« On poursuit l’aventure » : les opposants à la ligne nouvelle ferroviaire régionale saisissent le Conseil d’État
Le collectif varois Stop LGV Sud Sainte-Baume a décidé ce mercredi soir de saisir le Conseil d’État, après avoir été débouté de sa demande par la cour administrative d’appel de Marseille, début octobre.
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O.B
Olivier Bouisson
Créé le 15 octobre 2026 • 13:45
Mis à jour le 15 octobre 2026 • 13:45
Camille Dodet / Var-matin
Le 1er octobre dernier, le collectif Stop LGV Sud Sainte-Baume et cinq autres requérants (Vins de Bandol, Bio consom’acteurs Mer Estérel à Puget-sur-Argens, Trait d’union - Résol 21 à Aubagne, Confédération paysanne du Var, Régions et peuples solidaires) ont pris « un coup de massue ».
La cour administrative d’appel de Marseille les a déboutés de leur action judiciaire envers les phases 1 et 2 du projet de nouvelle navette ferroviaire régionale Provence – Côte d’Azur (LNPCA). « Les réquisitions ont été lourdes, comme la somme de 3000 euros demandée à chaque association », explique le président de « Stop LGV », Didier Cade.
Réunis mercredi soir pour envisager la suite, les adhérents du collectif varois ont décidé « à l’unanimité » de saisir le Conseil d’État, l’ultime recours après deux échecs en première instance (juillet 2025) et en appel (octobre 2026). « On poursuit l’aventure, se félicite Didier Cade qui attend désormais la décision des autres requérants. Avec un argument de poids : « On a les fonds, on paiera pour tout le monde ». Ils ont deux mois pour constituer la saisie.
Un précédent sur la ligne Poitiers - Limoges
Dans cet épais dossier, les opposants souhaitent se focaliser sur le ratio coût – avantages. « Nos conseils spécialisés en droit ont estimé qu’on avait largement intérêt à contester l’arrêt de la cour administrative d’appel qui est resté floue sur la partie financière. Le coût n’a jamais été réévalué avec l’inflation et la hausse du prix des matériaux, notamment de l’acier et du béton. La société de financement du projet avance la somme de 5 milliards d’euros sans pour autant la communiquer. »
Un précédent existe : en avril 2016, le Conseil d’État a annulé la déclaration d’utilité publique du projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Poitiers et Limoges (1,5 milliard). Questionnée par treize requérants dont de nombreux élus, l’institution avait estimé que les atteintes à l’environnement, le coût financier élevé et les perspectives de trafic limitées ne justifiaient pas la réalisation de la ligne. Elle a alors fait l’objet d’une simple modernisation.
« Ce projet a été recalé pour le même ratio « avantages - coût », souligne Didier Cade qui note que la France aura au printemps prochain un nouveau chef d’État qui « voudra peut-être faire des économies ».
L’audience au Conseil d’État ne devrait pas se tenir avant un an.
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