Le gouvernement va bien toucher à ces avantages des retraités
Le gouvernement Lecornu souhaite « diviser quasiment par deux » le déficit de la Sécurité sociale pour le ramener à 12 ou 13 milliards d’euros.
Par Marie Haynes avec AFP

LUDOVIC MARIN / AFP
Les budgets de l’État et de la Sécurité sociale doivent être présentés en conseil des ministre jeudi 1er octobre. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
Les retraités réquisitionnés. À la veille de la présentation des budgets de l’État et de la Sécurité sociale en conseil des ministres, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a livré au magazine Challenges les pistes privilégiées par le gouvernement pour freiner drastiquement le déficit public. Et deux mesures concernent les pensions de retraite.
Le gouvernement veut « diviser quasiment par deux » le déficit de la Sécurité sociale et le ramener à « 12 ou 13 milliards » en 2027, contre « 22 milliards en 2026 ». Et les dépenses de retraite sont dans son viseur avec un objectif d’économies de 5,5 milliards d’euros, dont 4,1 milliards via une désindexation ou sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 euros. Une copie qui « sera débattue et évoluera », a-t-il assuré. « Les parlementaires discuteront notamment du niveau d’augmentation » retenu.
En revanche, le ministre précise qu’« à ce stade, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit une revalorisation totale » pour les pensions inférieures ou égales à « 85 % du smic, soit 1 260 euros ». La loi prévoit normalement que toutes les pensions de base soient revalorisées chaque année en suivant le niveau d’inflation de l’année précédente.
Une mesure particulièrement impopulaire
« Sans mesure spécifique, le coût des retraites augmenterait d’environ 13 milliards d’euros l’année prochaine. La moitié de cette hausse tient à la démographie » et « l’autre moitié provient de l’indexation totale des pensions », a expliqué Jean-Pierre Farandou. À l’avenir, pour remplacer l’indexation automatique, « on pourrait même imaginer une bascule vers un système de négociation annuelle avec les partenaires sociaux, comme cela est fait pour les salaires », a-t-il avancé.
Une étude de l’IPP (Institut des politiques publiques) publiée lundi montre que la désindexation des pensions tend à être plus coûteuse pour les ménages modestes que les autres pistes envisagées pour faire contribuer les retraités au rééquilibrage des finances publiques. Une désindexation totale « aurait l’effet le plus fort » financièrement mais elle « produit un effet anti-redistributif », explique l’étude.
Par ailleurs, selon un sondage YouGov pour Le HuffPost daté du 6 septembre dernier, 53 % des Français s’opposent à cette idée, avec une hostilité particulièrement marquée chez les plus de 55 ans.
L’abattement resserré sur les plus petites retraites
Le reste des économies prévues sur les retraites serait réalisé via « une diminution du plafond de l’abattement de 10 % sur l’impôt sur le revenu » dont bénéficient les retraités, « qui passerait de 4 439 à 3 000 euros », a précisé Jean-Pierre Farandou.
« Cette mesure, dont les seuils sont à discuter, figure dans le projet de loi de finances et permettrait d’économiser 1,4 milliard. Mais là encore, je suis ouvert au débat. Les discussions parlementaires façonneront le bon équilibre entre les deux mesures ou en proposeront d’autres » pour arriver à l’objectif d’économies fixé, a-t-il ajouté. Le budget de la sécurité sociale doit débuter son chemin parlementaire en commission à l’Assemblée nationale le 12 octobre prochain.