Muramasa: Revenant Blades - Nous avons retrouvé avec plaisir ce classique de Vanillaware

Sommaire

  • Une autre occasion d’obtenir le succès qu’il mérite
  • Une direction artistique intemporelle
  • Des combats toujours aussi tranchants
  • Une personnalisation qui change la donne

Une autre occasion d’obtenir le succès qu’il mérite

Véritable artisan de l’industrie, Vanillaware reste l’un des studios japonais les plus appréciés grâce à un palmarès impressionnant composé d’excellents jeux et parfois même de véritables chefs-d’œuvre dans des genres variés. Odin Sphere, 13 Sentinels: Aegis Rim ou, plus récemment, Unicorn Overlord en sont les exemples les plus parlants. À l’époque, Muramasa: The Demon Blade n’avait pas vraiment bénéficié de l’exposition qu’il méritait, notamment en raison de son exclusivité Wii. Il faut dire que Vanillaware n’avait pas encore la renommée qu’on lui connaît aujourd’hui, malgré un Odin Sphere qui avait marqué la PS2.

En 2013, Muramasa Rebirth lui offrait une seconde vie sur PlayStation Vita, avant d’accueillir quatre histoires supplémentaires regroupées sous l’appellation Genroku Legends. C’est précisément cette version enrichie qui sert aujourd’hui de fondation à Revenant Blades, avec la particularité de réunir pour la première fois toutes ses campagnes dans une même édition. Une bonne nouvelle pour les nouveaux venus, d’autant que le jeu sera cette fois traduit en français.

L’aventure prend place dans un Japon imaginaire inspiré de la période Genroku, à la fin du XVIIe siècle. On retrouve ainsi des paysages traditionnels se mêlant à des environnements fantastiques. L’univers est également marqué par la présence de créatures issus du folklore japonais avec ses yōkai et ses démons. Le jeu original nous proposait d’incarner deux protagonistes : Kisuke, un jeune ninja frappé d’amnésie et poursuivi pour des raisons qu’il ignore, et Momohime, une princesse dont le corps se retrouve possédé par l’esprit d’un redoutable bretteur nommé Jinkuro.

Deux parcours différents, mais réunis par la présence des célèbres sabres démoniaques, des armes aussi puissantes que dangereuses. Les campagnes additionnelles permettent quant à elles d’incarner quatre autres personnages, Okoi, Gonbe, Arashimaru et Rajaki, qui disposent de leurs propres histoires et particularités de gameplay. Précisons néanmoins qu’il ne s’agit pas de scénarios entièrement nouveaux, puisqu’ils étaient déjà disponibles dans la version Vita.

Pour cette preview, nous avons pu jouer une petite heure sur PC, au début du périple de Momohime. Un temps de jeu assez court compte tenu du contenu proposé et de nos souvenirs qui remontent à la version Wii. Néanmoins, une chose est certaine : Muramasa: Revenant Blades sera une occasion en or de découvrir ou de redécouvrir un classique de l’action-RPG en 2D.

Une direction artistique intemporelle

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Muramasa: Revenant Blades – Une source chaude pour se détendre // Source : Marvelous

L’une des principales raisons du statut particulier de Muramasa reste bien évidemment sa direction artistique. Fidèle aux habitudes de Vanillaware, le jeu fait la part belle aux décors peints à la main, aux animations détaillées et aux couleurs soigneusement choisies. Les forêts, les villages, les temples et les paysages naturels évoque régulièrement les estampes japonaises, ce qui donne une identité visuelle unique au jeu.

Pour cette refonte, Marvelous indique que le studio a choisi de retravailler les ressources graphiques originales pour les adapter aux écrans actuels. On peut ainsi profiter de ces beaux tableaux en 4K, mais soyons honnête, le style intemporelle du studio japonais y est pour beaucoup. Néanmoins, il faut préciser que des éléments ont nécessité un véritable travail de restauration de la part des artistes.

Sur le plan de l’exploration, Muramasa conserve une structure articulée autour de zones interconnectées et d’environnements à parcourir horizontalement, mais aussi parfois verticalement. Plusieurs itinéraires s’offre à nous, avec des trésors à récupérer, des personnages à rencontrer et énormément de combats. Sans être un metroidvania à proprement parler, le titre partage certaines caractéristiques avec le genre, notamment la découverte d’embranchements et le retour dans des lieux précédemment visités.

Cette organisation constituait d’ailleurs l’un de ses principaux défauts historiques. Les nombreux allers-retours finissaient parfois par casser le rythme de l’aventure, d’autant que les affrontements réguliers pouvaient devenir répétitifs à la longue. Même si cela reste à confirmer lors du test, il semble que cela soit à nouveau le cas ici.

Des combats toujours aussi tranchants

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Muramasa: Revenant Blades // Source : Marvelous

Malgré cette redondance, les combats constituent la qualité principale de Muramasa: Revenant Blades. Son fonctionnement repose sur une prise en main relativement simple avec des attaques que l’on peut enchaîner au sol comme dans les airs, des esquives, des parades et plusieurs mouvements permettant de projeter ses adversaires ou de fondre sur eux à grande vitesse.

Même si cela paraît assez classique à première vue, ces joutes cachent en réalité une grande profondeur. Les ennemis disposent de comportements variés, certains étant notamment capables de bloquer les attaques classiques ou de projeter des armes à distance. Il faut donc apprendre à exploiter les ouvertures adverses, sans oublier de surveiller sa propre défense.

Ce système punie aisément la passivité, d’autant plus lorsque vous affrontez plusieurs ennemis à la fois. Par contre, cela offre un dynamisme spectaculaire et une réelle satisfaction lorsque l’on décime ces larges groupes le plus vite possible. Mais la véritable particularité de Muramasa réside dans son système d’armes. Kisuke et Momohime peuvent équiper simultanément trois sabres démoniaques et passer de l’un à l’autre au cours des affrontements. Chaque arme possède une jauge spirituelle qui diminue notamment lorsqu’on bloque des attaques ou que l’on utilise certaines techniques. Une fois cette réserve épuisée, le sabre se brise temporairement et devient bien moins efficace, ce qui oblige à dégainer une autre lame en attendant sa régénération.

Cette gestion des armes joue un rôle important dans le rythme des combats, puisqu’il faut jongler entre ses trois sabres pour maintenir la pression tout en évitant de se retrouver sans défense au mauvais moment. Les changements peuvent également servir directement l’offensive grâce aux attaques Iai qui sont capables de toucher plusieurs adversaires.

Une personnalisation qui change la donne

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Muramasa: Revenant Blades // Source : Marvelous

C’est toutefois sur le terrain de la personnalisation que Vanillaware apporte la modification la plus intéressante de cette nouvelle version. Historiquement, les techniques spéciales étaient directement associées aux sabres. Une situation qui nous poussait le plus souvent à délaisser les anciennes armes au profit de celles possédant les meilleures statistique, même lorsque leurs capacités spéciales étaient moins intéressantes.

Avec Revenant Blades, ce problème est enfin être corrigé. Il est désormais possible de maîtriser définitivement une technique en l’utilisant suffisamment, puis de l’équiper indépendamment du sabre qui permettait initialement de la déclencher. On dispose ainsi de trois emplacements pour les techniques terrestres et de trois autres pour les attaques aériennes, ce qui ouvre la voie à des combinaisons beaucoup plus variées.

Un changement loin d’être anodin lorsqu’on sait que le jeu compte 108 sabres à découvrir et à forger. Cette nouvelle liberté va logiquement enrichir les possibilités offertes à haut niveau, tout en renforçant l’intérêt de récupérer le plus d’arme possible. La progression conserve également une importante dimension RPG. Les adversaires vaincus permettent notamment de récupérer des ressources et des âmes indispensables à la fabrication de nouveaux sabres. Les campagnes supplémentaires utilisent quant à elles des systèmes spécifiques, notamment fondés sur l’entraînement et les amulettes. Vanillaware annonce également plusieurs rééquilibrages, dont une modification du niveau des ennemis qui ne devrait plus systématiquement suivre celui des protagonistes.

Enfin, cette nouvelle version ne devrait pas oublier ceux qui souhaitent retrouver les sensations d’origine. Un mode classique permettra en effet de parcourir les campagnes avec le gameplay de la version PS Vita, tout en profitant des améliorations graphiques. La présence d’une galerie d’illustrations, d’une visionneuse de personnages et d’un mode permettant de revoir certains événements vient compléter l’ensemble. On salue évidemment l’incitative de proposer une ressortie très complète et pas uniquement une belle refonte.

Même s’il reste difficile de jauger pleinement les apports de cette nouvelle version avec un temps de jeu aussi court, on retrouve immédiatement le même plaisir qu’en 2009, manette en main. Visuellement, Muramasa: Revenant Blades conserve une esthétique sublime qui souligne son caractère intemporel. Néanmoins, le travail de modernisation graphique est bienvenu et loin d’être négligeable. Malgré une répétitivité qui risque de refaire des siennes, les combats dynamiques et les nombreuses lames procurent toujours d’excellentes sensations. Le nouveau système de compétences apparaît particulièrement prometteur, tandis que la réunion des six histoires sera assurément un argument appréciable pour ceux qui n’ont connu que la version Wii. Pour beaucoup d’autres, il s’agira sans doute d’une première découverte et on ne peut que vous conseiller de vous lancer dans cet action-RPG qui mérite clairement cette cure de jouvence. Il s’agit également d’un petit événement pour les joueurs PC, puisque ce sera le premier jeu de Vanillaware à sortir sur cette plateforme via Steam.