Pourquoi le refuge du massif du Mont-Blanc devant lequel le prince Gabriel pose pour ses 23 ans est-il intimement lié à sa famille ?
Le prince Gabriel de Belgique à Bruxelles, le 29 mai 2026
© Content Curation / ABACA
ROYAUTÉS, LE SAVIEZ-VOUS ? Pour célébrer, ce jeudi, le 23e anniversaire du prince Gabriel de Belgique, le Palais a partagé quatre photos le montrant en vacances très sportives dans le massif du Mont-Blanc et notamment devant le refuge Albert Ier. Un nom qui ne doit rien au hasard. Explications.
Sa mère avait confié ne pas dormir lorsqu’il s’initiait au saut au parachute en France à l'académie militaire de St-Cyr Coëtquidan. La reine Mathilde tremble-t-elle aussi quand l’aîné de ses deux fils s’offre des vacances sportives dans les Alpes ? Car, à voir les photos que le Palais a partagées ce jeudi 20 août 2026 pour marquer les 23 ans du prince Gabriel de Belgique, celles-ci n’ont rien d’une petite randonnée dans la montagne.
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Gabriel, alpiniste sur le Mont-Blanc
Sur les quatre clichés postés, le frère des princesses Élisabeth et Éléonore et du prince Emmanuel s’affiche en véritable alpiniste. Casque sur la tête et gants épais aux mains, lunettes miroir sur le nez, cordes autour du buste et baudrier à la taille, sac dans le dos et piolet en main, le jeune homme ne laisse aucun doute sur ce qu’il est venu faire là : tutoyer les glaciers et les sommets du massif du Mont-Blanc. Et il en a profité pour prendre la pose devant un refuge bien particulier perché à 2712 m. Celui baptisé au nom d’Albert Ier, son arrière-arrière-grand-père.
Nul n’ignore la passion pour l’alpinisme du troisième roi des Belges. Passion qui lui a coûté la vie, le 17 février 1934, alors qu’il était allé seul gravir les rochers de Marche-les-Dames, dans la vallée de la Meuse non loin de Namur, après une matinée de travail. Mais si ce refuge français s’appelle ainsi, ce n’est pas simplement pour lui rendre hommage, par hasard.
Le roi des Belges Albert Ier. Photo non datée
ABACA / © World History Archive
Un cadeau du Club Alpin Belge à la France
Présenté comme l’une des portes d'entrée de l'alpinisme dans le massif du Mont-Blanc - Aiguille du Tour, Grande Fourche, Chardonnet, Aiguille d'Argentière, la Verte et les Drus, les Aiguilles Rouges -, le refuge Albert Ier est un cadeau, en 1927, du tout jeune Club Alpin Belge, peut-on lire sur le site de « l'association des Amis du Vieux Chamonix ».
Laquelle indique qu’il fut construit sur des plans de l’alpiniste parisien Paul Chevallier, l’un des fondateurs en 1919 du GHM (Groupe de haute montagne). Quoi de plus normal donc que de demander au souverain de Belgique, grand spécialiste de la discipline qui plus est, de venir l’inaugurer. Ce qui fut fait les 29 et 30 août 1930, en même temps que l’inauguration du refuge de Leschaux.
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Le bâtiment ancien du refuge Albert Ier, de 1930 agrandi en 1959, dans le massif du Mont-Blanc, en juillet 2020
Getty Images / © imageBROKER/Moritz Wolf
« La présence d’Albert 1er roi des Belges rehaussait la cérémonie et le 29 août un grand banquet avait lieu à Chamonix en présence de toutes les autorités belges et françaises et le 30 août, diverses caravanes partaient dès 7 heures pour aller inaugurer le refuge sur place », est-il précisé.
Un agrandissement dans les années 1930 et un second bâtiment à la fin des années 1950
Racontant l’histoire des lieux, les Amis du Vieux Chamonix signale ensuite que, grâce à la générosité du Club Alpin Belge, le refuge Albert Ier fut agrandi et modifié dans les années 1930. « Sur le pignon ouest, on construit un nouveau bâtiment de 7 m 20 par 4 m 20 avec une cave, rez-de-chaussée, étage et comble. Avec au rez-de-chaussée, une entrée, un wc, une chambre pour le gardien, une cuisine de 4 m par 2 m 60 avec fourneau à mazout et ballon d’eau chaude de 200 litres, l’ancien rez-de-chaussée devient une grande salle à manger de 6 m par 4 m., chauffée par un poêle à mazout. A l’étage, l’ancien dortoir est pourvu de sommiers métalliques et d’un poêle, la chambre du gardien est conservée et le nouvel étage forme un grand dortoir de 28 places. Dans les combles, un petit dortoir de 5 places. La partie neuve est recouverte d’aluminium ». Une seconde inauguration a donc lieu en juillet 1935.
Troisième inauguration le 12 juillet 1959, mais cette fois d’un nouveau bâtiment en pierre, bois et béton, situé quelques mètres au-dessus de l’ancien (qui sera pour sa part renové dix ans plus tard). Comprenant plusieurs dortoirs, salle à manger, cuisine, chambre du gardien et pour l’hiver, un dortoir, une salle à manger et une salle des réchauds, il est destiné à accueillir 120 à 130 alpinistes.
Leopold III évoque son père alpiniste lors de l'inauguration de 1959
Si le roi des Belges Léopold III ne fait pas fait le déplacement pour l’occasion, il a cependant tenu à exprimer sa gratitude par ces mots : « En ce jour où vous inaugurez les nouveaux locaux du refuge Albert 1er, je vous exprime ma très vive reconnaissance pour le geste que vous posez en souvenir de mon père. Puisse ce refuge être heureusement utilisé par ceux qui recherchent les cimes comme le fit le roi Albert au cours de sa vie. Léopold. ».
Et ce n’est pas fini, au début du XXIe siècle, ce Nouveau refuge, alors très fréquenté, fait l’objet d’un chantier de rénovation et de réhabilitation, le dotant notamment d’un toit rénové et surélevé ainsi que d'un étage supplémentaire. Après trois ans et demi de travaux et un investissement de 3,4 millions, la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM) l’inaugure le 4 septembre 2015 en présence de nombreux officiels et invités.
Un témoignage de l'amitié franco-belge en matière d'alpinisme
Annonçant l'événement, un communiqué de presse rappelle alors, à propos d’Albert Ier : « Haut protecteur du Club alpin belge, ce dernier, qui considérait que l’alpinisme était la meilleure discipline pour « fortifier l’âme », était un passionné de montagne au palmarès prestigieux. Il a laissé dans le massif du Mont-Blanc un refuge précurseur, témoin de l'amitié solide qui a réuni à travers le temps le Club alpin français (FFCAM) et le CMBEL (Climbing & Mountaineering Belgium) ».
Les deux bâtiments du refuge Albert Ier dans le massif du Mont-Blanc, en juillet 2020
Getty Images / © imageBROKER/Mara Brandl