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  • 2026-07-23 05:17:37 +0000 UTC

    Jul 23, 2026

    Le Samusocial de Paris en grève contre les mises à la rue de centaines de personnes

    Ce jeudi, le Samusocial organise la « fête de la grève ». Derrière cette formule festive se cache une vraie colère des associations, lesquelles dénoncent la politique d’austérité du gouvernement. En grève depuis un mois, les agents du Samusocial de Paris appellent à l’aide.

    Depuis le 23 juin, des écoutants sociaux du 115, gestionnaires de planning, juristes, éducateurs, agents de maraude, travailleurs sociaux et médecins du Samusocial sont en grève reconductible. En cause : la décision de l’Etat de « mettre fin à des prises en charge mises en place dans le cadre du plan Grand Froid », nous explique Jordan Bernard, porte-parole de la CGT Samusocial de Paris. En tout, 861 places de logement quotidiennes ont été supprimées, exposant 1.200 personnes au risque de perdre leur logement d’urgence.

    Mettre les familles dehors pour « rééquilibrer le budget »

    « Autour du 10 juin, nous avons été informés que des familles qui étaient hébergées dans des hôtels et qui pensaient être “stabilisées” ne seraient plus prises en charge parce que l’État a décidé de ne plus financer », détaille le syndicaliste. Pire, l’Etat demande au Samusocial de « mettre ces familles dehors ». « Ça a choqué les collègues. Il a été demandé aux écoutants (les personnes en charge de recevoir les appels à l’aide) d’appeler les familles pour leur annoncer qu’elles devaient quitter les hébergements. Ce qu’ils ont refusé, parce que leur travail est de trouver des solutions avec très peu de moyens. Pas d’annoncer aux gens qu’ils doivent retourner à la rue. »

    La raison de ces expulsions ? « Le plan Grand froid entraîne un surcoût pour l’Etat. Pour rééquilibrer le budget, ils ont décidé de réduire le nombre de nuitées hôtelières », poursuit Jordan Bernard. Les grévistes dénoncent par ailleurs la mise en concurrence des patients due au manque de places allouées dans les Lits d’Accueil Médicalisés (LAM) et Lits Halte Soins Santé (LHSS). Un médecin du Samusocial résume à 20 Minutes la situation : « En gros, on dit aux gens “il y a des gens plus importants que toi, donc tu dégages…” ».

    Des conditions de travail difficiles pour les travailleurs du Samusocial

    Cette décision, l’association Utopia56 en voit déjà les effets avec ces mêmes familles venues en nombre à la permanence pour demander de l’aide. Avec les grévistes du Samusocial de Paris, l’association accueille depuis le 15 juillet 200 personnes, dont environ 80 enfants et nourrissons pour la plupart âgés de moins de 5 ans. Symboliquement, ils les ont installés sur le parvis du siège du Samusocial au 15, rue Jean-Baptiste Berlier, dans le 13e arrondissement.

    La décision du gouvernement intervient alors que le Samusocial bloque sur plusieurs revendications des travailleurs. Des demandes liées aux politiques publiques, comme la garantie de la continuité de l’hébergement pour les familles, mais aussi des revendications liées à la condition même des travailleurs : revalorisation salariale et indemnités des 950 salariés du Samusocial, reconnaissance des compétences… « On manque de moyens, explique le médecin du Samusocial. Par exemple, cela fait deux ans que nous n’avons plus d’assistant social dans notre service. C’est lui qui est chargé du renouvellement des droits. Donc sur 31 patients, nous en avons 21 qui ne touchent plus l’AME depuis deux ans… »

    Deux mobilisations ce jeudi

    Face à ces difficultés, les grévistes demandent la signature d’un protocole visant à assurer la mise à l’abri des mineurs non accompagnés, un plan d’hébergement des familles et des personnes isolées à la rue, ainsi qu’un plan de logement pour tous les ménages reconnus DALO (Droit au logement opposable).

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    Pour tenter de faire infléchir les autorités, le Samusocial organise donc deux mobilisations ce jeudi. Une première devant le siège de la Drihl (Direction régionale et interdépartementale de l’Hébergement et du Logement) et de la préfecture d’Île-de-France, dans le 15e arrondissement, à 13 heures. Puis cette grande « fête » sur le parvis du Samusocial à 17 heures. « C’est une soirée de soutien qui permet aux gens de venir, de se rassembler et d’être informés de la situation. Tout le monde peut venir donner un coup de main et il y aura une caisse de grêve pour soutenir les grévistes », précise Jordan Bertrand.

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