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    Jul 20, 2026

    Pourquoi la nouvelle escalade avec l’Iran pourrait coûter à Donald Trump les élections de mi-mandat

    International 20/07/2026 18:45 Actualisé le 20/07/2026 19:16

    Le prix du baril de Brent a dépassé les 90 dollars ce lundi. La reprise des hostilités avec l’Iran pourrait coûter cher aux républicains lors des midterms à l’automne.

    La guerre en Iran finira-t-elle par coûter à Donald Trump sa majorité au Congrès ? À quatre mois des élections de mi-mandat, l’offensive du président américain en Iran interroge les rangs conservateurs, qui craignent la déroute en novembre prochain, conséquence de la gestion par Donald Trump du conflit avec Téhéran.

    « C’est très difficile, aujourd’hui, pour les élus républicains qui savent qu’ils vont connaître a priori une défaite à la Chambre des représentants », affirme auprès du HuffPost Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en civilisation américaine et auteur de l’ouvrage Les mots de Trump (2024).

    Depuis la reprise des hostilités le 7 juillet, les États-Unis ont intensifié leurs frappes, ne bombardant plus seulement le sud du pays, mais également le centre et le nord-ouest de l’Iran. Des sites militaires ainsi que des infrastructures civiles ont été visés, tandis que le détroit d’Ormuz, où transite près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, est de nouveau bloqué.

    Aux États-Unis, la conséquence principale du conflit reste « l’impact sur le prix du pétrole et donc sur l’essence », signale Jérôme Viala-Gaudefroy. « C’est l’élément le plus réel pour les Américains », complète-t-il, alors que les cours flambent en ce début de semaine.

    Le prix de l’essence au cœur des midterms

    Pour la première fois depuis juin, le baril de Brent a dépassé les 90 dollars, ce lundi 20 juillet. Dans les stations-service américaines, le prix du gallon d’essence (qui correspond à environ 3,8 litres) atteint les quatre dollars ce lundi, indique CNN, qui le qualifie de « seuil psychologique ».

    Et ce ne sera pas sans conséquence dans les urnes. « Le prix de l’essence est la question principale des midterms. C’est quelque chose qui peut en partie démotiver l’électorat de Donald Trump. Celui-ci ne votera pas forcément pour les démocrates, mais il ne se déplacera pas, analyse Jérôme Viala-Gaudefroy. Le décrochage de Trump sur son deuxième mandat a commencé par la question économique. »

    Le seuil des quatre dollars avait été franchi pour la première fois le 31 mars dernier, un mois après le début du conflit au Moyen-Orient. Avant la guerre, le prix moyen du gallon s’établissait à 2,98 dollars dans le pays. Il était ensuite repassé sous les quatre dollars avec la signature du protocole d’accord le 17 juin.

    En signant ce dernier, Donald Trump avait mis sur scène sa volonté de faire baisser les prix à la pompe pour ses concitoyens. « Le pétrole coulera à nouveau des deux côtés pour la région et le monde entier », s’était félicité le président américain sur sa plateforme Truth Social.

    La durée de la guerre pourrait coûter à Donald Trump

    « La question économique est au centre, mais d’autres éléments viennent s’agréger », signale Jérôme Viala-Gaudefroy. Le décès de trois soldats américains ce week-end, portant à 17 le nombre de militaires américains morts depuis le début de la guerre, pourrait également être reproché à Donald Trump dans les urnes. « Si les pertes humaines se répètent, cela peut avoir un impact sur la motivation de son électorat », appuie le spécialiste.

    La nouvelle escalade entre Washington et Téhéran, qui a mis en suspens le protocole d’accord, fait aussi craindre un conflit dans la durée, en contradiction avec les promesses de Donald Trump envers son électorat. « C’est une guerre qui semble s’éterniser alors que, lors de ses deux campagnes, Donald Trump a condamné les “forever wars” et a affirmé qu’il n’y aurait pas de guerre éternelle pendant ses mandats », souligne Jérôme Viala-Gaudefroy.

    Après cinq mois de guerre, 79 % des Américains estiment que le conflit va durer, selon un sondage Washington Post-Ipsos, repris par L’Express samedi. « Or, il y a un certain nombre d’éléments au niveau militaire qui rendent cela compliqué. Donald Trump demande par exemple 88 milliards de dollars au Congrès, sans être assuré que cela ne soit voté », relève Jérôme Viala-Gaudefroy.

    Une guerre déjà décriée

    Les conséquences de cette escalade militaire s’inscrivent par ailleurs dans un contexte où la guerre déclenchée en février dernier est très impopulaire aux États-Unis. « Y compris chez les républicains », glisse le spécialiste. Le taux de désapprobation de Donald Trump concernant l’Iran atteint les 69 % dans le pays, toujours d’après le sondage Washington Post-Ipsos.

    « Les élus républicains sont très nerveux et mal à l’aise car ils savent que cela va poser un énorme problème. Dans le même temps, ils ne peuvent pas se mettre à dos Donald Trump qui a un pouvoir de nuisance extraordinaire », constate Jérôme Viala-Gaudefroy. Le parti détient une majorité de cinq sièges à la Chambre des représentants, dont le renouvellement complet aura lieu le 3 novembre prochain.

    Le président américain pourrait-il toutefois rétropédaler ? « C’est certain », répond le spécialiste de la vie politique américaine. « Dès que le cours du pétrole augmente, les États-Unis et l’Iran rappellent qu’ils sont en train de négocier. Beaucoup d’observateurs estiment qu’on va continuer d’alterner, pendant un temps assez long, des moments tendus et des moments de détente », développe-t-il. Reste que le compte à rebours, pour les élections de mi-mandat, lui, a déjà été enclenché.

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