Palmarès modeste, chutes à répétition, phlébite... Qui est Enric Mas, le nouvel homme fort de la Vuelta depuis l'abandon de Tadej Pogacar
l'essentiel Nouveau leader d'une Vuelta dépossédée de Tadej Pogacar, son immense favori, Enric Mas rêve désormais d'un sacre sur ses terres à partir de ce dimanche 30 août. S'il résiste jusqu'à l'arrivée finale à Grenade, le 13 septembre, le représentant de la Movistar pourrait s'offrir le plus beau succès d'une carrière longtemps minée par les coups durs. Zoom sur un coureur aussi apprécié que malchanceux.
Sur le podium, il n'a pas cherché à s'éterniser, comme si le fait de lui remettre cette mythique tunique était une erreur. Et pourtant, il s'agit bien de la sienne. Épargné par les nombreuses chutes qui ont jalonné la 8e étape du Tour d'Espagne 2026 entre Puçol et Xeraco, Enric Mas est devenu samedi soir le nouveau leader de la compétition aux dépens de Tadej Pogacar, contraint à l'abandon après un énorme crash. Mais par respect pour le Slovène, l'Espagnol a décidé de ne pas endosser la toison vermeille lors de la cérémonie protocolaire. "Je n'ai pas voulu enfiler le maillot rouge sur le podium. Demain [dimanche], si je le mérite, alors je le porterai", avait-il expliqué auprès d'Eurosport. Cette humilité, justement, c'est peut-être ce qui définit le mieux cet homme pourtant tourmenté ces dernières années.
\ud83d\udd34 Unos valores de auténtico líder.
Enric Mas no quiso ponerse el maillot rojo, que hereda tras el abandono de Tadej Pogacar, por respeto al esloveno.
El ciclista español de Movistar, nuevo líder de #LaVuelta26. pic.twitter.com/6IZl0iJfUl
— Teledeporte (@teledeporte) August 29, 2026
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Une poisse qui le poursuit
Tout commence pourtant très bien pour lui, avec un titre de champion d'Espagne du contre-la-montre juniors en 2012 et une pige de trois ans dans la Fondation Contador. Le passage dans le monde professionnel, en revanche, va s'avérer plus délicat. Considéré comme un bon grimpeur, l'ancien coureur de la Klein Constantia et de la Quick-Step ne lève que trop rarement les bras aux yeux des suiveurs. Seul le Tour du Guangxi, en 2019, tombe dans son escarcelle. Pour le reste, le natif d'Artà, dans les îles Baléares, va surtout manquer de réussite.
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En 2022, il vit une année noire en chutant lourdement pendant le Tirreno-Adriatico, le Tour du Pays basque et le Critérium du Dauphiné. Un enchaînement qui provoque en lui un blocage dans les descentes, jusqu'à ce qu'une dépression ne vienne le cueillir. Il lui faudra l'aide d'un psychologue et d'un spécialiste du VTT de descente pour éliminer pour de bon son traumatisme.
L'an passé, il avait également vu sa saison être écourtée par une thrombose veineuse à la jambe gauche. Cette inflammation, provoquée par un caillot de sang, était apparue lors du Tour de France 2025 à la suite d'un choc anodin. Ce qui lui avait valu, tout de même, une opération pour des varices et une longue absence.
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Une histoire contrastée avec les Grands Tours
Si le nom d'Enric Mas reste peu connu du public français, c'est aussi parce que le principal intéressé n'est pas vraiment une référence sur la Grande Boucle. Surprenant cinquième de l'édition 2020, le Majorquin a ensuite enchaîné avec trois abandons (2022, 2023 et 2025) en sept participations. Cette année, il a fait l'impasse sur l'Hexagone pour découvrir le Giro italien (32e). Et pour se concentrer, surtout, sur sa course fétiche : la Vuelta.
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Sacré meilleur jeune à deux reprises (2018 et 2020) en huit apparitions, le gazier de la Movistar sait se montrer régulier dans son pays. La preuve : il a terminé quatre fois sur le podium final de l'épreuve... mais sans jamais la remporter. Un plafond de verre que le vainqueur de la 20e étape du Tour d'Espagne 2018, aujourd'hui âgé de 31 ans, va tenter de briser.
En tête pour la première fois de sa vie sur un Grand Tour, Mas fait la fierté de son directeur sportif José Joaquín Rojas, qui loue "un grand professionnel" et "un véritable bourreau" de travail. "À force de persévérance, on finit toujours par obtenir ce qu'on mérite", expliquait le manager à TVE. "La presse a été particulièrement dure avec lui car, ces deux dernières années, ses performances ont été en berne à cause de chutes et de son opération. Avant la Vuelta, nous étions optimistes quant à sa performance". Tâche à son poulain, maintenant, de montrer qu'il n'a pas volé son statut naissant.