Nouvelle fusillade mortelle à Toulouse : un jeune homme de 23 ans abattu de plusieurs balles devant une école maternelle

l'essentiel Un jeune homme âgé de 23 ans est mort, cette nuit, quartier de la Faourette à Toulouse, après avoir été abattu par un tireur surgi d'une voiture noire. Les faits se sont produits vers 3 heures du matin, devant une école maternelle. Les enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée ont ratissé les lieux à la recherche d'indices. Le tireur est en fuite.

"Vers 3 heures du matin, j'ai été réveillée par des bruits : boum, boum, boum, boum, boum. Comme quelqu'un qui tapait à coups de pied dans une voiture. J'habite juste en face de l'école. Une femme s'est alors mise à crier, longtemps". Ce dimanche 6 septembre, vers 9 heures, La Faourette a retrouvé son calme. Janine* vit ici depuis près de vingt ans. Ce matin, elle découvre avec effarement la scène de crime.

Impacts de balles sur la façade

Selon nos informations, un jeune homme de 23 ans a été abattu devant la maternelle Sylvain-Dauriac. Il aurait reçu au moins une balle dans la tête. "Je le connaissais", soupire un jeune homme qui ne s'appesantit pas sur leurs liens présumés. Un camarade d'école.

De la sciure au sol. De la rubalise pour proscrire l'accès à la scène. Plusieurs impacts de balles demeurent visibles sur la façade de l'école. Celle du compteur à gaz est également touchée. Manifestement, du gros calibre.

Une véritable exécution 

En cette matinée ensoleillée, les rues du quartier sont quasi désertes. Profitant du calme relatif, une escouade de pies colonise le terrain de foot au bout de la rue. Éphémère 4-4-2 aviaire aux faux airs de Juventus Turin. "Cette nuit, des gens sont sortis d'un petit peu partout, la police est arrivée, les camions de pompiers".

Il n'y avait malheureusement déjà plus rien à faire pour la victime, déclarée morte sur place, rue Paul-Lambert. Une fusillade, une exécution, un mort. Difficile de ne pas songer à la guerre de territoire qui fait rage pour un point de deal dans le quartier voisin de Bagatelle.

La victime connue pour des stups

La victime a-t-elle payé une proximité, réelle ou supposée, avec un clan ? Mystère à cette heure. "Il était très connu de la police et de la justice. Principalement pour des affaires de stups, mais pas uniquement. Il était récemment sorti de prison. Il est mort comme il a vécu", relève une source proche de l'enquête.

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Janine évalue l'état du trafic de drogue dans le quartier. "Nous avons eu du trafic devant l'école, mais ça remonte avant le Covid. Il y en avait aussi à l'aire de jeux d'enfants. On a râlé, ils sont partis. On reste vigilants, on n'en veut pas. Ce quartier a connu des choses, mais ce n'est plus le cas...".

"Déjà que je ne dors pas beaucoup"

Geneviève*, une voisine, rejoint la conversation. "Je me suis réveillée en sursaut à 3 heures. Comme j'avais les fenêtres grandes ouvertes, j'ai fermé. À 5 heures du matin, on sonne à ma porte : police judiciaire. Déjà que je ne dors pas beaucoup... Ils ont fait le tour de plusieurs autres appartements. Mais moi, je n'ai rien vu", assure cette habitante historique de la Faourette - "depuis 1967 !" - dont le logement surplombe la scène de crime.

"En juillet, 'ils' sont passés et ça a fait du bruit, à la kalach", soupire Geneviève. Elle fait référence à des tirs d'intimidation qui ont déchiré le quartier. "J'ai grandi ici. Ce sont des noyaux, pas l'ensemble des habitants. On voit, on sait, mais que voulez-vous qu'on fasse ?". "Il ne faut pas stigmatiser tout le quartier", s'accordent Janine et l'ami maghrébin de la victime.

Ce que montre la vidéoprotection

D'autres jeunes s'arrêtent. Certains prennent des clichés de la scène avec leur smartphone. "C'est la maman de la victime qui hurlait cette nuit. Elle pleurait son fils. Les gens se sont mis à prier", confie l'un d'eux. "Ces cris, je les ai dans la tête, c'était horrible", s'émeut l'une des femmes. Comment le ou les tueurs sont-ils arrivés sur place ? À moto électrique, comme la tendance de ces derniers mois l'a popularisée ? D'autres témoins évoquent "une voiture noire".

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Le parquet de Toulouse a ouvert une enquête pour homicide volontaire et confié les investigations à la DCOS (Division de la criminalité organisée et spécialisée). Selon un connaisseur du dossier, les images de vidéoprotection de la Ville éclairent le passage à l'acte. "Au moins deux individus sont arrivés à bord d'une voiture noire. L'un d'eux est descendu et a tiré. Puis il est remonté et ils sont repartis". Une voiture noire de même type a été retrouvée carbonisée quelques heures plus tard, quartier Papus.