« Ne jamais oublier les notions de plaisir ! » : Jardin musical, cursus pour adultes, inclusion… Le conservatoire d’agglomération de Draguignan s’adapte et évolue

Effectuée dans « une ambiance agréable et un esprit d’équipe très sympathique », la rentrée du conservatoire d’agglomération laisse entrevoir un horizon serein. C’est en tout cas la vision de Jérémie Noyer, directeur du conservatoire de Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa) depuis deux ans.

Toujours enseignant d’orgue, « pour ne jamais perdre la réalité du métier, je suis professeur parmi les professeurs », l’homme dirige avec brio un établissement culturel qui évolue avec son temps, et s’adapte à son nouveau public.

Forte de sa quarantaine de disciplines enseignées par 35 professeurs qualifiés et répartis sur tous les sites de la Dracénie (1), la structure culturelle et artistique entame une nouvelle année avec des nouveautés, et un programme riche en matière de musique, de danse et de théâtre. L’effectif, lui, dépasse désormais les 700 élèves.

« Nous avons imaginé un nouveau projet d’établissement qui a été voté à l’unanimité et qui se veut plus à l’écoute de notre public et de notre territoire », explique le directeur qui retrace un an de « travail et de réflexion ».

Parmi les axes développés, une nouvelle activité baptisée « Le Jardin musical », est dédiée au jeune public.

« Nous l’avons voulu accessible aux sept sites d’enseignement de la Dracénie. Nous accueillons désormais les enfants à partir de quatre ans, dès la moyenne section de maternelle », informe ce dernier. La discipline qui a d’ores et déjà bénéficié d’un certain succès, – « 78 enfants inscrits, c’est énorme ! » –, est avant tout basée sur la découverte du sensoriel, des instruments de musique, de l’oral, de la comptine ou bien du chant.

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L’autre nouveauté concerne les adultes qui étaient jusqu’à présent limités en matière d’évolution : « Ils ne participaient qu’aux cours et ne pouvaient pas établir de vrais projets musicaux. Leur place était limitée à quatre ans et leur expérience s’arrêtait ou était remise en cause. » Dès ce début d’année, ils pourront s’enrichir d’un véritable cursus de formation musicale avec des examens à l’appui. « Ils vont pouvoir progresser, c’est une belle nouveauté, une belle ouverture ! », lance Jérémie Noyer.

La durée des cours écourtée

Le nouveau projet d’établissement a réuni tous les acteurs et les professionnels du conservatoire d’agglomération.
Le nouveau projet d’établissement a réuni tous les acteurs et les professionnels du conservatoire d’agglomération.
CYRIL HIELY / Nice-matin

Autre changement et non des moindres, les durées des cours qui sont écourtées pour ne pas « démotiver » les enfants du premier cycle et pour mieux s’adapter aux besoins des familles confrontées à des allers et retours durant la semaine : « Nous avons repensé l’organisation des cours en associant ceux de la formation musicale à la pratique collective. Nous nous adaptons aussi à l’âge et mettons l’accent sur l’oral. Un enfant qui passe six heures de sa journée assis à l’école et à qui on propose exactement le même schéma avec une heure trente de cours… Comment voulez-vous qu’il tienne, qu’il se passionne ?, contextualise le professeur.

Mais qu’en est-il alors de la théorie ? « Lorsqu’ils iront au collège, en cycle deux, nous pourront théoriser les choses. À cet âge-là, la réflexion est plus distanciée, plus mathématique, avec un public qui a la maturité… »

Pour le professeur, il est essentiel de « résoudre l’équation entre l’exigence et la qualité de l’enseignement, et le fait de ne jamais oublier les notions de plaisir… Quel que soit l’âge. C’est important si on veut garder nos élèves dans la constance et la durée ». Un état d’esprit commun à tout le corps enseignant, selon le directeur du conservatoire. « Nous faisons des métiers de passion », assure-t-il.

« Inclure oui, mais pas n’importe comment »

Côté inclusion, deux référentes, Nathalie Pastorello et Aurore Sol qui est aussi professeure de violon, œuvrent désormais avec les familles pour des accueils personnalisés. « Inclure oui, mais pas n’importe comment », insiste Jérémie Noyer.
Présence plus courte, soutien par petit groupe, formation des professeurs pour mieux comprendre le handicap… De quoi permettre une intégration correcte. « Dès l’année dernière des enfants ont participé à nos auditions. Le fer de lance a été la danse avec Nathalie Galusi. »

Partenariat avec l’IME de Salernes, ateliers inclusifs pour adultes et adolescents, l’important est de créer du lien. « L’inclusion intervient aussi en théâtre avec la professeure Marion Davenport qui travaille avec l’association Autisme Dracénie. »

Une quarantaine de disciplines sont proposées au conservatoire d’agglomération de Draguignan.
Une quarantaine de disciplines sont proposées au conservatoire d’agglomération de Draguignan.
DM/ Var-Matin

« Il n’y a pas de frontières »

Côté projets, ils ne seront pas en reste. « Les projets, c’est ce qui donne sens à la formation », abonde-t-il.
Spectacles musicaux, projets de danse avec notamment une mini-résidence de l’ensemble Marto : « Il est composé de deux pianistes, deux percussionnistes et d’une danseuse. Ils effectueront des ateliers, pour faire partager leur savoir-faire et proposeront un très beau spectacle en février : le poème symphonique de Daphnis et Chloé de Maurice Ravel », dévoile Jérémie Noyer. Master class en présence de professeurs de guitare, de clarinette ou de harpe… Auditions en prélude de concerts… L’année s’annonce riche en événements partagés : « Ce qui donne du sens à ces projets, c’est d’intégrer les enfants dans les ensembles. Nous en avons une diversité dont nous sommes très fiers », se targue le directeur.

De Mozart… À AC/DC

Orchestre à cordes, petite harmonie, chœur d’enfants etc. tous proposent une multitude de styles, en passant de la musique traditionnelle au celtique, à la variété, la musique de films ou encore au métal. « Il n’y a pas de frontière, les entités peuvent jouer ensemble les unes avec les autres. Cette année le Big band du conservatoire va s’associer à l’orchestre à corde et deviendra un Big band symphonique », sourit le passionné.

Concert de Noël, spectacles… Des petites scènes hors les murs seront proposées en outre dans toute la Dracénie. « Chaque année, nous avons les trois Semaines thématiques autour de… En novembre ce sera autour de la musique de chambre qui nous emmènera de Mozart… À AC/DC », détaille-t-il. S’ensuivront une semaine sur l’impressionnisme « en danse et en musique » en février, et une troisième sur les musiques traditionnelles en avril. « C’est une programmation qui s’adresse à tous les habitants du territoire », termine Jérémie Noyer.

Enfin, à l’attention des retardataires, des places sont toujours disponibles en section chant et variété, en harpe et galoubet, et au Jardin musical de Salernes.
Plus d’information sur le site de Culture en Dracénie.

Les sites d’enseignement se situent au Muy, Vidauban, Trans-en-Provence, Lorgues, Callas, Salernes et Draguignan.