« On doit se défendre… et rétablir la vérité » : le mythique Coco Beach à Nice renaît de ses cendres, mais fait face à une féroce bataille judiciaire
C’est un retour attendu. En contrebas de l’avenue Jean-Lorrain, une dalle de béton relance le chantier du légendaire Coco Beach, ravagé par un incendie le 7 juillet 2017. Le propriétaire, Pierre Quirino, estime les travaux à 8 ou 10 mois, visant une ouverture à l’été 2027. Mais derrière cette annonce, le conflit juridique reste brûlant.
La polémique a éclaté après les déclarations de Pierre Quirino, propriétaire de l’établissement, qui accuse l’ancien exploitant d’être responsable du drame. Pierre Quirino, propriétaire des murs. « Ce sera une reconstruction à l’identique… Un incendie provoqué par des malfaçons électriques et des travaux non conformes menés par le gérant de l’époque, la société Cap Riviera », affirme-t-il. Selon lui, « les experts seraient d’accord et des terrasses auraient été construites sans autorisation ».
Ces accusations ont suscité la colère de Ludovic Attal, cogérant de la société Cap Riviera. L’acquéreur du fonds de commerce pour 500 000 euros fin 2016 conteste fermement cette version. « On n’a pas trop compris, parce qu’on avait d’excellents rapports avec Pierre Quirino. Il s’est énormément impliqué dans les travaux. Il était presque tous les jours sur les lieux », déclare-t-il. L’ancien exploitant ajoute : « Aujourd’hui, se faire traîner dans la boue, je ne trouve pas ça correct. On doit se défendre… et rétablir la vérité. »
Sur le plan judiciaire, le tribunal judiciaire de Nice a rendu un jugement le 26 février 2026. Contrairement aux accusations du propriétaire, les juges l’ont déclaré responsable de l’incendie. Selon l’expert judiciaire, « le feu s’est déclaré au-dessus du grill, avec deux causes possibles : un court-circuit ou un écart au feu insuffisant du conduit d’extraction ». Le jugement souligne qu’il s’agit d’un « vice de construction ». Le bail prévoyant « une clause d’accession immédiate des travaux au bailleur », la famille Quirino était légalement propriétaire des installations à l’origine du sinistre et responsable des conséquences du feu.
Le dossier judiciaire est renvoyé devant la cour d’appel
Maître Jean-Philippe Fourmeaux, avocat de la société Cap Riviera, s’insurge : « C’est pour ça qu’on a réagi à la suite de la publication d’un article de Nice-Matin où Pierre Quirino dit que “c’est le locataire qui est responsable” ». C’est juste le contraire qui a été jugé quelques mois auparavant par le tribunal de Nice. L’avocat rappelle que le tribunal a débouté les propriétaires de toutes leurs demandes de réparation contre Cap Riviera, et validé la résiliation du bail en juillet 2017.
L’aspect financier reste colossal. Si la famille Quirino a perçu plus de 900 000 euros d’indemnités de son assureur AXA, et près de 100 000 euros d’acomptes de loyers, elle réclamait plus de 1,5 million d’euros de dommages complémentaires. Le tribunal l’a déboutée. En parallèle, Allianz, assureur de Cap Riviera, a été condamné à verser 1,3 million d’euros à l’ancien exploitant au titre de sa police multirisques professionnelle.
Le feuilleton n’est pas terminé. Le dossier judiciaire est renvoyé devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, alors même que le Coco Beach entame sa reconstruction.