April Lynn Fohou manque le podium au Grand Slam de Lausanne
Publié29. août 2026, 19:53
JudoPodium et belle fête pour les judokas suisses
Aurélien Bonferroni a converti en bronze la magnifique journée de combats à la Vaudoise aréna, pour le premier Grand Slam de l'histoire organisé à Lausanne.


«Non. Je travaille depuis un moment sur la préparation mentale et j'ai essayé d'aborder cette compétition de la même façon que toute autre compétition. Maintenant, si il y a un seul truc qui a pas mal changé l'affaire, c'est que j'ai été encore plus boosté. Quand tu entres dans l'aréna et que tout le monde crie ton nom et t'encourage, ça te donne une énergie incroyable. Et je dis ça, alors que j'ai de la peine à aligner deux mots… Le sentiment a été assez fou.»
Thien Oulevey a beau avoir été sorti au 3e tour de sa catégorie, il a parfaitement résumé ce qu'ont vécu les judokas helvétiques samedi à la Vaudoise aréna. Le Bussignolais de 21 ans ne tenait pas en place à l'heure de l'interview, très heureux de ce qu'il venait de vivre, malgré sa défaite en 8e de finale contre l'Ukrainien Mykhailo Svidrak. Il a suffi de sortir de l'enceinte, sur le coup des 15h, pour sentir à nouveau l'engouement. En croisant notamment le fans club du Vaudois, pas loin de la buvette.

Quelques minutes plus tard, la chouchoute locale Binta Ndiaye a trouvé le meilleur moyen de passer le temps et tromper l'ennui dû à son forfait sur blessure, en enquillant les dédicaces et les selfies avec ses fans. C'est même la jeune Lausannoise qui a elle-même décrété le sens de la file, qui n'a fait que s'allonger, au fur et à mesure que les gens l'ont reconnue. Enfin, ceux qui ont réussi à venir, à cause de l'incendie d'Ecublens… Ceux qui ont choisi le train étaient à l'heure. Ceux qui ont voulu venir en voiture, par contre, doivent certainement encore chercher comment rallier Lausanne.
Douillet: «Une vitrine pour faire rêver»
«C'est une discipline mondiale, le judo, nous a expliqué de son côté David Douillet, le très politique mythe français de la discipline. Quand on fait la comptabilité du nombre de nations en lice dans ce sport, c'est un des sports où il y en a le plus. C'est du niveau de l'athlétisme, de la natation… Des disciplines majeures de l'olympisme! Il reste encore des continents où on est un peu faible, comme l'Amérique du Nord. C'est un sport si éducatif et si riche, bien au-delà du sport. Cette arrivée du Grand Slam en Suisse fait partie d'un tout. Il faut une vitrine pour faire rêver et donner envie. Cette compétition, c'est ça.»
Plus loin, des judokas d'un peu tous les pays ont enchaîné eux aussi des photos avec les nombreux enfants du public. Des clubs de tout le pays se sont mobilisés et ça parlait pas mal suisse-allemand dans les travées de ce qui est encore parfois une patinoire. On a même croisé des Tessinois et aussi, forcément, un nombre appréciable de Français, forcément attirés par les stars tricolores qui ont fait le déplacement. Clarisse Agbegnenou - troisième de sa catégorie et qui a fini en larmes -, qui revient tout juste d'une deuxième maternité, n'a pas été loin des Helvètes à l'applaudimètre.

Mais le clou de ce samedi a sans conteste été les deux finales pour le bronze d'April Lynn Fohou et d'Aurélien Bonferroni. La jeune Vaudoise de 20 ans n'a toutefois pas réussi à monter sur le podium, soumise et durement touchée au bras par la Chinoise Liu Lu. Le Genevois de 24 printemps, lui, a décroché le bronze en beauté. Il s'est joué du Brésilien Gabriel Falcao, après avoir dû passer par les repêchages, pour le plus grand bonheur d'une patinoire qui accueillera plus de 12'000 personnes sur cette fin de semaine. Alléchant, en vue des prochains Mondiaux 2028 au même endroit.

Robin Carrel (rca) est journaliste spécialisé en sport à 20 Minutes depuis 2011. Ses sports de prédilection sont le football et le cyclisme, mais il privilégie surtout le terrain de la découverte.
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