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    Jul 23, 2026

    Pétrole à 100 dollars : tensions au Moyen-Orient aggravent la situation

    Publié23. juillet 2026, 19:00

    Tensions au Moyen-OrientPétrole à 100 dollars: pourquoi c’est plus grave qu’au printemps

    Le contexte est plus inquiétant qu'au mois de mai, dans le cadre des tensions au Moyen-Orient. Des «amortisseurs» existent, mais des conséquences sont à craindre.

    Agence France-Presse

    Les conséquences pour l’économie mondiale risquent d’être d’autant plus sensibles que le conflit dure et que les stocks s’amenuisent.

    Les conséquences pour l’économie mondiale risquent d’être d’autant plus sensibles que le conflit dure et que les stocks s’amenuisent.AFP

    Le baril de pétrole Brent est repassé jeudi au-dessus de 100 dollars (88 euros environ) pour la première fois depuis mai, en raison des tensions grandissantes au Moyen-Orient. Les conséquences pour l’économie mondiale risquent d’être d’autant plus sensibles que le conflit dure et que les stocks s’amenuisent.

    Pas une première

    Ce n’est pas la première fois que le baril de Brent de la mer du Nord franchit les 100 dollars américains en 2026. Il l’avait dépassé pour la première fois le 12 mars, alors une première depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Mais cette nouvelle flambée, poussée par le regain des tensions au Moyen-Orient avec la revendication par les rebelles houthis du Yémen, pro-iraniens, d’attaques en mer Rouge contre des pétroliers saoudiens, suscite de nouvelles inquiétudes et fait déjà grimper les prix à la pompe.

    En temps normal, l’économie mondiale consomme un peu plus de 100 millions de barils équivalent pétrole chaque jour, un rythme qui ne cesse de croître. Or, les perturbations dans le Golfe privent le marché mondial d’une partie de la production. Mi-juillet, l’AIE, chargée de piloter la sécurité énergétique dans le monde, estimait que la production mondiale restait en dessous des niveaux d’avant-guerre à hauteur d’environ 9,4 millions de barils chaque jour.

    Un contexte plus inquiétant

    La mer Rouge est la route alternative utilisée par l’Arabie saoudite pour continuer à exporter son pétrole malgré les turpitudes dans le Golfe. Son port de Yanbu, sur la côte ouest du pays, exporte 75% de ce que le pays expédie en temps normal. «Cette solution de contournement fait désormais face à des vents contraires», avec les menaces houthis, rendant «le passage par la mer Rouge moins viable à court terme», explique dans une note Maya Senussi, économiste pour Oxford Economics.

    Dans l’hypothèse où mer Rouge et détroit d’Ormuz seraient simultanément perturbés, l’institut craint que le pétrole ne dépasse 160 dollars le baril. «Une grande partie des capacités de production inutilisées dans le monde a déjà été mobilisée, tandis que les stocks stratégiques et commerciaux de pétrole sont plus bas qu’au début de la guerre», appuie dans une note Janiv Shah, vice-président du cabinet spécialisé Rystad Energy. Le marché a «moins de marges de manœuvre face à une perturbation prolongée de l’offre».

    Dès mardi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait sonné l’alarme: la dégradation de la situation «accentue les inquiétudes concernant la sécurité d’approvisionnement» en pétrole et «l’incertitude» sur les perspectives du marché, alors que les stocks mondiaux se réduisent.

    Des «amortisseurs» existent

    L’AIE relevait aussi des «facteurs d’amortissement»: routes alternatives à Ormuz, hausse des exportations d’autres producteurs (États-Unis, Brésil, Venezuela, Kazakhstan), ou encore efforts de la Chine pour réduire ses importations (environ 50% de pétrole brut de moins qu’avant-guerre). L’organisation indique aussi que sa trentaine de pays membres disposent de plus d’un milliard de barils de réserves pour amortir les chocs.

    Mi-juillet, le cabinet Kpler estimait que la présence sur les flots de «volumes record de pétrole», à hauteur de 1,35 milliard de barils, limitait aussi les perspectives de hausse du prix du brut. Ce pétrole actuellement en mer, notamment destiné à l’Asie, donne aux raffineurs «un coussin» conséquent. Cela réduit «l’urgence de chercher des cargaisons de remplacement», ce qui ferait grimper les prix, explique Homayoun Falakshahi, de Kpler.

    En marge de la présentation de ses résultats jeudi, le patron du français TotalEnergies Patrick Pouyanné s’est montré rassurant: «Nous n’avons aucun problème de stocks pour approvisionner nos raffineries», qui génèrent des marges très élevées et produisent notamment du carburant.

    Mais des conséquences à craindre

    La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a jugé jeudi «alarmante» l’extension du conflit. «Le choc énergétique pourrait s’intensifier, et ses effets sur les prix et les salaires pourraient être plus forts que prévu», a averti Mme Lagarde, laissant la porte ouverte à une hausse des taux directeurs lors de sa prochaine réunion en septembre.

    La pression inflationniste peut encourager les banques centrales à maintenir des taux directeurs élevés, voire à les augmenter. Les coûts de l’énergie, du carburant, mais aussi du gaz en hiver pèsent sur la consommation comme sur la production, et peuvent causer du tort à la croissance économique.

    Cela touche «encore davantage les entreprises énergivores, notamment en Europe» où elles sont pénalisées par un prix de l’énergie déjà élevé et la concurrence chinoise, observe Guillaume Derrier, économiste senior Europe chez BNP Paribas, à l’AFP. Pour autant, il estime qu’«on reste quand même sur une phase de résilience structurelle qui n’est pas totalement remise en question aujourd’hui».

    (les/ol)

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