards de recettes, c'est sur le papier", rétorque dans un premier temps Alain Trannoy, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (Ehess), car, selon lui, "il y aurait une réponse du contribuable". "Ces niveaux de taxation ne sont pas très crédibles", embraye Sylvain Bersinger, du cabinet Bersingéco, et "conduiraient à des réactions brutales qui réduiraient fortement les gains budgétaires escomptés". De son côté, Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, estime que le plan présenté "n'est pas assez détaillé".

Économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Mathieu Plane décrit ce programme de LFI comme "une réorientation assez radicale", rappelant au passage que la France n'était pas dans une économie fermée et bien ancrée dans la zone euro, "une zone monétaire avec libre mobilité des capitaux". Et d'ajouter : "À partir du moment où on fait un choc fiscal de cette ampleur sur, en plus, ceux qui sont les plus mobiles, c’est-à-dire les grosses entreprises et les plus riches, vous avez des risques de mobilité fiscale importante".

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De son côté, l'équipe de campagne du candidat Horizons Edouard Philippe fait part de sa "consternation" en dénonçant un "matraquage fiscal inédit" avec ce contre-budget. Et d'y voir les prémices d'un "Frexit" si de telles mesures étaient mises en œuvre.