"Nous devons faire entendre nos voix": les forces de sécurité déployées en Italie en marge de manifestations

Un véhicule de police à Rome, en Italie. - Photo par MICHAEL NGUYEN / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Alors que des manifestations ont eu lieu en Italie ces dernières semaines pour dénoncer les coupes budgétaires et la hausse du coût de la vie, des forces de sécurité ont été massivement déployées ce samedi 24 octobre.
Les forces de sécurité ont été massivement déployées en Italie avant des manifestations samedi 24 octobre qui se sont révélées finalement modestes et en grande partie pacifiques, après une vaste opération de répression consécutive à de violents affrontements le week-end dernier. Selon les chiffres de la police, neuf personnes ont été arrêtées et 371 brièvement détenues.
Le gouvernement d'extrême droite de la Première ministre Giorgia Meloni a approuvé cette semaine des réformes sécuritaires strictes à la suite des violences, qui présentaient des similitudes avec les manifestations en France, et la police avait procédé à des dizaines de perquisitions et d'arrestations avant les rassemblements prévus samedi.
Quelques milliers de personnes ont manifesté à Rome et à Milan malgré le dispositif de sécurité renforcé, scandant des slogans contre le gouvernement et la police.
Des hélicoptères survolaient samedi la Piazza del Duomo au centre de Milan, dans le nord du pays. Des soldats en treillis circulaient par groupes, cinq véhicules militaires et un canon à eau étant garés à proximité.

3.000 personnes à Milan
"Manifester est un droit. Nous devons faire entendre nos voix", a expliqué Alessio Scimone, employé de 24 ans dans un bureau de paris, croisé par l'AFP dans la manifestation de Milan.
En tout, quelque 3.000 personnes ont défilé dans la cité lombarde, paralysant la circulation dans le centre-ville. Un nombre similaire s'est rassemblé à Rome, dans des zones proches du Colisée et de la gare centrale, Termini, face à des rangées de policiers en tenue antiémeute.
À Milan, certains magasins ont fermé plus tôt et d'autres ont barricadé leurs vitrines après des épisodes de pillage survenus le week-end dernier dans la capitale de la mode.
D'autres sont restés ouverts par défi, après un appel du maire de la ville, Giuseppe Sala, à ne pas "céder à la panique".
"Nous voulons faire passer le message que nous n'avons pas peur de ces jeunes", raconte Alessandro Buhne, 30 ans, employé de la boutique de prêt-à-porter masculin Philipp Plein.
"Les touristes sont effrayés par cette situation, alors nous voulons envoyer le signal qu'ils sont en sécurité s'ils entrent dans notre magasin", a-t-il ajouté.
Des protestations contre les coupes budgétaires
Ces manifestations sont organisées alors que les étudiants, les camionneurs et les agriculteurs protestent contre les coupes budgétaires et la hausse du coût de la vie, notamment du logement et du carburant. Les organisations étudiantes ont vivement critiqué la réponse sécuritaire du gouvernement, l'exhortant à répondre aux revendications des manifestants.
Après les émeutes et les pillages du week-end dernier à Milan, le gouvernement y a déployé 500 soldats et adopté un décret assouplissant les règles de détention des mineurs et imposant des amendes à leurs parents pour tout dommage causé lors des manifestations.

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La police a indiqué avoir effectué des dizaines de perquisitions en amont des manifestations de samedi et arrêté un homme de 30 ans soupçonné d'être le meneur du "Mouvement du 17 octobre", groupe ayant appelé à la mobilisation de samedi.
Le gouvernement a approuvé des mesures financières pour aider les routiers et les pêcheurs à faire face à la flambée des prix du carburant observée depuis la guerre au Moyen-Orient.
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