Perte d'un subside à un million € et de 146 053 €: du rififi au sein de la majorité profondevilloise
On ne peut pas dire que la réunion du conseil de ce lundi14 septembre 2026 a été un long fleuve tranquille. Deux dossiers ont provoqué un certain malaise au sein de la majorité.
Le premier, c'est encore et toujours l'abandon du projet de création de places d'accueil à destination de victimes de violences intrafamiliales, dans un bâtiment situé rue de I'église, à Lesve. Le chef de groupe d'opposition PEPS, François Piette (par ailleurs membre des Engagés), avait en effet mal pris le fait que la présidente du CPAS l'Écolo Sophie Dardenne avait accusé le ministre Engagé Yves Coppieters d'avoir fait perdre un million à la commune. Lors d'une précédente réunion, il avait au contraire, rejeté la responsabilité sur la présidente Écolo, Sophie Dardenne, qui n'avait, selon lui, pas rentré le dossier dans les temps.
146 053 € perdus, et le reste ?
PEPS attendaient donc, avec une impatience à peine camouflée, de connaître le montant des frais encourus à la suite de cet échec. Il a été révélé et s'élève à 146 053 €, représentant, selon la présidente, l'ensemble des frais, architecte, entrepreneur et avocat.
Il ne fallait pas s'attendre à ce que le groupe d'opposition PEPS, à forte tendance engagée, entérine sans broncher cette somme. François Piette l'a donc contestée, demandant que l'on comptabilise le temps de travail par les services de la Commune et du CPAS, ainsi que le manque à gagner de la non-location du bâtiment pendant huit ans. De plus, poursuit-il, "nous n'aurons pas le million promis". Il maintient que la responsabilité de ce dossier incombe à la présidente du CPAS "qui est la garante politique de ce dossier" et souhaite qu'elle en tire les conséquences.
Sophie Dardenne a expliqué que la directrice générale du CPAS avait répondu qu'il n'était pas possible de quantifier le travail effectué par le personnel. Elle annonce qu'elle souhaite interpeller le ministre pour voir s'il est possible d'obtenir des compensations, à la suite de la perte du subside.
L'échevin des travaux Éric Massaux aurait voulu connaître le contenu de cette lettre. Explication du directeur général faisant fonction. "C'est le CPAS qui est compétent pour le contenu." Le conseil communal n'a pas à intervenir sur ce contenu. Il doit simplement se prononcer sur l'amendement proposé par la présidente.
Sans donc avoir de réponse claire à sa question, l'échevin Massaux joue cependant la solidarité de la majorité, mais lance toutefois au moment du vote. "Je vote à contrecœur, oui." On sent manifestement qu'il manque d'huile dans les rouages de la majorité MIC'S-Écolo. Et ce n'est pas la première fois que cela arrive.
Un Écolo dit oui, l'autre non
Une motion relative au déploiement des éoliennes sur le territoire de Profondeville a été déposée par la conseillère du groupe MIC'S Eugénie Solbreux. Elle réaffirme son opposition à tout projet éolien sur certains sites de la commune et invite les instances régionales à tenir compte de cette réalité et à refuser les projets futurs ou existants de parcs éoliens dans la zone située au sud des villages de Lesve et Arbre.
François Piette (PEPS) rejoint la conseillère communale de la majorité, estimant que "les sociétés d'éoliennes jouent la montre et ne cherchent que le profit". Il espère l'unanimité pour le vote de cette motion.
Bernard Dubuisson, président Écolo du conseil, reconnaît que toutes les conditions ne sont pas remplies, entre autres, la distance entre deux parcs qui doit être de six kilomètres. Il regrette qu'il n'y ait pas de politique cohérente, de la part du gouvernement wallon. Il rappelle l'importance aussi du photovoltaïque.
Alors que tout le monde s'attendait à l'unanimité souhaitée par le groupe PEPS, l'échevin Écolo Adrien Alexandre, s'il comprend tous les arguments énoncés, rappelle les catastrophes naturelles dans le monde et annonce qu'il votera contre la motion.
"On commence à être habitués, lance François Piette. Les Écolos de Profondeville soufflent le chaud et le froid et donnent des réponses qui suivent la politique interne du groupe." Il ne comprend pas que l'échevin ne défende pas le cadre de vie exceptionnel du site
Le ton est monté entre le président de séance (qui demande qu'on respecte les positions de chacun et qui affirme que la position du groupe Écolo est nuancée et responsable) et le conseiller de l'opposition, au point que le premier a demandé une suspension de séance "pour calmer le jeu".
Une chose est claire, on le savait, mais ça s'est confirmé: François Piette et Bernard Dubuisson ne partiront pas en vacances ensemble.
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