"Il y eut quelques séquences très longues" : dans un drôle de match, Rennes tient sa seconde victoire

Les Bretons se sont imposés grâce à une première période maîtrisée et une seconde en résistance. Suresnes ramène un point. Drôle de match.

Suresnes n’a pas ramené de Rennes ce qu’était venue chercher l’équipe francilienne mais ramène tout de même un point de bonus défensif. Autre lecture possible, Rennes a renoué avec la victoire après quatre défaites et un match nul ramené de Bourg-en-Bresse au terme d’un match qui aurait pu être sponsorisé par le syndicat des cardiologues… Une drôle de rencontre avec une période pour chacun, la première pour le Noir et Blanc, la seconde pour les Verts. Un exemple de singularité de ce match ? La prestation du talonneur des Bretons, Rémi Bouaffou. Une excellente tenue en mêlée, à l’inverse, des lancers égarés à quelques mètres de la ligne des visiteurs mais surtout un doublé, les seuls essais bretons !

Vincent Brehonnet, le coach adjoint de Rennes, défend avec justesse son talonneur : "C’est un jeune joueur qui nous amène énormément de dynamisme dans le jeu et qui est encore perfectible sur cet aspect de la touche et je pense qu’on l’avait évoqué, lors de la dernière rencontre, le fait de ne pas avoir Pierre Algans qui a un leadership crucial sur l’alignement. Cela n’aide pas non plus."

De dominant à dominé

En revanche, la conquête directe, les ballons portés et la défense sur les ballons portés adverses ont été très solides. 15-7 à la mi-temps pour Rennes, ce n’était pas cher payé. Youssouf Yatera, le deuxième ligne des visiteurs, analysait froidement : "C’est difficile quand tu passes la première période à attendre les mecs qui viennent vers toi avec de la vitesse et qui tiennent le ballon. On ne fait que défendre pendant trente, trente-cinq minutes et quand on tient la balle deux minutes, on marque (N’Diaye, N.D.L.R.). Mais on ne peut pas commencer un match comme ça, en attendant les mecs sur les talons. Ce n’est pas possible, surtout à l’extérieur contre une équipe comme Rennes, qui ne vous donne rien."

Le tir a été corrigé en seconde période. Et Suresnes a eu sa balle de match avec une période de pilonnage dans le camp rennais. Mais l’abnégation des locaux et un ballon finalement récupéré par Harry Glynn, l’ex de Suresnes - "Je sais qu’on a défendu pendant longtemps. Il y eut quelques séquences très longues. J’ai juste eu la chance d’être au bon endroit au moment et ça m’a souri à ce moment-là" - firent passer le chassé à chasseur dans la dernière minute alors que le score était de 18-13.

Un match où il aura été difficile de trouver un fil conducteur. Le dominant devient dominé, celui qui parfois se trompe y va de son doublé, l’ouvreur dans la fournaise de la défense de la dernière minute délivre ses partenaires. Et tellement d’actions de qualité amalgamées à de mauvaises attitudes au contact voire de mauvais choix donnèrent un match contrasté. Mais on ne peut retirer aux quarante-six acteurs d’y avoir mis énormément de cœur, les crampes de beaucoup dans les dernières minutes l’attestant.