Mulhouse. Festival sans nom : Mathieu Lecerf et ses Sales Gosses remportent le prix “L’Alsace-Les DNA”
La soirée d’ouverture du Festival sans nom (FSN), ce vendredi 16 octobre, est le temps qui permet de réunir le parrain, Niko Tackian, les 29 autres auteurs et les organisateurs dans une ambiance de joyeuses retrouvailles. Car ils sont nombreux à se connaître dans ce cercle assez restreint des auteurs de polars et parce qu’ils sont nombreux à être fidèles à ce rendez-vous mulhousien.
C’est aussi le moment de la remise des différents prix. Le grand prix du FSN a été décerné à Meï Lepage, pour son tout premier roman, Sécher tes larmes (Verso), un thriller policier très réaliste, inspiré en partie de son expérience de policière. Le prix des lecteurs des bibliothèques de Mulhouse revient, lui, à Valentine Vendôme pour Panthères (Michel Lafon), là encore un premier roman, qui prend le point de vue assez original d’une vice-procureure. L’autrice est elle-même magistrate. Enfin, le prix L’Alsace-Les DNA a été remis à Mathieu Lecerf pour Sales Gosses (HarperCollins).
Un drame intime
Cette année, le jury L’Alsace-Les DNA était composé de 12 salariés-lecteurs, issus de différents services entre Strasbourg et Mulhouse. Le comité du festival nous avait concocté une sélection de 5 titres. Et autant le poser d’emblée, le choix n’a pas été simple, d’autant que les styles et les univers représentés étaient assez vastes. Notre choix s’est donc porté sur Sales Gosses de Mathieu Lecerf.
Ce qui nous a plu ? L’histoire d’abord, celle de Jimmy, 45 ans, un peu paumé, dont le père a été reconnu coupable du meurtre d’une adolescente. Le père meurt en prison sans avoir jamais contesté le verdict. Il a laissé un message à son fils, qui dit « je ne l’ai pas tuée ». Jimmy revient alors près de Rouen, dans le village qui l’a vu grandir jusqu’au drame, pour démêler les fils de cette histoire et de son enfance.
Nous avons tous salué un roman d’une redoutable efficacité, avec une écriture alerte. Nous avons apprécié les allers-retours entre le passé et le présent, la fracture entre les amitiés insouciantes de l’enfance, cette bande de potes aussi attachante que turbulente, et ce qu’ils sont devenus trente ans plus tard, avec leur part de désillusion, leur part d’ombre aussi, dans un monde devenu plus dur. À chaque âge, sa manière de s’exprimer ; l’ensemble sonne toujours juste, surtout quand il fait parler les enfants. Il faut du talent pour faire ça.
Festival sans Nom, samedi 17 octobre de 10 h à 18 h et dimanche 18, de 10 h à 17 h, à la bibliothèque Grand’Rue à Mulhouse.