Nouveau scandale alimentaire : "Une partie des chevaux que vous voyez au manège vont se retrouver dans vos fricadelles !"

"On n'est pas de la même ampleur que le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes en 2013 mais on est sur un phénomène problématique : le consommateur n'est pas informé de ce qu'il mange", avance Sébastien de Jonge, directeur des opérations de Gaia.

De la viande de cheval retrouvée dans des lasagnes Findus

En août dernier, l'association de défense des animaux a fait analyser par un laboratoire accrédité 123 produits (boulettes, hamburgers, croquettes, fricandelles…) achetés dans 25 friteries belges. De l'ADN de cheval a été retrouvé dans 27 % des snacks analysés (33 sur 123) et dans 70 % des friteries testées en Wallonie, 80 % à Bruxelles et 80 % en Flandre.

Ces résultats sont par ailleurs corroborés par les informations et listes d'ingrédients publiées sur les sites internet de producteurs et revendeurs, où la présence de viande de cheval apparaît à de nombreuses reprises.

"Ce qui est particulièrement étonnant, c'est que 10 à 30 % de viande de cheval ont été retrouvés dans des produits courants et phare en friterie", commente Sébastien de Jonge, qui dénonce un manque de transparence sans aller jusqu'à qualifier cela de "tromperie sur la marchandise". "Légalement, il n'y a pas d'infraction. Il ne faut pas indiquer l'espèce animale utilisée pour tout ce qui est vendu non préemballé et probablement que la plupart des frituristes ignore aussi la présence de la viande de cheval."

Fraude

Pour Gaia, ce sont les producteurs et les distributeurs qui sont responsables car ils font le choix de mettre, par exemple, 30% de cheval dans des fricadelles de poulet. L'association pointe également l'opacité de la filière et des problèmes de traçabilités.

"Il n'y a pas d'élevage de chevaux destinés à la filière alimentaire or la viande de cheval doit bien venir de quelque part. On a régulièrement des fraudes", détaille Sébastien de Jonge. "Quand on enregistre un cheval, on doit indiquer s'il est destiné à la filière de l'abattage ou si c'est un animal de compagnie. Dans les deux cas, il mène une vie normale mais il y a toute une série de produits qu'il ne peut pas recevoir s'il doit finir dans l'assiette or on peut très facilement faire passer le faire passe en animal de consommation. Imaginez un cheval sportif qui a été dopé, quid de la santé pour l'homme ?"

Nouveau scandale sanitaire: des chevaux impropres à la consommation vendus comme chevaux de boucherie

Entre décembre 2020 et juin 2021, l'Afsca a examiné 230 passeports de chevaux et 35 étaient falsifiés. En septembre 2026, une enquête internationale impliquant la police judiciaire fédérale, l'Afsca et Europol a porté sur la réintroduction présumée dans la chaîne alimentaire de chevaux qui en étaient exclus, dont des chevaux de sport. Parmi les pratiques suspectées : falsification de passeports et utilisation de doubles puces électroniques.

"La viande de cheval est majoritairement écoulée dans les produits de friteries, il y a aussi quelques grandes enseignes et des boucheries spécialisées qui en proposent", poursuit Sébastien de Jonge. ""Le cheval est le seul animal qui a un double statut : il passe son temps à servir l'homme et puis il est mangé. Une partie des chevaux qu'on voit en manège vont se retrouver dans vos fricadelles !"

Sortir le cheval de l'assiette

Selon Gaia, la Belgique compterait environ 400 000 équidés, principalement détenus pour le loisir, le sport et la compagnie. Pourtant, 1.662 chevaux ont été abattus dans les abattoirs belges et 12.268 tonnes de viande de cheval ont été importées en Belgique en 2025.

"On a des fraudes, une absence de consommateurs, une sensibilité de l'opinion publique et très peu d'activité productrice en Belgique. Ce n'est pas un secteur qui fait vivre la Belgique", résume Sébastien de Jonge. "Notre volonté est que tout le monde se détourne de la viande et végétalise sa consommation mais on appelle le politique à légiférer pour sortir le cheval de l'assiette comme en Grèce."

Du côté de ministre wallon de Bien-être animal, une interdiction n'est pas prévue mais une question sera posé à l'Afsca. "Les consommateurs doivent toujours sacoir ce qu'ils consomment pour pouvoir poser leur choix", défend Adrien Dolimont (MR).

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