Politique. « Ma mère demande le divorce le jour du débat avec Ségolène Royal » : quand Louis Sarkozy revient sur son enfance à l'Élysée
Tous ceux qui étaient devant leur poste de télévision le 16 mai 2007 pour suivre la passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac se souviennent de cette image. Le jeune Louis, 10 ans, debout aux côtés de sa mère, de ses demi-soeurs et demi-frères, dans la salle des fêtes du palais de l'Élysée, assistant à l'accession de son père à la fonction suprême.
La cérémonie protocolaire terminée, les caméras saisissent quelques gestes tendres d'un père envers son fils, puis un Louis Sarkozy curieux devant le collier de la Légion d'honneur destiné au nouveau président de la République, à deux doigts même de le toucher avant d'être rattrapé par l'un de ses frères. Dix-neuf ans après, ce moment d'histoire a tout même un goût amer pour celui qui s'est présenté aux dernières municipales à Menton (Alpes-Maritimes). Car si les images captées laissent transparaître une famille heureuse et unie, en coulisses, la réalité est bien moins rose. Le couple Sarkozy est en instance de divorce, ce dont la presse n'est pas encore au courant, même si une première séparation avait fait les gros titres quelques années plus tôt.
« C’était tendu à la maison et c’est très vite parti en vrille »
Un moment douloureux dont se souvient bien Louis Sarkozy, comme il l'a confié dans les colonnes de Paris Match. « Ma mère demande le divorce le jour du débat avec Ségolène Royal. C’était tendu à la maison et c’est très vite parti en vrille. »
Une situation qui pèse lourdement sur son quotidien, tiraillé entre son père et sa mère, car il entretient avec chacun une relation très forte. Le choix de partir loin de la capitale apparaît alors comme vital. « J’avais envie de quitter Paris, je m’entendais très bien avec mon père, mais j’étais fusionnel avec ma mère. J’étais instable, j’avais du mal à dormir. Devant l’école, mon officier de sécurité me protégeait de sa veste en cuir pour que j’échappe aux paparazzi. J’ai vu New York comme un océan de liberté. »
L'école militaire ? « Une claque salvatrice »
Malgré l'éloignement, Louis Sarkozy ressent le besoin de se défaire de cette image de "fils de", et de sortir de cet environnement où il est surprotégé. À l'adolescence il fait le choix d'intégrer une école militaire. Une décision qu’il considère aujourd’hui comme un tournant.
« J’ai eu besoin d’aller dans une école militaire à l’adolescence et ce fut une claque salvatrice. Imaginez, si j’étais resté surprotégé, surprivilégié… L’histoire humaine regorge de destins bouleversés par cela. Le fils de président qui n’aura jamais faim ni de soucis financiers. On évolue et on se construit grâce aux contraintes. » Une thématique qui l'inspire puisque Louis Sarkozy a décidé de se pencher sur les destins de "fils de" dans un livre où il évoquera les héritages familiaux « d’Alexandre le Grand à Thomas Hollande ». Tout un programme.