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  • 2026-08-13 18:12:46 +0000 UTC

    Aug 13, 2026

    Présidentielle 2027 : "Les autres candidats ont décidé de partir en vacances, ce n’est pas mon choix"… Gabriel Attal s’offre une escale dans l’Hérault

    Depuis l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle, Gabriel Attal multiplie les déplacements en région. Ce jeudi 13 août 2026, il était à La Grande-Motte dans l’Hérault, au camping Maiana. Campagne électorale, bloc central, primaire, programme… L’ancien Premier ministre a répondu aux questions de Midi Libre.

    Vous êtes l’un des seuls candidats à l’élection présidentielle à arpenter la France. Votre campagne a commencé ? Profitez-vous des vacances d’été pour rattraper votre retard dans les sondages ?

    Je suis le seul candidat en dehors des extrêmes à être dans une dynamique. Je suis en hausse dans tous les sondages. Aller à la rencontre des Français a toujours été ma marque de fabrique. C’est donc naturel pour moi d’être sur le terrain tout au long de l’été. J’ai annoncé ma candidature à l’élection présidentielle en mai dernier, il aurait été totalement incohérent et incompréhensible de dire : "Je suis candidat mais ciao, je pars en vacances. On se retrouve dans un mois et demi". Les autres candidats ont décidé de partir en vacances, c’est leur droit. Ce n’est pas mon choix.

    Plus d’une dizaine de figures politiques ont annoncé leurs candidatures à l’élection présidentielle… Lequel d’entre eux redoutez-vous le plus ?

    Il n’y a pas un candidat que je redoute plus que les autres. Ce que je redoute, et ce que je veux éviter aux Français, c’est d’avoir à choisir au second tour entre la France Insoumise et le Rassemblement National. Ce serait un choix terrible, quelle que soit l’issue pour le pays et pour les Français.

    Un soda et des selfies en pagaille, la folle après-midi du candidat

    Installé sur la terrasse du restaurant du camping Maiana, à La Grande-Motte (Hérault), il sirote un verre de soda. Teint hâlé, cigarette électronique à portée de main… Ce trentenaire a tout d’un touriste venu sur le littoral méditerranéen profiter de quelques jours de détente. Pourtant, il n’est pas là en vacances. Lui, c’est Gabriel Attal, qui, dans le cadre de sa campagne, multiplie les déplacements en région, "au contact des Français".

    Après avoir rencontré des viticulteurs dans les Pyrénées-Orientales, des spécialistes du climat en Savoie, c’est au tour de l’Hérault. L’ancien Premier ministre vient ici pour parler tourisme… Mais aussi emploi et sécurité des plages. Bref, des professionnels qui, comme lui, travaillent en août selon ses propres éléments de langage. Quelques selfies avec des enfants, quelques poignées de main, puis vient le temps de la visite de l’établissement en voiturette et, surtout, suivi par pléthore de journalistes.

    Ici tout le monde veut voir Gabriel Attal. À tel point que des visuels annonçant sa venue défilent sur l’écran géant installé sur la scène, non loin de la piscine. D’habitude ici, c’est plutôt spectacles de danse ou karaokés. Cet après-midi, on a eu droit à un one-man show.

    Pour éviter ce scénario, l’idée d’une primaire est-elle toujours d’actualité ?

    Tout au long de l’année, plusieurs candidats présenteront différents projets, y compris au sein du bloc central. Il faudra un rassemblement début 2027. Je suis ouvert à tout, même à une primaire.

    Je m’appuie sur un projet, mon projet, qui a un sens, qui est porteur d’espoir et d’avenir pour les Français. Si on a peur d’un vote ou d’une primaire, il vaut mieux ne pas être candidat à l’élection présidentielle.

    Cet été, Gabriel Attal s’est lancé dans une série de déplacements "au contact" des Français.
    Cet été, Gabriel Attal s’est lancé dans une série de déplacements "au contact" des Français. Midi Libre - MICHAEL ESDOURRUBAILH

    Vos projets, justement, parlons-en. Vous voulez créer un ministère de l’Eau. Avec quel budget ? Et comment fonctionnerait-il ?

    Il y a un constat : on manque d’eau et on va en manquer davantage dans les années à venir. Je suis l’un des seuls candidats à m’emparer du sujet. Je veux mieux protéger les Français qui dépendent de cette ressource. Il faut arrêter le gâchis. Un litre d’eau sur cinq est perdu à cause des fuites dans les réseaux. On réutilise 14 fois moins d’eau que nos voisins espagnols. Je veux créer un ministère dédié à cette ressource. Il faut simplifier les règles. Certains projets sont bloqués pendant des années par les réglementations : un maire peut, par exemple, attendre 18 ans pour construire une usine de réutilisation des eaux usées. Il faut casser ce système.

    "Je veux que les jeunes continuent à avoir le choix"

    Vous voulez aussi "démassifier" l’enseignement supérieur. C’est-à-dire ? Il y a trop de jeunes à l’université et pas assez dans les filières professionnelles ?

    Je veux que les jeunes continuent à avoir le choix. Aujourd’hui, beaucoup sont à l’université dans des filières qui offrent peu de débouchés. Alors que certains secteurs, comme l’industrie, l’hôtellerie, le commerce ou la restauration, peinent à recruter.

    L’objectif est d’informer les jeunes en amont, de développer les formations dans les secteurs qui recrutent et de les orienter davantage vers des formations qui offrent de réelles perspectives d’insertion professionnelle. Il ne s’agit pas de décider seul de fermer une filière pour en ouvrir une autre, mais d’identifier avec les partenaires sociaux les besoins de l’économie et d’adapter notre offre de formation en conséquence.

    Parlons des gens du voyage maintenant. Vous voulez durcir les règles contre les installations illicites ?

    Aujourd’hui, 80 % des départements sont dotés d’aires d’accueil et de grand passage. L’objectif est que toutes les collectivités concernées en disposent. Rien ne justifie d’occuper illégalement un camping, un stade ou le terrain d’un agriculteur. Je veux bien entendre que certaines aires ne soient pas au niveau attendu. Ça ne donne pas l’autorisation d’aller envahir un terrain privé. À ce moment-là, ils peuvent aller dans un autre département ou un autre territoire.

    Un démarrage en trombe dans la campagne présidentielle.
    Un démarrage en trombe dans la campagne présidentielle. Midi Libre - MICHAEL ESDOURRUBAILH

    Que proposez-vous pour la santé mentale ? Sur votre site internet, il n’y a rien sur le sujet… Elle était pourtant, sous votre impulsion, devenue "Grande cause nationale" en 2025 ?

    J’ai présenté quatre chantiers capitaux pour que la France redevienne la première puissance d’Europe en dix ans : l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, auxquels s’ajoutent la dette publique et la dette climatique. Mais cela ne résume pas tout mon programme, que je présenterai à l’automne. La santé mentale en fera partie.

    C’est aussi pour cela que je défends l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et que je poursuis le combat contre le harcèlement scolaire : la violence ou encore les bulles algorithmiques ont un impact sur la santé mentale des jeunes.

    "Le logement est probablement le plus grand raté économique du macronisme"

    Les jeunes encore. Que leur proposez-vous sur les questions liées au logement ?

    Le logement sera une part importante de mon programme. C’est probablement le plus grand raté économique du macronisme. La situation est catastrophique. Ce qui me rend dingue, c’est de voir des jeunes couples en CDI qui ne peuvent pas devenir propriétaires. C’est un énorme sentiment de déclassement.

    Nos parents et nos grands-parents pouvaient, avec un salaire moyen ou médian, emprunter et accéder à la propriété. Aujourd’hui, ce n’est plus possible pour beaucoup de jeunes. Il faut débloquer ça.

    Vous souhaitez mettre en place un système d’immigration par points, comme au Canada. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

    Stopper l’immigration comme le propose l’extrême droite, et malheureusement aussi certains à droite ? Ce serait une catastrophe économique pour notre pays. Accueillir tout le monde, comme le proposent l’extrême gauche et la gauche ? Ce n’est non plus pas la solution. Moi, je propose une immigration par point, avec une "préférence travail". Le travail doit être la clé d’entrée de notre politique migratoire.

    Je souhaite que, tous les deux ans, les partenaires sociaux identifient les besoins de l’économie en matière d’immigration. Ils seraient transmis au Parlement, qui voterait des quotas par métier et par secteur, mais aussi par origine géographique et par nationalité. Il faut une pluralité dans l’immigration que nous accueillons pour qu’elle puisse être intégrée et rester soutenable. On aura toujours une politique d’asile.

    Beaucoup de mesures… Si elles vous portent à l’Elysée, qui nommerez-vous comme Premier ministre ?

    Je veux quelqu’un qui change de méthode et qui incarne mes priorités. J’ai déjà des idées.

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