"On paie cash l’efficacité qu’a pu avoir Rouen" : pour Bourg-en-Bresse, un revers sévère mais logique ?

Vendredi, le net revers contre Rouen est venu rappeler de dures réalités aux bressans.

Vendredi soir, on n’a croisé personne qui avait envie d’accabler les Violets après la nouvelle défaite à domicile contre Rouen (17-36). Il y avait comme une forme de fatalité qui enveloppait le stade Verchère. Le RNR n’est venu qu’exacerber un sentiment de déjà-vu. Et pourtant, les hommes de Richard Savey ont livré, quarante minutes durant, une prestation collective agréable, rythmée, fluide avec une belle alternance entre avants et trois-quarts mais qui n’a ramené que dix maigres points dans l’escarcelle. En face, les Normands n’ont pénétré que trois fois dans les 22 mètres durant le premier acte. Suffisant pour rentrer aux vestiaires en menant 17 à 10 ! "On paie cash l’efficacité qu’a pu avoir Rouen lors de ses entrées dans nos 22 mètres. On paie cher nos petites erreurs", résume Richard Savey, le manager.

Ces quarante minutes sont la parfaite synthèse des statistiques de ce championnat. L’USB est l’avant-dernière attaque de la division avec onze essais inscrits en sept matchs. Quant à la défense, c’est la plus perméable de la poule avec déjà 217 points encaissés (soit une moyenne de 31 par match). Comme contre Rennes, huit jours plus tôt, certains errements défensifs, qu’ils soient individuels ou collectifs, ne pardonnent guère à ce niveau, en témoigne la façon dont Lelong et Lestro se sont trop facilement déjoués de la défense sur la première incursion normande. "Sur la première mi-temps, on n’est pas loin du compte en termes d’intensité et de jeu. Nous avons vraiment appliqué ce qu’on voulait faire, à savoir aller chercher les couloirs. Nous avons mis beaucoup de vitesse mais on ne se paie pas ! Ce qui nous met dedans, c’est qu’on ne réussit pas à concrétiser, à prendre de points. C’est usant et eux viennent dans notre camp et marquent directement", rembobine Gaël Forel.

"Mal à la tête"

Bis repetita, au début de la seconde mi-temps. En infériorité numérique et au sortir d’un temps faible bien géré, les Violets ne sortent pas le ballon en touche. Il n’en faut pas plus pour que Massip déclenche une contre-attaque conclue habilement par Tabet qui, à la faveur d’un audacieux petit coup de pied pour lui-même, se déjoue de plusieurs Bressans. Mais c’est surtout l’essai à l’heure de jeu de ce même Tabet, sur une interception de Lelong, qui crucifie les Violets. "Celui-là nous fait mal à la tête."

Alors, ne faudrait-il pas mettre à profit les périodes de domination en convertissant certaines pénalités, en résumé être moins ambitieux dans le jeu ? "C’est difficile de manquer d’ambitions cette année. Je pense que les joueurs ont envie de montrer des choses au public", explique Savey. "C’est du beau rugby que nous avons proposé. Globalement, je pense que les spectateurs étaient satisfaits de voir les Violets mettre du jeu, ne pas être restrictifs", conclut Forel. C’est ce qu’on appelle payer pour apprendre.