Nouvelles compétitions, protection, éducation : la pêche sportive monégasque sur tous les fronts
Compétition, protection, éducation : la Fédération monégasque de pêches sportives résume son action en trois mots. Un triptyque qui prend un relief particulier à quelques semaines des Mondiaux de Big Game, ou pêche au gros, qui consiste à traquer depuis un bateau les grands poissons pélagiques de Méditerranée, thon rouge en tête. En parallèle, la structure présidée par David Gamba multiplie les chantiers, sur l’eau comme sur terre.
La sélection monégasque de Big Game s’apprête à retrouver la compétition internationale. Cinquième du 33e championnat du monde l’an dernier en France, elle s’aligne du 7 au 13 septembre à Ancône, en Italie, pour les 34es Mondiaux, face notamment aux délégations italienne, croate et slovène. « Ambition podium, ça serait vraiment quelque chose d’exceptionnel », résume David Gamba.
En parallèle du volet international, la fédération a lancé cette saison le Monaco Pelagic Tournament, premier du genre. Du 15 juin au 30 septembre, chaque équipage pêche librement dans le Sanctuaire Pelagos, à son rythme, sans départ groupé ni contrainte horaire, avant une soirée de clôture le 3 octobre en Principauté. Une dizaine d’équipages français, italiens et monégasques étaient déjà inscrits à la mi-août, pour un objectif d’une trentaine d’équipes sur cette première édition. Les inscriptions sont encore ouvertes pour quelques jours même au-delà du 15 août, date initialement prévue.
Un second format est en préparation pour le mois de novembre : le Monaco Shore Tournament, une compétition dédiée cette fois aux pêcheurs du rivage, avec des rotations de spots sur la digue Rainier III. Les discussions avec le gouvernement pour l’organisation de cette manifestation nautique sont déjà engagées mais aucune décision n’a encore été apportée.
Sur le terrain scientifique, la fédération prépare sa prochaine campagne de marquage satellite du thon rouge, en partenariat avec l’Université de Gênes et le club de Santo Stefano al Mare, prévue le 11 octobre. Une pratique héritée du Monaco Tagging Tournament, qui a permis de poser plus de 1 200 marques conventionnelles entre 2018 et 2025. L’objectif est d’obtenir ainsi des données scientifiques sur les déplacements et le comportement du thon rouge en Méditerranée.
Éducation et structuration : une communauté qui s’organise
La FMPS a par ailleurs participé à la restitution du groupe de travail sur les pêcheries de la zone Pelagos, qui a permis un premier état des lieux des pratiques professionnelles et récréatives dans le sanctuaire, et de leurs interactions avec les cétacés. Un travail de veille est également mené sur les espèces non indigènes qui progressent en Méditerranée, comme le poisson-globe ou le crabe bleu, sans qu’aucune n’ait pour l’instant été observée dans les eaux monégasques.
De plus, la fédération multiplie les actions de fond : formation des pêcheurs à l’identification des requins capturés accidentellement, dans le cadre d’un partenariat européen dédié à leur protection, relance de la veille sur les tortues marines aux côtés du Musée Océanographique et travail avec la Direction de l’Aménagement Urbain pour équiper les spots de pêche de poubelles supplémentaires.
Sur le terrain réglementaire, la fédération savoure un succès obtenu conjointement avec le gouvernement princier il y a un an : la déclaration obligatoire pour les pêcheurs de loisir, aujourd’hui dématérialisée via monguichet.mc, a rencontré son public avec 614 déclarations enregistrées en 2025, valables trois ans chacune. Ce fichier permet aux autorités de contacter directement les pêcheurs et de les informer en amont de toute évolution réglementaire.
Côté structure, la fédération oscille entre 50 et 70 membres licenciés, dont 70 % ne résident pas à Monaco. Elle poursuit en parallèle des démarches auprès de l’administration des Domaines pour se doter d’un local en Principauté.