Muriel Robin et Anne Le Nen, réunies sur TF1 pour « Master Crime  » vont-elles monter sur scène ensemble ? «  On se connait trop ! » nous répondent les artistes, chez elles sur la Côte d’Azur

S’aimer, avancer ensemble, s’épauler, c’est bien. C’est sain. Mais quand on a deux âmes créatrices, à un moment, on a envie de s’envoler dans une aventure artistique commune. C’est un peu le défi lancé par la série Master Crime sur TF1, où Muriel Robin et Anne Le Nen, qui ont reçu Nice-Matin chez elles dans l’arrière-pays cannois, sont réunies, et dont le tournage de la quatrième saison débute prochainement. Une série où les deux femmes occupent les rôles principaux. Une première. « C’est du temps gagné passé ensemble, rigole Anne Le Nen. Ce que j’aime le plus au monde, c’est être avec Muriel. »

« C’est trois mois de tournage, sans Anne, je n’y serais pas allée », acquiesce Muriel Robin.

Un projet professionnel commun qui renforce encore leur couple. « J’adore ce que l’on a construit avec Muriel, ne jamais baisser les bras, se dire qu’on peut évoluer ensemble, apporter quelque chose à l’autre, qu’il grandisse, grandir soi-même, se réinventer, se soutenir, s’épauler. Quand, dans la vie, on est intéressé par le fait de devenir la meilleure version de soi, je trouve qu’à deux, ce n’est pas mal », un mantra qui trouve écho chez Muriel Robin également.

« J’étais une folle, un petit peu énervée, j’étais très encombrée par mes démons, par l’alcool, quand j’ai rencontré Anne. Et même si j’avais fait un travail personnel de mon côté, je n’aurais jamais surmonté tout ça sans elle. On est dans une forme de spiritualité, on est sur la même route, on s’est améliorées l’une grâce à l’autre. »

Honnête, Anne Le Nen confesse une envie, au début de leur relation, d’exister loin de l’ombre de sa médiatique compagne. « Je voulais faire les choses sans Muriel. J’avais peur qu’on m’y associe. J’avais peur des mauvaises langues qui allaient dire  : ‘‘ C’est facile pour toi’’. Sans oublier notre particularité de couple, ce n’était pas forcément évident au début des années 2000 », concède Le Nen.

« Avant l’arrivée d’Anne dans ma vie, j’avais assumé qui j’étais et je sais que cela m’a fermé des portes, notamment au cinéma, poursuit Muriel Robin. Aujourd’hui, on fait cette série à deux, on reçoit plein de messages bienveillants et on a décidé de privilégier la vie avant nos métiers, d’épouser des causes qui nous sont chères. »

Une collaboration sur scène  ? « On se connaît trop  ! »

Est-ce qu’Anne Le Nen, qui écrit et met en scène le spectacle de l’humoriste Marie Bô, attendue à Nice (24 septembre) et à Antibes (1er au 3 décembre), a eu envie d’écrire et de collaborer avec sa moitié  ? Sans être un sujet tabou, les deux femmes sont très franches sur le dossier. Difficile de nier que Muriel Robin a une forme d’expertise en matière d’écriture humoristique. « J’écris seule, la majorité du temps. Et puis on se connaît trop avec Anne. »

Une forme de pudeur et d’honnêteté que sa moitié saisit au bond  : « Je n’ai pas assez confiance en moi, encore aujourd’hui, pour oser proposer à Muriel de changer des choses sur son territoire. Je lui dis des choses, je suis la première spectatrice de ce qu’elle écrit mais franchir le cap d’écrire pour elle, je n’en suis pas capable. »

« Mais c’est exactement la même chose pour moi, quand Anne écrit pour Marie, il faut que ça lui appartienne, je regarde ça en spectatrice », poursuit Muriel.

La légende raconte même que pour la première parisienne de Marie Bô, qui avait écrit et répété son show dans la demeure azuréenne du couple, Muriel Robin est venue grimée — moustache, lunettes et chapeau — dans la salle, pour ne pas stresser l’artiste. Sur le cliché que nous montre Muriel Robin, on dirait un mélange entre Kev Adams et Johnny Depp  : « Personne ne m’a reconnue et Marie a pu livrer une belle prestation  ! »