Arabie saoudite : l'aéroport de Ryad à nouveau touché par des frappes

L'aéroport de la capitale saoudienne a de nouveau été ciblé dimanche, nouvel épisode d'une série d'attaques répétées après celle qui a fait douze morts samedi, la plus meurtrière en dix ans dans le royaume.

L'ampleur des attaques visant Ryad ces derniers jours est inédite depuis le début en 2014 de la guerre au Yémen opposant les Houthis aux forces gouvernementales, qui bénéficient du soutien militaire d'une coalition conduite par l'Arabie saoudite depuis 2015.

Le porte-parole de la coalition, le général Turki Al-Malki, a fait état dans l'après-midi d'une "attaque au moyen d'un projectile non identifié contre le terminal passagers numéro 4 de l'aéroport international King Khalid", où un incendie s'est déclaré. Il a par ailleurs annoncé l'interception d'un "missile de croisière dans les environs de l'aéroport".

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Des gens sont accolés au mur d'une rue qui mène à l'aéroport de Ryad, peu de temps après l'attaque qui a fait 12 morts sur le terminal 3. [KEYSTONE / AP Photo]KEYSTONE / AP Photo

Un jour après l’attaque sur l’aéroport de Ryad, les Houthis continuent de menacer l’Arabie saoudite / Forum / 3 min. / aujourd'hui à 18:05

Les Houthis du Yémen ont revendiqué dimanche ces attaques contre l'aéroport de Ryad depuis samedi. Un peu plus tôt dimanche, ils avaient renouvelé leur avertissement aux voyageurs, aux employés et aux compagnies aériennes, les enjoignant à ne pas utiliser l'espace aérien saoudien et les aéroports, "à l'exception" de ceux des villes saintes de La Mecque et Médine.

Ils "sont exposés aux frappes", avait averti Yahya Saree, leur porte-parole militaire, sur X.

Ryad promet une réponse ferme

Les combattants pro-iraniens avaient déjà revendiqué mercredi et jeudi des frappes contre l'aéroport de Ryad, qui ont fait six morts au total.

La coalition militaire menée par le royaume leur a imputé la frappe de samedi, dénonçant "un crime de guerre" auquel elle répondra "avec fermeté". Une source diplomatique l'a également attribuée à un missile houthi.

Cette attaque constitue la plus meurtrière commise dans le royaume depuis août 2015 et un attentat suicide du groupe djihadiste Etat islamique (EI) qui avait fait 15 morts.

Multiples condamnations

Les condamnations internationales de cette frappe sur une infrastructure civile ont afflué, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu condamnant une "horrible attaque terroriste".

"Ce qui s'est passé (...) n'est pas acceptable", a réagi Donald Trump samedi, indiquant qu'il allait examiner une possible participation américaine aux opérations militaires contre les Houthis, et s'entretiendrait avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume. Les Etats-Unis n'avaient jusque-là pas donné suite à plusieurs demandes saoudiennes de soutien.

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L’attaque contre l'aéroport de Ryad, en Arabie Saoudite, a fait 12 morts

L’attaque contre l'aéroport de Ryad, en Arabie Saoudite, a fait 12 morts / 12h45 / 1 min. / aujourd'hui à 12:45

L'ONU, Paris, Londres, Berlin, Doha, Amman, Moscou, Bagdad et Islamabad ont condamné l'attaque de l'aéroport, qualifiée d'"escalade dangereuse" par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Malgré des différends diplomatiques avec Ryad, notamment au Yémen, les Emirats arabes unis ont exprimé leur solidarité envers le royaume et leur "soutien à toutes les mesures visant à préserver" sa sécurité.

Aéroport à l'arrêt

Les autorités saoudiennes ont recensé 12 personnes tuées et 309 blessées à l'aéroport après l'attaque de samedi, mais le bilan pourrait être plus lourd, a indiqué à l'AFP un diplomate occidental basé à Ryad.

"Quatre ressortissants saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais", figurent parmi les morts, selon les autorités.

Après l'attaque de samedi, l'aéroport King Khalid devait rester fermé dimanche, selon deux sources du secteur aérien interrogées par l'AFP.

afp/ther

Frappes sur Sanaa

Sur le terrain yéménite, les hostilités se poursuivent après l'offensive éclair lancée en septembre par les Houthis qui ont pris le contrôle sur la mer Rouge du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, déclenchant une contre-offensive gouvernementale.

Les Houthis ont rapporté dimanche deux frappes saoudiennes sur le gouvernorat de la capitale, Sanaa, tenue par le mouvement.

Des sources militaires du camp gouvernemental ont indiqué samedi à l'AFP que les forces yéménites avaient progressé autour du détroit, sans parvenir à le sécuriser.

Un responsable houthi a assuré que le mouvement tenait toujours l'île de Mayyoun, au coeur du passage maritime qui a gagné en importance depuis que Téhéran restreint la navigation dans celui d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique.