Pourquoi les prix des billets d'avion ne flambent-ils pas (encore) ?
Le choc iranien ne s'est pas traduit par une hausse spectaculaire du prix du billet d'avion. Et il y a une raison simple : les compagnies aériennes, surtout les européennes, ont d'importants contrats de couverture carburant (hedging), ce qui leur permet d'acheter du kérosène à des prix plus bas, ceux d'avant-crise, que ceux du marché actuel.
Par exemple, chez Brussels Airlines, 86 % de la consommation de carburant est couverte pour le reste de l'année. La compagnie belge peut aussi compter sur la force de frappe du groupe Lufthansa, dont elle fait partie, dans l'achat de son kérosène. "Nous sommes mieux protégés contre la volatilité des prix du carburant que bon nombre de nos concurrents", explique la porte-parole Joëlle Neeb, qui rappelle que d'autres facteurs déterminent les prix des billets "comme l'offre et la demande, les caractéristiques économiques de chaque liaison, les tendances de réservation et la concurrence".
Le prix du diesel à la pompe franchira un record historique ce mardi, à 2,5 € par litreRyanair a même… baissé ses prix
Chez Ryanair, qui possède aussi, du moins pour le moment, une bonne couverture sur son carburant, on a même dû… diminuer les tarifs au début de la guerre en Iran. Il fallait inciter les passagers à prendre l'avion dans un climat d'incertitude économique. "Il y a un peu de nervosité chez nos clients", expliquait alors le patron irlandais Michael O'Leary. Depuis, il n'y a pas eu une grande évolution des tarifs.
En fait, plutôt que de réduire ses prix, la compagnie irlandaise a plutôt tendance à réduire son offre, avec pour objectif d'éliminer au maximum les vols non ou pas assez rentables.
Pas de panique à bord donc, pour l'instant. Mais l'histoire pourrait être tout autre si cette crise devait se prolonger encore plusieurs mois : les compagnies ne seraient plus couvertes et devraient ainsi payer leur kérosène au prix plein.
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