Pendant deux ans, son collègue versait du poison dans son eau : après avoir purgé sa condamnation, il demande l’effacement de sa peine
Rong Yuan, ingénieure de 50 ans empoisonnée au cadmium par un collègue à Berkeley (Californie), conteste en 2024 la possible annulation du casier judiciaire de son agresseur. Condamné en 2023 à deux ans de probation après des doses 3,5 millions de fois supérieures aux normes, David Xu demande l’effacement.
Pendant près de deux ans, elle a cru mourir sans comprendre pourquoi. Aujourd’hui, Rong Yuan, ingénieure de 50 ans à Berkeley, en Californie, doit encore se battre pour faire reconnaître les conséquences de l’empoisement qu’elle a subi par osn collègue, David Xu, 41 ans. Sept ans après les faits, il pourrait obtenir l’effacement de sa condamnation, indique The San Francisco Standard.
Une caméra pour découvrir la vérité
Tout commence en 2017. Nausées, chute de cheveux, vomissements répétés : l’état de santé de Rong Yuan se dégrade malgré les consultations médicales. Craignant un cancer de l’estomac, elle multiplie les examens, sans résultat. En janvier 2019, elle soupçonne un empoisonnement.
Elle installe alors une caméra près de son bureau. Les images montrent David Xu verser un liquide dans sa bouteille. Les analyses révèlent ensuite du cadmium, un métal lourd toxique, à des concentrations jusqu’à 3,5 millions de fois supérieures à la limite fédérale américaine pour l’eau potable.
Les échantillons de sang de Rong Yuan et de ses parents sont également positifs. Le collègue suspecté est inculpé pour tentative de meurtre avec préméditation et empoisonnement. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Une condamnation jugée trop clémente
L’affaire s’écoule sur plusieurs années. En septembre 2023, David Xu plaide non coupable à la seule accusation d’empoisonnement. Il est condamné à deux ans de probation après que la juge a doublé la durée initialement prévue, qu’elle jugeait particulièrement clémente.
David Xu ayant terminé sa probation en mars dernier, il demande désormais l’effacement de sa condamnation pour crime, mais le parquet s’oppose à cette démarche.
Car l’empoisonnement continue de peser sur sa vie. Elle affirme souffrir de séquelles qui persistent et elle déclare ne plus pouvoir travailler à temps plein.
Longtemps restée silencieuse, l’ingénieure a décidé de rendre publiques les vidéos qui ont permis de faire éclater l’affaire. "Ce système judiciaire m’a déjà laissée tomber. C’est mon dernier recours", confie-t-elle auprès de nos confrères.