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  • 2026-08-09 11:38:06 +0000 UTC

    Aug 09, 2026

    "Nous recevons des fillettes violées" : le témoignage d'une médecin sur l'horreur à Ceuta

    Des sources sanitaires ont confirmé que l’hôpital universitaire de Ceuta a pris en charge, au cours de la dernière semaine, au moins cinq fillettes pour des viols présumés. Aucune d’entre elles n’a plus de 14 ans et toutes étaient arrivées dans la ville depuis le Maroc.

    Parmi les personnes présumées agressées, il y aurait aussi, d’après les informations disponibles, au moins un garçon. Les mêmes sources indiquent que le chiffre réel pourrait être plus élevé, certaines victimes n’ayant pas déposé plainte, mais que plus d’une dizaine de cas compatibles avec des agressions sexuelles ont été pris en charge.

    La Police nationale a ouvert une enquête sur le viol présumé d’une mineure entrée à Ceuta lors de l’arrivée massive de migrants. Transportée à l’hôpital, des lésions compatibles avec une agression sexuelle ont été constatées. Pour l’heure, aucune arrestation ni les circonstances exactes dans lesquelles les faits se seraient produits n’ont été rendues publiques, et les autorités poursuivent leurs investigations.

    Des sources judiciaires ont ajouté que plusieurs tentatives d’agression ont été évitées grâce à l’intervention de riverains, et qu’il existe trace d’autres cas à l’état de tentative qui n’ont pas abouti.

    "Des filles de 14 ans livrées à la rue"

    Susana Ascaso, médecin aux urgences de l’hôpital universitaire de Ceuta, a confirmé dans un entretien publié par El pueblo de ceuta que son service prend en charge des cas de viols de filles migrantes.

    Selon son récit, il s’agit de mineures de 14 ans qui restent dans la rue faute de places disponibles dans les centres d’accueil pour mineurs. "Ce n’est pas qu’on refuse de les recevoir, c’est qu’il n’y a pas de place pour elles", explique la médecin, qui attribue le problème au fait que la majorité des personnes arrivées dans la ville sont de jeunes adultes.

    Susana Ascaso inscrit ces cas dans une situation générale qu’elle décrit comme une catastrophe sanitaire. Son service reçoit en moyenne entre 300 et 400 personnes migrantes par jour, avec le même personnel et les mêmes moyens qu’avant l’arrivée massive de la fin juillet.

    La médecin raconte qu’après la sortie des patients, ils ne peuvent les orienter vers aucun lieu, la plupart n’ayant nulle part où aller. Elle a également signalé le risque d’arrivée de maladies à potentiel épidémique, comme la tuberculose ou l’hépatite, sans capacité de les détecter au service des urgences, ainsi que des cas de décompensation diabétique et de crises épileptiques parmi des migrants qui se retrouvent sans accès à leur traitement habituel.

    La docteure a publiquement demandé des renforts de personnel et réclamé que Ceuta soit reconnue comme une zone à couverture sanitaire insuffisante.

    Le récit depuis le campement et les alertes institutionnelles

    Dans le campement improvisé de Sidi Embarek, où s’entassent près de 300 personnes, le président de l’association de quartier, Abdellah Mustafa, décrit des épisodes similaires à ceux rapportés par la docteure Susana Ascaso.

    Selon son témoignage, certaines mineures arrivent sur place en état de choc après avoir été agressées sexuellement dans la montagne, et il explique que beaucoup ne portent pas plainte en raison de leur état psychologique, ce qui a poussé les habitants à mobiliser une psychologue et une avocate pour les accompagner.

    La situation a conduit des organisations comme Save the Children à alerter sur le risque que courent les filles et adolescentes migrantes à Ceuta en matière de traite de personnes et d’exploitation sexuelle, en grande partie du fait du manque d’identification, d’hébergement et d’accompagnement adéquats.

    Jennifer Zuppiroli, spécialiste des migrations au sein de l’organisation, a souligné qu’une adolescente qui reste seule et en dehors du système de protection peut se retrouver dans une situation de très grande vulnérabilité.

    La Police nationale a donné la priorité aux filles et aux moins de 13 ans dans ses opérations d’identification, et la ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, Sira Rego, a reconnu un changement dans le profil des mineurs arrivés dans la ville, avec une présence accrue de filles et d’enfants en bas âge.

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