Première pelletée de terre pour la première tour du Quartier Molson
La construction de la première tour du Quartier Molson, qui comportera 27 étages, a été lancée mercredi. Le projet qui s’étend sur un terrain de six millions de pieds carrés en bordure du fleuve prévoit, d’ici sept à dix ans, la construction de 5000 logements, dont un total de 1000 logements dits « hors marché ». Le nombre de logements sociaux demeure cependant inconnu.
Accompagnés de la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, les promoteurs Montoni et le Fonds immobilier de solidarité FTQ ont procédé à la première pelletée de terre officielle, donnant le coup d’envoi à la première phase de ce vaste projet.
Baptisé « Chapitre », le premier bâtiment à être construit bordera le fleuve Saint-Laurent, entre les rues de la Commune, Montcalm et Atateken. Il comptera 383 logements locatifs et sa livraison est prévue pour l’été 2028. Les promoteurs prévoient d’installer une épicerie au rez-de-chaussée, mais l’enseigne reste encore à déterminer. L’immeuble offrira une cour intérieure, 129 places de stationnement intérieures et 430 espaces pour vélo.
Les promoteurs soutiennent que les occupants de 80 % de ces logements bénéficieront d’une vue sur le fleuve. « Les autres auront une vue sur la montagne », a indiqué l’architecte Jean Pelland, de Sid Lee Architecture.
Cette tour comportera 91 studios, 209 logements d’une chambre, 72 logements de deux chambres et 11 logements de trois chambres. Les studios seront loués à un prix de 1495 $ par mois (chauffage, électricité, climatisation, électroménagers et Internet illimité inclus). Au moment où ces lignes étaient écrites, le prix de location des autres types de logements n’avait pu être précisé par les promoteurs.
Si la première tour ne comptera que des logements mis en location, les promoteurs n’écartent pas la possibilité d’inclure des condos dans les autres phases du projet. « Aujourd’hui, on voit que le marché n’est pas nécessairement intéressant pour ce type d’habitation. Mais ce n’est pas éliminé pour l’avenir », a expliqué Leonard Verrilli, directeur de projet chez Montoni.
La première phase du Quartier Molson intègre aussi l’îlot des Voltigeurs, la section patrimoniale des lieux où se dresse la tour emblématique de l’ancienne brasserie Molson. Ce bâtiment abritera un hôtel d’une quarantaine d’étages et de 200 à 300 chambres. Le parc Sohmer, décrit comme un « haut lieu de rassemblement montréalais de la fin du XIXe siècle », sera aussi recréé au cœur du futur Quartier Molson.
Compte tenu des voies ferrées bordant le quartier, un mur de six mètres de haut sera érigé afin d’atténuer les nuisances sonores. « Mais en termes de bruit constant, nos études de son démontrent que l’autoroute Ville-Marie est plus bruyante », a souligné M. Verrilli.
L’inconnue du nombre de logements sociaux
Comme annoncé en mars dernier, le Quartier Molson comprendra à terme 1000 unités d’habitation hors marché, mais le nombre de logements sociaux n’a pas pu être précisé mercredi.
Les promoteurs ont déjà désigné un îlot, à l’angle des rues Viger et Papineau, qui accueillera des logements hors marché, dont le chantier sera lancé en 2027. Les terrains de cet îlot sont déjà décontaminés et desservis par des infrastructures d’eau et d’électricité. Un immeuble, à l’ouest de l’îlot des Voltigeurs, accueillera le projet de la Société d’habitation et de développement de Montréal, qui prévoit construire 150 logements.
Le nombre de logements sociaux sera appelé à être précisé. « C’est lié au nombre de subventions que Québec va être capable de financer », a indiqué la mairesse Martinez Ferrada. « Avoir 1000 logements hors marché dans un projet de 5000 [logements], c’est le minimum. Pourquoi ne pas regarder avec Montoni comment on pourrait en rajouter d’autres ? […] Il y a différents modèles dans lesquels on pourrait même augmenter le nombre de logements. »
Un terrain a été réservé par les promoteurs pour la construction d’une école. « La décision finale est dans les mains du ministère de l’Éducation », a toutefois précisé la directrice des communications chez Montoni, Frédérick Truchon-Gagnon.