Ouganda. Des touristes soulevés par des porteurs comme à l’époque coloniale font polémique

En Ouganda, certains touristes sont soulevés par des porteurs pour aller observer les gorilles de montagne de Bwindi. Surnommée « l’hélicoptère africain », cette pratique peut mobiliser jusqu’à 12 porteurs et coûter jusqu'à 430 euros. 

La rédaction -

Aujourd’hui à 14:21 | mis à jour aujourd’hui à 14:23

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Digiteka PlaceHolder

Des images tournées dans le Parc national de la Forêt impénétrable de Bwindi, au sud-ouest du pays, font le tour des réseaux sociaux. On y voit des touristes occidentaux hissés sur des chaises en hauteur, portés par des locaux pour ne pas avoir à marcher jusqu’aux sites d’observation des gorilles des montagnes. Cette forêt abrite près de la moitié des quelque 1 000 gorilles des montagnes recensés dans le monde, une espèce autrefois classée en danger critique d’extinction et aujourd’hui répartie entre l’Ouganda, le Rwanda et la République démocratique du Congo.

Surnommée « l’hélicoptère africain », cette pratique de portage serait officiellement réservée aux visiteurs âgés ou en difficulté physique, selon les agences touristiques. Mais dans les faits, ce sont, comme le montrent les images, des touristes valides qui y ont recours. Le service est facturé entre 300 et 500 dollars, soit entre 260 et 430 euros. Un prix qui comprend l’aller-retour pour effectuer la randonnée et surtout 12 Ougandais, qui se relaient pour porter le visiteur et ses affaires. Un montant conséquent, à la hauteur du privilège rare que représente l’accès à ces primates : l’Ouganda limite en effet le nombre de permis journaliers, rendant chaque rencontre avec les gorilles particulièrement convoitée et coûteuse.

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Depuis leur publication, les images suscitent une vive polémique en ligne et ravivent les souvenirs de l’époque coloniale. De nombreux internautes y voient la reconstitution des tipoyes utilisés au XIXe siècle, ces fauteuils suspendus entre deux brancards supportés par deux couples de porteurs, un à l’avant, un à l’arrière. Ils étaient autrefois employés par les colons européens pour se déplacer sans effort en Afrique. La scène est perçue comme un vestige de domination, où les populations locales étaient au service des Occidentaux, remis au goût du jour sous forme d’attraction touristique.

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