Pourquoi des lycéens d’Ile-de-France bloquent-ils leur établissement depuis une semaine ?
Un blocus du lycée Ravel, dans le 20e arrondissement de Paris, le 18 septembre 2025. SAMI BOUDRA/MEI/SIPA
Croissant sous l’effet des réseaux sociaux, le mouvement de blocus de lycées par leurs élèves s’est étendu ce vendredi 25 septembre dans la banlieue de Paris, où la police a procédé à une trentaine d’interpellations en marge des actions lycéennes. Des blocus qui ont commencé en début de semaine en banlieue de Paris, où des élèves entendent dénoncer leurs conditions de scolarité.
• Une trentaine d’interpellations
La préfecture de police de Paris a fait part de 31 interpellations vendredi dans l’agglomération parisienne, selon un bilan à 17 heures. Elle n’a pas précisé dans quel établissement ni si des gardes à vue étaient en cours.
D’après le rectorat de l’académie de Créteil, qui a estimé auprès de l’AFP que « le mouvement est plutôt en train de prendre de l’ampleur », une « grosse dizaine » de lycées ont fait l’objet ce vendredi de nouveaux blocus, en particulier en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne.
• Des revendications variables
Joint sur le blocus par l’AFP, un élève de 17 ans en terminale au lycée Guillaume Budé de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) a invoqué comme raisons à la mobilisation « le surnombre, la surcharge des classes, la chaleur (…) la pression de Parcoursup et beaucoup d’incidents entre élèves et profs, pour lesquels il n’y a jamais de suite ».
En Seine-Saint-Denis, Shaïna, 16 ans, en terminale au lycée Jean-Moulin du Blanc-Mesnil, était présente devant son établissement dès 7 heures : « ça fait trois ans que ça va mal », « il y en a qui passent le bac sans professeur principal », a-t-elle dit à l’AFP sur place. La mobilisation d’autres lycées relayée sur les réseaux sociaux « nous a un peu donné la force de nous lever nous aussi », a-t-elle ajouté, au sujet de l’effet d’entraînement entre établissements.
Depuis le début de la semaine, « ces mobilisations ont pu donner lieu à des attroupements, des mouvements de foule ainsi qu’à des dégradations matérielles », indique le rectorat, selon lequel « les revendications exprimées apparaissent, à ce stade, encore très variables selon les établissements ».
• Boyard et Bagayoko soutiennent les élèves
Des élus ont manifesté leur soutien aux élèves, tel le député insoumis du Val-de-Marne Louis Boyard, qui a écrit vendredi sur X : « Le mouvement lycéen doit s’étendre ». « Ces élèves manquent de tout. De chaises, de profs, de stages, d’infirmières, de psychologues. Alors que dans les lycées de riches, il y a tout ce qu’il faut ! », a-t-il ajouté.
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko (LFI) a dit sur X regretter « évidemment les violences et dégradations survenues », tout en prenant la défense de jeunes mobilisés dans un lycée de sa ville, qui « doivent pouvoir exprimer leurs revendications en toute sécurité ». « Je ne me satisfais pas d’apprendre qu’un agent municipal sur place portait un LBD (lanceur de balles de défense, NDLR) », a déploré l’élu.
La présidente du Conseil régional, Valérie Pécresse (Les Républicains) s’était insurgé de jeudi contre « toute tentative d’instrumentalisation politique des lycéens », avant que le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, écrive sur X jeudi soir : « Les difficultés scolaires doivent être entendues et traitées (…) mais instrumentaliser politiquement la jeunesse et empêcher les élèves d’apprendre ne résout aucune de ces difficultés ».
Par Service Actu (avec AFP)