Oracle accélère sa bascule vers l’IA avec un chiffre d’affaires cloud en hausse de 121 % - ZDNET
Pour financer cette expansion sans alourdir excessivement son propre bilan, Oracle s’appuie de plus en plus sur les capitaux et le matériel de ses clients, une stratégie qui lui permet de maintenir le rythme de ses investissements en infrastructure IA tout en limitant la pression sur sa trésorerie.
L’infrastructure dédiée à l’IA porte désormais la croissance d’Oracle. Lors du premier trimestre de l’exercice fiscal 2027, le chiffre d’affaires de l’infrastructure cloud (OCI) a atteint 7,4 milliards de dollars, en hausse de 121 % sur un an. Le chiffre d’affaires total s’est élevé à 19,3 milliards de dollars, en progression de 30 %, tandis que les nouveaux contrats liés à l’IA signés sur le trimestre ont dépassé les 30 milliards de dollars.
La progression du chiffre d’affaires d’OCI est passée de 93 % le trimestre précédent à 121 % ce trimestre. Le carnet de commandes restant à honorer (RPO) a également grimpé de 209 milliards de dollars sur un an, pour atteindre 664 milliards de dollars. Oracle estime qu’environ la moitié de ce montant devrait se convertir en chiffre d’affaires au cours des 36 prochains mois.
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Plus de 300 000 GPU livrés en un trimestre
Oracle développe rapidement ses capacités de calcul pour répondre à la demande d’entraînement et d’inférence en IA. Depuis la fin du quatrième trimestre précédent, l’entreprise a livré à ses clients 850 mégawatts de capacité de calcul dédiée à l’IA ainsi que plus de 300 000 GPU. Ce volume représente près du triple de celui livré au trimestre précédent, et 73 % de l’ensemble des livraisons de l’exercice fiscal précédent. Le taux d’utilisation des GPU s’est établi à 97,9 %.
Les GPU plus anciens conservent également une forte valeur : tous ceux arrivés en fin de contrat au cours du trimestre ont été renouvelés ou revendus à d’autres clients, à des prix supérieurs de 20 % aux contrats précédents, bien qu’une part importante de ces équipements soit utilisée depuis plus de quatre ans.
Des investissements records, financés en partie par les clients
Cette accélération s’accompagne d’une charge d’investissement croissante. Le flux de trésorerie opérationnel du trimestre a atteint un niveau record de 23 milliards de dollars, mais les dépenses d’investissement se sont élevées à 28,5 milliards de dollars, entraînant un flux de trésorerie disponible négatif de 5,4 milliards de dollars. Oracle prévoit désormais des dépenses d’investissement comprises entre 90 et 95 milliards de dollars pour l’ensemble de l’exercice.
Pour limiter la pression sur sa propre trésorerie, Oracle développe des montages où les clients versent des acomptes ou achètent eux-mêmes le matériel, comme les GPU, tandis que l’entreprise se charge de l’exploitation des centres de données et du cloud. Oracle recourt également à des financements fournisseurs, qui permettent d’aligner le paiement des équipements sur le calendrier de facturation des clients.
Clay Magouyrk, coprésident-directeur général d’Oracle, a précisé que ces montages ne signifient pas que l’entreprise a besoin de moins de dépenses d’investissement au total, mais qu’elle n’a pas besoin de mobiliser elle-même les liquidités correspondantes, ce qui lui permet de maintenir le rythme de son expansion en infrastructure IA tout en limitant la pression sur sa propre trésorerie.
Malgré des inquiétudes sur le retard de construction de certains grands centres de données, notamment au Nouveau-Mexique et dans le Wisconsin, encore soumis à des procédures d’autorisation et de raccordement électrique, Oracle affirme que ses prévisions annuelles ne seront pas affectées, l’entreprise développant simultanément son infrastructure dans plusieurs régions sans dépendre du calendrier d’un site en particulier.
Des agents IA exécutés 3,5 millions de fois dans les logiciels d’entreprise
La stratégie IA d’Oracle ne se limite pas à l’infrastructure. L’entreprise intègre également des agents d’intelligence artificielle à ses applications d’entreprise existantes, pour en faire un nouveau moteur de croissance de son activité SaaS.
Selon Oracle, l’IA ne remplacerait pas les logiciels d’entreprise existants mais transformerait leur usage : plutôt que les employés exécutent eux-mêmes les procédures définies par les systèmes, ce seraient les agents d’IA qui appliqueraient les règles métiers, l’humain se concentrant sur la gestion des exceptions et la prise de décision. L’entreprise prévoit également d’utiliser l’IA dans le développement logiciel, afin de réduire des délais de déploiement se comptant auparavant en années à quelques mois, et des projets de plusieurs mois à quelques semaines.
Des partenariats élargis et des prévisions revues à la hausse
Oracle renforce également ses liens avec des acteurs externes de l’IA, dont OpenAI. La marketplace d’OCI propose désormais l’API d’OpenAI, ChatGPT for Work et Codex, et prend en charge GPT-6 Astra. Google Gemini est quant à lui intégré aux applications d’entreprise d’Oracle, tandis que d’autres modèles, comme Grok et DeepSeek, sont également proposés sur OCI.
Portée par cette expansion de son activité IA, Oracle a relevé ses prévisions de chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’exercice fiscal 2027 à un minimum de 90 milliards de dollars. Pour le deuxième trimestre, l’entreprise anticipe une croissance du chiffre d’affaires total de 30 à 34 % sur un an, et une progression du chiffre d’affaires cloud de 65 à 71 %.