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    Jul 22, 2026

    Pourquoi Bjarne Riis est-il encore au palmarès du Tour de France ?

    Tour de France

    Malgré ses aveux de dopage, Bjarne Riis est toujours le vainqueur du Tour 1996, illustrant les difficultés profondes du cyclisme face à son passé.

    Alexandre Roos à Thonon-les-Bains publié le 22 juillet 2026 à 07h50

    Le 25 mai 2007, Bjarne Riis a reconnu s'être dopé à l'EPO de 1993 à 1998 et donc lors de sa victoire dans le Tour de France 1996. La date a son importance, car elle explique pourquoi le Danois n'a pas été rayé du palmarès par l'Union cycliste internationale. « Conformément au Code mondial antidopage, dans sa version 2003, applicable à la période de ces aveux, le délai de prescription était de huit ans, nous a fait savoir l'UCI. Les faits de dopage reconnus étant prescrits au moment de cette déclaration, aucune procédure disciplinaire n'a pu être envisagée à son encontre. » Depuis 2015, ce délai de prescription a été étendu à dix ans, ce qui n'aurait donc rien changé au sujet du Tour 1996.

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    Au-delà du cas Riis, cette ligne de palmarès illustre les boitillements du cyclisme par rapport au passé et à ses années noires, sa mémoire ou, au choix, son amnésie sélective. Entre le dopage « artisanal » d'avant 1990, aujourd'hui souvent vu comme folklorique, avec ses anecdotes pittoresques, amusantes, et donc toléré dans le récit, et celui de la période d'après, industriel, moralement réprimé. Entre ceux qui ont avoué et ceux qui ne l'ont jamais fait. Entre ceux qui ont fauté mais à qui on ne pose jamais une question et ceux qu'on ramène toujours à leur passé. Entre ceux qui sont toujours là malgré leurs méfaits et les parias exclus à jamais.

    Il n'y a jamais eu de tentative de rédemption collective

    Le cyclisme, ses instances, ses suiveurs et son public traitent de son passé au cas par cas, sans fil rouge, sans cohérence si ce n'est avec une morale fluctuante et le cas Riis n'en est qu'un exemple parmi d'autres. Il n'y a jamais eu de tentative de rédemption collective, de gestion globale de ces années noires et de ses conséquences, d'examen général de cette culture de la triche.

    Une sorte de commission de vérité et de réconciliation, comme dans les pays qui ont eu à faire face à des guerres civiles, à des exactions, qui aurait permis à tout le monde d'expier ses fautes, d'exsuder ce passé et au sport de repartir sur des bases saines, de se reconstruire. À la place, il ne reste que ce terreau pourri dans lequel le cyclisme s'enlise encore aujourd'hui.

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