Pour sauver le "poumon vert de Burenville", un collectif propose de "parrainer les 80 000 arbres" sur le site de Matexi
Le groupe Matexi souhaite construire, sur une durée de 20 ans, un total de 415 logements sur les hauteurs de Liège, dans le quartier de Burenville. En effet, sur le site d'un ancien charbonnage, où la nature a repris ses droits depuis son abandon en 1974, ce projet immobilier d'ampleur pourrait voir le jour sur la propriété du promoteur.
Cependant, l'opposition est forte et le collectif "Sauvons le poumon vert de Burenville", créé il y a un an, se mobilise contre l'aboutissement d'un tel dossier. Après avoir récolté plus de 13 000 signatures pour un courrier d'opposition envoyé à la Ville dans le cadre de l'enquête publice, le comité attend désormais la décision du Collège, qui attribuera ou non le permis à Matexi. "En attendant, on ne va pas rester à rien faire", déclare Françoise Grisay, une membre du collectif. "Nous lançons une campagne de dons via l'association L'Amorce pour financer notre communication, que nous avons jusqu'ici payée de notre poche, mais aussi en prévision d'un potentiel recours au Conseil d'État", détaille-t-elle. "Mais nous ne nous avouons pas vaincus", insiste la militante.

"Préserver les lieux à tout prix"
En effet, le collectif a décidé, en parallèle de cet appel aux dons, de lancer le parrainage des quelque 80 000 arbres et arbustes présents sur le site. "C'est symbolique, mais ça permettra surtout de montrer aux autorités que les citoyens veulent préserver ces lieux à tout prix", insiste Françoise Grisay. Les parrains et les marraines qui s'engagent recevront un certificat de parrainage à afficher sur leur fenêtre pour rendre la mobilisation "encore plus visible". "Il faut montrer aux échevins notre attachement à cette forêt", déclare-t-elle.
Enfin, un mince espoir traverse les membres du collectif, qui espèrent voir la tentative d'urbanisation de Matexi échouer et, pourquoi pas, racheter le terrain pour en faire "un parc à destination de tous avec une plaine de jeux, notamment". "Si la priorité est actuellement d'empêcher que le site soit détruit au profit du béton, rien ne nous empêche de rêver ", concluent-ils.
Notons toutefois que le promoteur annonce qu'à terme, 70 % de la superficie totale du site (10,3 hectares) sera naturelle et qu'un parc public sera aménagé en lieu et place d'un "bois fermé au public et sujet aux dépôts clandestins".
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