« On ne faisait plus que rentrer, se laver, dormir, manger et repartir » : un mois après l’incendie, les pompiers racontent leurs semaines hors norme dans les Hautes Fagnes

« On ne faisait plus que rentrer, se laver, dormir, manger et repartir » : un mois après l’incendie, les pompiers racontent leurs semaines hors norme dans les Hautes Fagnes

Eva Risko
Par Eva Risko

Publié le 14 septembre à 20h04

Ajoutez-nous à vos favoris Google Cela fait tout juste un mois que les premiers incendies se sont déclarés dans les Hautes Fagnes. Pendant plusieurs semaines, des centaines de pompiers se sont relayés pour lutter contre les flammes. Une intervention hors norme, faite de nuits sur le terrain, de moments de danger et d’un quotidien entièrement chamboulé. Au micro de Florent Vanden Bergh, plusieurs d’entre eux racontent les souvenirs qui les ont le plus marqués.

Le major Renaud Lamy figure parmi les premiers intervenants mobilisés sur le plateau des Hautes Fagnes. Le 14 août 2026, à 13h10, il y a tout juste un mois, il reçoit le premier appel. Il se trouve alors du côté d’Aubel. En prenant la direction des Fagnes, il comprend rapidement que l’intervention ne sera pas ordinaire.

« Dès que je suis monté sur l’autoroute, ici sur le plateau, on voyait déjà la colonne de fumée. C’est pour ça que, de suite, on a enclenché les moyens et la demande de renfort immédiat », se souvient le major de la zone de secours Vesdre-Hoëgne & Plateau.

À cet instant, impossible encore d’imaginer que la lutte contre les flammes va mobiliser les secours pendant plusieurs semaines.

« On sait qu’on va passer toute la nuit sur le terrain »

Durant les premières heures, le feu progresse rapidement. La nuit tombe, mais les opérations se poursuivent. Régis Marquet se souvient particulièrement de cette atmosphère. « Au moment où le soleil se couche, on remarque vraiment cette ambiance, cette atmosphère avec la lueur orange qui nous éclaire, qui est assez impressionnante », raconte le pompier. C’est aussi à ce moment qu’il comprend que l’intervention va durer. « On se rend compte que ça va prendre un certain temps et que la nuit, on va y passer, ça c’est sûr. »

À la caserne, chacun garde en mémoire sa première confrontation avec les flammes. Philippe Laloyaux, pompier volontaire, se trouvait sur le front Est avec une vingtaine de collègues. « Dans un premier temps, on entend un peu des craquements, on ne le voit pas encore, on voit un peu de fumée. Et puis le vent arrive. » Quelques instants plus tard, la situation change brutalement. « Les sapins s’embrasent, les buissons prennent feu, on est au contact de l’incendie. » Face à la violence du feu, les pompiers sont contraints de reculer.

Trois semaines à dormir, manger et repartir

Les premières 24 heures sont particulièrement intenses. Chaque minute compte et les rares moments de répit permettent notamment aux pompiers de donner des nouvelles à leurs proches. « On a toujours un petit moment pour donner un petit coup de téléphone, donner des nouvelles, rassurer sa famille », explique Renaud Lamy. Un soutien qu’il juge indispensable : « Sans la famille, on ne pourrait pas non plus faire ce qu’on fait. »

Après l’urgence des premières heures commence alors un véritable marathon. Pour certains pompiers, le reste de leur quotidien disparaît presque complètement. « Toute la vie est chamboulée. À ce moment-là, on ne fait plus que rentrer, se laver, dormir, manger et repartir », raconte Philippe Laloyaux. « Et ça a duré presque trois semaines comme ça. »

Des moments de tension extrême

À la fatigue s’ajoute le danger. Sur un terrain rendu difficile par les chutes d’arbres et l’instabilité du sol, les conditions météorologiques peuvent faire évoluer la situation en quelques instants.

Régis Marquet se souvient notamment d’une intervention au cours de laquelle le vent a brusquement tourné. « Il y a des collègues qui ont été un peu coincés parce qu’il y avait un véhicule qui s’était embourbé », raconte Régis Marquet. « Le feu nous est passé devant et derrière et on a dû évacuer d’urgence en abandonnant nos tuyaux », poursuit Philippe Laloyaux.

Un de ces moments où, même avec l’expérience, le danger reprend brutalement le dessus. « Là, on se dit quand même : qu’est-ce que je suis venu foutre ici ? ».

Une mobilisation venue de toute la Belgique

Un mois après le début des incendies, les images restent donc bien présentes dans les esprits. Mais les pompiers ne retiennent pas uniquement les flammes et les moments difficiles.

Beaucoup disent également avoir été marqués par les messages de soutien reçus de la population et par l’entraide entre zones de secours.

Sur le plateau des Hautes Fagnes, des pompiers venus des quatre coins de la Belgique se sont retrouvés à travailler côte à côte. Pour certains, c’était la première fois qu’ils voyaient autant de collègues d’autres zones réunis sur une même intervention.

Une mobilisation exceptionnelle à la hauteur d’un incendie qui, pendant plusieurs semaines, aura bouleversé leur quotidien et marqué leur carrière.

incendie fagnes Liège (prov. de Liège) Aubel (prov. de Liège)

Contenus sponsorisés

À la une

Une policière donne une gifle à une femme menottée

Vidéo d’une policière giflant une femme : son compagnon a tenté de la calmer, voici ce qu’il s’est passé

« On ne faisait plus que rentrer, se laver, dormir, manger et repartir » : un mois après l’incendie, les pompiers racontent leurs semaines hors norme dans les Hautes Fagnes

Grève à l’aéroport de Charleroi : les contrôleurs cesseront de travailler durant 24 nuits à partir de mercredi

Les premières discussions sur le budget wallon 2027 ont commencé, mais Adrien Dolimont garde le silence

« Nous sommes de plus en plus inquiets » : un Belge porté disparu dans les Highlands écossais, la police lance un appel

Les plus lus

policier.jpg

Une policière gifle une femme menottée avant de la pousser dans un fourgon : voici les premiers éléments sur cet incident

Image prise lors d’une action de protestation de Muslim Rights Watch Belgium pendant l’audience de l’enseignante Hadija Amajoud sur sa décision de porter un foulard en classe, le jeudi 3 septembre 2026 à Gand.

Une enseignante limogée suite à un nouveau règlement appliqué dans sa province : « Tout ce que j’ai construit a soudainement disparu »

AdobeStock_607854072.jpeg

Alertez-nous « Il me restait encore 140 km » : Ludovic conteste la quantité de carburant affichée à la pompe après son plein, que faire en cas de doute ?

magnette_1.jpg

Face à Buxant Est-ce que le PS supprimerait la réforme du chômage ? Paul Magnette s’explique

Rue de la poésie

Deux personnes retrouvées mortes à Anderlecht : une femme aurait poignardé une amie avant de se défenestrer

Jordan Kinard

Tragédie près de Libin : Jordan perd la vie en se rendant à son mariage

Aussi en Liège

PHOTONEWS_11224488-165.jpg

Incendie dans les Fagnes : le feu est désormais « maitrisé », mais « pas encore éteint »

L’incendie des Fagnes, en cours depuis le 14 août, est désormais maîtrisé mais reste sous surveillance, ont indiqué lundi les services du gouverneur de la province de Liège. Des reprises restent possibles en raison de la nature du terrain.

Sourbrodt02.jpg

« Toute la Belgique savait que le village était évacué » : au-delà de l’incendie des Hautes Fagnes, cette habitante de Sourbrodt craignait pour « les cambriolages »

fagnes.jpg

La vigilance reste maximale dans les Hautes Fagnes : voici comment s’organise la traque d’une reprise d’incendie

Un engin de 40 tonnes inonde les sols.

Hautes-Fagnes : une cinquantaine d’intervenants toujours mobilisés après l’incendie ce samedi, voici le dispositif en place

Des ossements de Farid Bouzid ont été découverts à l’arrière de cette maison, sous une dalle de béton.

Éloïse, une habitante de Visé, aurait tué son compagnon puis dissimulé son corps sous une dalle de béton

Belgaimage-185764810.jpg

Incendie dans les Hautes Fagnes : la situation s’améliore, la N68 rouverte mais les opérations continuent

Voir plus d’articles

Une policière donne une gifle à une femme menottée

Vidéo d’une policière giflant une femme : son compagnon a tenté de la calmer, voici ce qu’il s’est passé

À Nivelles, une vidéo montrant une policière giflant une femme déjà maîtrisée lors d’une interpellation suscite une enquête interne et une procédure judiciaire. Reportage de Benjamin Samyn et Gaëtan Zanchetta.

Pendant plusieurs semaines, les pompiers se sont relayés sur le terrain pour lutter contre les incendies dans les Hautes Fagnes.

« On ne faisait plus que rentrer, se laver, dormir, manger et repartir » : un mois après l’incendie, les pompiers racontent leurs semaines hors norme dans les Hautes Fagnes

Image d’illustration

Grève à l’aéroport de Charleroi : les contrôleurs cesseront de travailler durant 24 nuits à partir de mercredi

Belgaimage-177928606.jpg

Les premières discussions sur le budget wallon 2027 ont commencé, mais Adrien Dolimont garde le silence

AFP_C88E6WF

L’IA capable de détruire l’humanité ? Donald Trump dénonce un « canular »

Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin et Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN

Attaque contre un train en Ukraine : Poutine est « désespéré » selon l’OTAN, le Kremlin estime que cela fait partie de ses « missions »

Adija Amajoud et Kurt Moens

Enseignante virée pour avoir gardé son voile en classe : les autorités justifient leur choix polémique

Image d’illustration

Face aux hausses des prix, nos stations essences sont envahies par… les Français : « Rien ne vaut l’essence belge »

Angèle

« Elle avait un regard vide, triste » : Angèle témoigne après le décès de deux femmes à Anderlecht, elle a vu l’une d’elles se jeter dans le vide

Image d’illustration d’un avion d’Americain Airlines

« Indécent » : une femme se déshabille en plein vol, l’équipage a contacté la police pour qu’elle soit interpellée

Geraldine.jpg

Après avoir payé 17.000 euros pour refaire sa toiture, Géraldine voit toujours l’eau s’infiltrer dans sa maison : « La situation est même pire qu’avant »

Belgaimage-185227587.jpg

Pourquoi Bart De Wever ne se rendra pas à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU