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    Jul 25, 2026

    Pour le patron de l’Euroleague, le projet NBA Europe fait les choses à l’envers

    Chus BuenoLa porte n’est pas fermée, mais les positions restent éloignées. Alors que le projet NBA Europe, porté avec la FIBA, continue de prendre forme en vue d’un lancement en 2027, Chus Bueno reconnaît que les discussions avec l’Euroleague n’ont pas encore permis de dégager un modèle commun.

    Nommé à la tête de l’Euroleague en février après avoir travaillé pendant une douzaine d’années pour la NBA, le dirigeant espagnol apparaissait pourtant comme un possible « pont » entre les deux organisations.

    « Si j’étais arrivé plus tôt, nous n’aurions peut-être pas aujourd’hui deux modèles aussi différents », reconnaît-il sur le StreamTime Sports Podcast. « Soyons honnêtes : leur modèle ne correspond pas au nôtre, ou notre modèle ne correspond pas au leur. Nous devons tous les deux procéder à des changements. L’objectif est de trouver une solution qui permette aux deux parties de gagner. Pour être réaliste, nous n’en sommes pas encore là. »

    Pas question de simplement rejoindre le projet NBA

    Chus Bueno avait déjà expliqué qu’une compétition commune constituait la solution la plus logique. Mais il refuse que l’Euroleague abandonne simplement son modèle pour rejoindre celui imaginé par Adam Silver et la FIBA.

    « Nous devons tous les deux faire preuve de générosité dans notre approche », poursuit-il. « S’ils nous disent : “Venez chez nous, fermez votre compétition et intégrez notre modèle de franchises”, ce n’est pas possible. Nous devons tous les deux être flexibles. »

    À ses yeux, la NBA a d’ailleurs abordé le dossier dans le mauvais ordre. Avant d’organiser des enchères pour ses douze franchises permanentes, elle aurait dû commencer par négocier avec l’Euroleague.

    « La bonne approche aurait été de conclure un accord avec l’Euroleague, puis d’aller chercher davantage d’argent », avance Chus Bueno. « Vous auriez alors de la certitude, les plus grandes marques, les plus grands clubs, les plus importantes bases de supporters et les plus grandes villes. Vous présenteriez aux investisseurs un projet avec un historique et une base déjà considérable, puisque vous partiriez avec ce qui se fait de mieux. »

    « Un risque dans l’exécution et pour la réputation »

    La NBA dispose d’une puissance financière et commerciale considérable, mais l’Euroleague s’appuie sur 26 années d’existence et sur des institutions profondément implantées. Un point aussi soulevé récemment par Mike James, qui redoute qu’une nouvelle compétition ne parvienne pas à détourner les supporters de leurs clubs historiques.

    « Je n’ai pas eu accès à leurs données financières », précise Chus Bueno. « Mais se lancer seuls me semble présenter beaucoup plus de risques et beaucoup plus d’incertitudes. Ils n’ont pas les équipes, ils n’ont pas les villes. Ils indiquent les villes qu’ils veulent, mais ils ne disposent pas toujours des bases de supporters. Je pense que c’est très risqué. Il existe un risque dans l’exécution et un risque pour la réputation. »

    Pour éviter de bâtir une compétition entièrement nouvelle, le dirigeant propose de transformer les treize clubs disposant d’une licence longue durée en franchises, puis d’ajouter cinq ou six équipes dans des marchés actuellement peu ou pas représentés en Euroleague.

    « Nous pourrions partir de nos treize équipes et ajouter cinq ou six marchés dont ils parlent, comme Manchester, Lyon, Berlin ou Rome », détaille-t-il. La NBA pourrait ainsi compléter le championnat existant plutôt que tenter de récupérer séparément certains poids lourds, à l’image du Real Madrid.

    Le projet concurrent de la NBA prévoit de son côté douze franchises permanentes et quatre places accessibles par les résultats sportifs, à travers la Basketball Champions League. La ligue américaine assure vouloir préserver les traditions du basket européen tout en injectant des capitaux dans les clubs, leurs infrastructures et la formation.

    La menace d’une guerre ouverte

    Sans accord, les deux compétitions devront se disputer les clubs, les investisseurs, les diffuseurs, les joueurs et les fans. Une guerre à laquelle Chus Bueno se dit prêt, tout en avertissant qu’elle affaiblirait tout le basket européen.

    « Si nous avons deux ligues, alors oui, nous devrons nous affronter. Très bien, nous le ferons », prévient-il. « Mais cela entraînera une fragmentation du marché. Or la fragmentation ne fait pas que diluer la valeur : elle provoque aussi de la destruction. Et lorsque nous entrerons en concurrence, des choses que vous n’apprécierez pas vont forcément se produire. »

    La balle est donc dans le camp des deux organisations, alors que plusieurs acteurs, dont Tony Parker, militent depuis très longtemps pour un rapprochement.

    « Nous avons la responsabilité d’explorer la meilleure solution pour les propriétaires, les investisseurs, les partenaires et les diffuseurs », conclut Chus Bueno. « Nous devons au moins essayer. Et si, au bout du compte, nous devons nous affronter, alors nous nous affronterons. »

    2026-07-25 10:13:20 +0000 UTC