"Nos locataires ont peur" : branchages illégaux, 35 000 euros de nettoyage… Des intrusions de gens du voyage font vivre l’enfer à des entreprises
Le gestionnaire d’un parc foncier situé à Mérignac déplore mercredi 23 septembre une neuvième occupation illégale par des gens du voyage depuis fin 2024. Une plainte a été déposée.
À Mérignac, dans le parc Eco’sphair près de l’aéroport, la tension monte. Depuis l’inauguration en septembre 2024 des ensembles immobiliers Olea et Arko, la foncière Inéa qui les gère fait face à des occupations répétées de gens du voyage sur ses terrains. Mercredi 23 septembre 2026 des membres de la communauté s’y sont de nouveau installés, la neuvième intrusion recensée en l’espace de deux ans.
"Je me sens seule et démunie", s’agace Arline Gaujal-Kempler, directrice générale déléguée de la foncière Inéa, auprès d’Actu Bordeaux. Selon elle, les premières installations ont débuté en décembre 2024, à peine trois mois après la fin des chantiers. Depuis, le scénario se répète. "Ils restent deux ou trois semaines, le temps qu’on puisse faire une procédure d’expulsion. Ensuite, de nouveaux occupants arrivent", résume la responsable.
Un ballet régulier qui n’est pas sans conséquences : d’après la directrice générale déléguée, la venue de gens du voyage s’accompagne d’importants dégâts matériels sur le site. "Ils rentrent chez nos locataires ; ils volent le cuivre ; ils se branchent sur l’électricité, sur les réseaux d’eau ; ils ont cet été volé toute une installation de climatisation. Nos locataires ont peur", affirme-t-elle auprès de Sud Ouest.
"Le nettoyage nous a coûté 35 000 euros"
Ces dégradations pèsent sur les finances de l’entreprise : la foncière Inéa a déjà déclaré environ 70 000 euros de dommages à notre assurance. "La facture de nettoyage nous a coûté 35 000 euros. On ne parle pas de quelques sacs-poubelle éparpillés par terre", souffle-t-elle auprès d’Actu Bordeaux.
Pour bloquer l’accès aux immeubles, la société Inéa indique en outre avoir investi plus de 200 000 euros dans des dispositifs de sécurisation. En vain. "Ils arrivent quand même à rentrer. Ils ont solution à tout donc ils parviennent à tout enlever. Ils sont plus doués que nous", regrette Arline Gaujal-Kempler.
"Au regard des dégâts occasionnés lors de la dernière installation de gens du voyage sur ce site", Saint-Brieuc Armor agglomération a d’ores et déjà porté plainte pour la dernière occupation de septembre. "Le terrain avait été refermé. L’entrée s’est donc faite par effraction", fait savoir la collectivité, qui affirme être en contact avec les services de la préfecture afin qu’ils soient expulsés du terrain.