"Paradis des francophones" à la Belgische Kust, La Panne attire encore les Wallons : "on est bien accueilli ici"
À quelques centaines de mètres, la frontière française. Et ça s'entend. À La Panne, la langue de Molière est reine sur la digue en cette agréable journée d'été.
"C'est très francophone ici", constate Jonathan, de Ham-sur-Heure-Nalinnes, au sud de Charleroi. Pour lui et Marie, c'est une véritable plus-value : "J'avoue, mon néerlandais n'est pas très bon", confie-t-elle.

Dans les plaidoyers vantant les mérites de La Panne, l'aspect linguistique revient inlassablement. "Dans les magasins ici, ils font l'effort de parler français", soutient à bord de son cuistax Sandra, venue avec sa famille de Couvin et Chimay. "On est bien accueilli ici."

Anversois, Wilfried constate lui aussi la francisation de la station balnéaire de Flandre-Occidentale. "Oui, c'est comme ça… Mais ça ne me pose pas de problème. Souvent les serveurs sont même français", observe-t-il. "On a acheté ici il y a vingt ans car ma femme venait ici quand elle était enfant."
"Ça a été fort bétonné, c'est dommage"
Car pour bien des habitués, La Panne est avant tout une question d'attache sentimentale. "On vient depuis qu'on est petit", raconte Stéphanie, de Dalhem. Sa famille a désormais acquis un appartement. "On est tombé amoureux de La Panne. On se sent chez nous."

Sur la plage, Charlotte joue à la pétanque avec sa fille, son mari et ses petits-enfants. Cette Française de Saint-Omer vient "depuis soixante-dix ans" à La Panne. Son attachement à La Panne, elle l'a transmis à sa fille, qui a également acheté un appartement dans la station. "Mes parents avaient acheté ici en Belgique dans les années 60", raconte Charlotte. "Il n'y avait rien avant. Tous ces grands bâtiments-là n'existaient pas. Ça a été fort bétonné, c'est dommage. Avant, il y avait un cinéma, des boîtes… Il y avait davantage d'animation. Avec le Clapotis notamment."

La Française ne le cache pas : comme bien d'autres vacanciers, elle passe souvent la frontière pour aller manger au restaurant. Notamment à Bray-Dunes, la première station de la côte hexagonale. "Désolé, mais le moules-frites à 35 €, ça ne passe pas… Faut se calmer quand même !"
L'an dernier, La DH a notamment comparé les prix. Résultat : des moules dès 15,50 € à Bray-Dunes, et rarement au-dessus de la vingtaine d'euros. À La Panne en revanche, la casserole tourne plutôt autour des 27 €.
Ces Belges à la côte française, ces Français à la côte belge : voici leurs raisons de passer la frontière pour La Panne ou Bray-DunesZones pour chiens en liberté
Outre la langue, la nature charme bien des habitués. Sur la plage, on tombe sur Émeraude, avec son chien. "Je viens tout le temps ici avec Moka. Il adore venir à la mer." Contrairement à d'autres stations, les chiens sont acceptés toute l'année et à toute heure sur une partie de la plage. "C'est un plus, bien sûr. Là, on vient de faire trois kilomètres. Il va bien dormir", rigole la Tournaisienne. Un argument appuyé par Virginie, de Jalhay. "Quand on a un chien, c'est très appréciable de pouvoir aller sur la plage le promener."

"La Panne est très familial", savoure Marie. "La digue est grande et sécurisée. On peut laisser les enfants se promener tranquillement. À Ostende, je n'oserais jamais."
Côté parking, "La Panne, c'est 'moins pire' que Nieuport", entend-on. "Mais pour se garer, faut avoir du pot… et payer", pointe Virginie. "Quand la voiture est garée, on ne la bouge plus. Le centre est à taille humaine donc on peut tout faire à pied."

Pourquoi là et nulle part ailleurs ?
Cet été, La DH fait le tour des stations balnéaires belges. Avec une question : pourquoi cette station balnéaire et pas une autre ?
Premier épisode : Blankenberge
Deuxième épisode : Le Coq
Troisième épisode : Ostende
Quatrième épisode : Knokke
Cinquième épisode : La Panne
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