NVIDIA vient de miser 5 milliards sur cette start-up IA qui n'a encore rien sorti. Pourquoi ?
Publié le 28 juillet 2026 à 12h37
NVIDIA vient d’investir près de 5 milliards de dollars dans une start-up qui n’a encore rien publié ni commercialisé. Son nom : Safe Superintelligence (SSI), fondée par Ilya Sutskever, ancien pilier d’OpenAI qui promet de créer une intelligence artificielle (IA) vraiment sûre.

Il y a peu, un modèle d’OpenAI réussissait à s’échapper de son environnement de test pour s’introduire dans les systèmes de Hugging Face, ravivant les doutes sur la capacité des géants du secteur à garder le contrôle de leurs créations. Ilya Sutskever, lui, affirme vouloir prendre le problème à l’envers. Et il est si réputé que NVIDIA lui fait confiance.
Sutskever a notamment co-écrit AlexNet, la technologie qui a prouvé, dès 2012, que l’IA pouvait apprendre à grande échelle grâce aux puces graphiques. Il a ensuite occupé le poste de chef scientifique chez OpenAI avant de quitter le navire en 2024 après la tentative ratée d’évincer Sam Altman.
Il a fondé Safe Superintelligence la même année dans l’idée, comme son nom l’indique, de construire une superintelligence artificielle sûre, sans se laisser distraire par la pression de sortir des produits ou de générer du chiffre d’affaires rapidement.
La start-up cultive le silence. Elle n’a commercialisé aucune technologie, n’a pas publié de recherche et ne communique quasiment pas. Mais cela ne l’empêche pas d’être valorisée à 32 milliards de dollars, avec des investisseurs de poids à son capital : Andreessen Horowitz, Sequoia Capital, ou encore Alphabet et… NVIDIA. De quoi intriguer dans un secteur habitué à la surenchère de communication et d’annonces.

Un nouvel accord typique dans l’écosystème de l’IA
L’investissement majeur de NVIDIA va lui offrir un accès privilégié à Vera Rubin, la plateforme de puces du géant américain, de quoi multiplier par 10 sa puissance de calcul en un an à peine. À noter que ce type d’accord est devenu légion dans l’IA. Et le principe est toujours le même : le fabricant de puces finance des start-up qui, en retour, achètent massivement son matériel pour s’entraîner et tourner.
Un système gagnant sur le papier, mais de plus en plus scruté tant les allers-retours financiers entre fournisseurs et clients de l’IA finissent par se ressembler. Mais NVIDIA ne place pas ses milliards à l’aveugle malgré tout. Un tel financement est évidemment conditionné par l’atteinte de certains objectifs de recherche et visiblement, le géant des puces croit fortement dans SSI. Reste à voir quand nous pourrons avoir un aperçu de son travail.
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