Présidentielle 2027 : Édouard Philippe présente son programme pour l’adaptation climatique
Doter la France d’une « véritable politique de sécurité climatique » : Édouard Philippe a présenté jeudi 17 septembre dans le Maine-et-Loire le volet « adaptation » de son programme environnemental, une stratégie « ambitieuse » entre le « déni » du « Rassemblement climatosceptique » de Marine Le Pen et le « dogme » anticapitaliste de La France insoumise.
Pendant que son concurrent du bloc central, Gabriel Attal, prononçait depuis Reims un discours appelant aux « États-Unis d’Europe », le candidat Horizons avait choisi, pour présenter le volet « adaptation » de son programme, l’agglomération d’Angers, administrée par le N.2 de son parti et ancien ministre de la transition écologique Christophe Béchu.
Très attendu sur sa réforme des retraites, dont le contenu pourrait être dévoilé la semaine prochaine, et après des annonces de rentrée sur l’immigration, le narcotrafic ou encore l’économie, Édouard Philippe a investi, depuis la commune des Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire) en bord de Loire, un champ hors de l’apanage traditionnel de la droite.
« Je ne suis pas né dans l’écologie politique, ce qui m’a sans doute évité d’aborder celle-ci sous un angle idéologique. Comme des millions de personnes de ma génération, cette conscience m’est venue peu à peu », a-t-il expliqué. Mais « certains événements vous propulsent dans une nouvelle ère », comme cet été 2026 avec ses successions de canicules, ses mégafeux, « les intérieurs surchauffés » et « les nuits sans sommeil », a résumé le candidat.
« Nous ne choisirons pas le climat de 2050, il s’imposera à nous. Mais nous pouvons choisir la France qui y fera face. Nous pouvons décider d’être prêts », a dit Édouard Philippe qui a présenté les mesures de la « politique de sécurité climatique » qu’il entend mettre en place depuis l’Élysée.
Ode à « l’économie de marché »
Sur l’adaptation, il a tenté de tracer une voie médiane entre le « Rassemblement climatosceptique » de Marine Le Pen et le « dogme » anticapitaliste de Jean-Luc Mélenchon. « Je vois bien que certains essaient de s’acheter un brevet d’écologie en se faisant prendre en photo auprès de populations traumatisées par les feux de cet été », a-t-il lancé à l’adresse de la candidate RN en visite au Porge (Gironde) jeudi.
Il s’est ensuite attaqué à une « mystification » de « la gauche radicale » : « On ne réussira pas l’adaptation climatique sans l’économie de marché » car s’en priver, « c’est se condamner à la décroissance ». Face au défi de l’adaptation, le plan d’Édouard Philippe tient en trois points : « protéger, adapter, équiper ».
Il entend notamment créer un « fonds unique d’adaptation au changement climatique » qui réunirait le fonds Barnier et le fonds vert existants et serait abondé à hauteur de 2 milliards d’euros par an. « Deux milliards, c’est une somme importante. Mais rapportée aux 5 milliards d’euros que coûtent chaque année les catastrophes naturelles, c’est de l’argent bien investi », a assuré l’ex-premier ministre.
Il a également promis d’abroger « la totalité du Code des marchés publics » en cas d’aboutissement d’un projet de simplification de la Commission européenne en la matière.
Questionner les « rythmes de vie »
Édouard Philippe a aussi fixé l’objectif de parvenir à la production d’un « Canadair français » au cours de son quinquennat, pour « ne plus attendre, quand la France brûle, qu’un autre pays veuille bien nous vendre des avions pour l’éteindre. » Le maire du Havre a égrené d’autres mesures, comme l’instauration d’une « journée nationale d’alerte » sur le modèle allemand et la formation de « chaque jeune Français » aux « gestes de premiers secours ».
Parmi les autres mesures, l’accompagnement de l’installation de la climatisation, le développement des réseaux de froid et la lutte contre le gaspillage de l’eau, avec l’objectif d’atteindre 10 % de réutilisation d’eaux usées, comme en Italie.
La France devra également « transformer (son) agriculture » car « l’adapter aux nouvelles conditions de notre environnement climatique, c’est offrir des perspectives aux agriculteurs », a-t-il dit, prônant notamment de « stocker l’eau plus qu’avant, mieux qu’avant et de façon beaucoup plus assumée qu’avant ».
Édouard Philippe a par ailleurs jugé nécessaire d’ouvrir le débat sur les « rythmes de vie », à l’école, au travail, dans les services publics, pendant les périodes de grande chaleur, une tâche qui sera décentralisée. Il a également évoqué trois chantiers : un plan baignade, après les 301 morts par noyade de l’été, un plan d’adaptation des infrastructures et un plan montagne, dont « le modèle touristique doit changer ».