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    Aug 09, 2026

    "Parfois on nous appelle pour un coq qui chante trop tôt"

    Avant, on les appelait les "agents de quartier". Aujourd'hui, leur titre exact est "inspecteur de proximité". Saverio Lo Presti (35 ans) exerce cette fonction dans la zone de police locale Germinalt, au sein de l'antenne de Montigny-le-Tilleul. Après neuf ans au service d'intervention de la police des chemins de fer, il a voulu "toucher à la proximité et avoir des horaires plus stables, même si sur ce deuxième aspect, ce n'est pas tout à fait vrai, confie-t-il avant d'ajouter : Nous savons quand commence une journée, jamais quand elle se termine. Lorsque quelque chose est en cours, nous devons aller au bout. Cela fait partie du métier".

    Un métier qui a changé. "Auparavant, l'agent de quartier passait chez les gens pour boire le café et se constituer un réseau d'information. Le métier s'est professionnalisé. Nous ne travaillons plus comme ça".

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    La prévention plutôt que la répression

    À ce titre, il est chargé de certaines rues de la commune où, après quelques années de service, il commence à bien connaître son quartier et ceux qui y vivent. "C'est avant tout un métier de contacts et d'ancrage entre le citoyen et la police. C'est un rôle de médiation en cas de conflit et d'information à l'égard du citoyen. Nous devons rappeler le cadre légal des choses."

    L'inspecteur de proximité doit beaucoup communiquer, il est plus dans la prévention et l'avertissement, que dans la "répression pure et simple. Le dialogue est très important". Saverio qui a un diplôme en communication est donc outillé pour mener à bien sa mission.

    Le travail est varié. En plus des interventions ponctuelles auxquelles sont confrontés les agents de police locale, Saverio est amené à toucher à toutes sortes de choses. Comme "inspecteur de proximité", il a déjà été appelé par une personne qui voulait se plaindre "parce que son enfant n'écoutait pas". "On nous appelle parfois pour tout et n'importe quoi parce que lorsque les gens sont démunis, ils appellent la police. On nous a appelés par exemple pour un coq qui chante trop tôt, ou un distributeur de billets automatique qui ne fonctionne pas. Dans le premier cas, il convient de rappeler à la personne qui se plaint qu'elle vit en milieu semi-rural et, dans l'autre cas, de réorienter cette personne vers le bon interlocuteur", explique-t-il.

    Mais il est aussi confronté à des situations plus difficiles, lorsque cela touche par exemple "à la garde d'enfants dans le cas d'un divorce ou d'une séparation. On est surpris dans certains cas du peu de choses qui sont mises à la disposition des enfants".

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    Vol de portefeuille

    Récemment, il a été particulièrement touché par le cas d'une personne handicapée qui avait eu besoin de la police. "Un individu l'avait aidé à monter dans son véhicule, et il en avait profité pour lui voler son portefeuille. Nous avons pu l'identifier."

    Dialoguer, discuter, tenter d'apaiser, comprendre… Ces actions sont indispensables dans le cadre de son métier. Il est ainsi régulièrement confronté à des personnes qui souffrent du syndrome de Diogène, c'est-à-dire qui ne jettent rien, qui accumulent, leur habitation devenant alors un vrai capharnaüm. "Ces personnes nous témoignent de leur souffrance et de leur isolement."

    Certain(e) s citoyen (ne) s, ajoute-t-il, doivent parfois s'armer de courage pour se confier à leur inspecteur de proximité. "Il y a le cas d'une personne qui avait envoyé des photos d'elle dénudée et qui a subi par après ce que l'on appelle un revenge porn (NdlR : les photos sont diffusées de manière publique). Ce n'est pas simple pour ces gens de l'expliquer. Nous devons rester professionnels tout en faisant preuve d'empathie."

    "Empathie", c'est un mot qui revient souvent dans la conversation avec l'inspecteur Lo Presti. "Lorsque l'on arrive dans une habitation après un vol, c'est un jour classique pour nous, cela n'a rien d'exceptionnel, c'est la routine. Mais pour la personne qui vient de vivre ce vol, c'est un moment dont elle se souviendra toute sa vie. On lui a peut-être volé des bijoux de famille qui lui tenaient à cœur… Si c'est le quotidien pour nous, il est nécessaire d'avoir un maximum d'empathie pour comprendre la situation vécue par la personne."

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    Connaître son quartier

    En tant qu'inspecteur de proximité, Saverio doit aussi désamorcer des conflits potentiels entre voisins ou entre proches. "Je me souviens d'un conflit suite à un décès. La famille du défunt suspectait sa compagne de l'avoir tué. Nous avons dû déterminer ce que faisait cette personne le jour de la mort. Au final, il s'est avéré que la mort était liée à une chute parce que la personne était fort alcoolisée."

    Avec le temps Saverio constate que "les citoyens sont très à cheval sur leurs droits et moins sur leurs devoirs ; Mon métier consiste alors à leur rappeler".

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