Moscou menace de frapper massivement les infrastructures énergétiques ukrainiennes
Publié le 30/08/2026 - 12:02 UTC+2•Mis à jour 12:14
Le ministère russe de la Défense affirme préparer des frappes de grande ampleur contre les infrastructures énergétiques de l’Ukraine, présentant cette décision comme des représailles aux attaques de Kyiv sur le territoire russe, alors que le bilan de la frappe russe contre un dépôt de munitions près de la capitale ukrainienne, dans la nuit de vendredi à samedi, est passé à 38 morts.
"Les forces armées russes ont commencé à préparer des frappes massives contre les infrastructures énergétiques de l’Ukraine en réponse à ce que Moscou décrit comme des attaques continues du régime de Kyiv contre les infrastructures civiles de la Russie ainsi que contre ses installations de carburant et d’énergie", a déclaré le ministère de la Défense à Moscou sur Telegram.
Cet avertissement ravive les craintes de revivre le scénario de l’hiver dernier, lorsque le bombardement des centrales électriques ukrainiennes par Moscou avait dévasté le réseau du pays et privé des millions de personnes de chauffage et d’électricité par des températures largement négatives.
Les deux camps ont intensifié leurs frappes de longue portée ces derniers mois, visant entrepôts, raffineries, ports et navires, avec un nombre croissant de victimes civiles.
Frappe sur le dépôt: le bilan passe à 38 morts
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué dimanche que le bilan de la frappe de drones russe contre un dépôt de munitions dans le village de Myla, dans le district de Boutcha près de Kyiv, s’était élevé à 38 morts, avec 20 blessés et quatre personnes toujours portées disparues. Sur Telegram, Zelensky a écrit que "l’ampleur de la contamination dans la zone est significative", alors que les équipes d’urgence s’efforçaient d’éteindre les derniers incendies et que les démineurs sécurisaient le site.
La frappe a provoqué une énorme déflagration et des explosions secondaires qui ont projeté des flammes jusque dans les zones résidentielles voisines, endommageant une cinquantaine de bâtiments et entraînant l’évacuation de plus de 380 habitants, selon les autorités régionales. Parmi les victimes figure Taras Didych, le maire du village voisin de Dmytrivka. Il s’agit de l’un des incidents les plus meurtriers survenus dans la banlieue de Kyiv depuis le début de l’invasion à grande échelle de la Russie, il y a plus de quatre ans.
Les procureurs ukrainiens ont ouvert une enquête pour négligence criminelle, afin de déterminer pourquoi des explosifs étaient stockés aussi près des habitations.
Troisième jour consécutif d’attaques soutenues
La frappe de Myla a conclu un troisième jour consécutif de bombardements aériens russes, parmi les plus soutenus depuis le printemps.
L’armée russe a indiqué avoir également visé dimanche une cimenterie et une usine d’amiante à Kyiv, affirmant que leurs entrepôts servaient à stocker des explosifs, ainsi qu’un site de fabrication de drones et de munitions.
Au total, la Russie a lancé deux missiles balistiques Iskander-M et 130 drones de différents types entre la fin de la journée de samedi et le début de celle de dimanche, selon l’armée de l’air ukrainienne.
L’Ukraine a de son côté frappé une raffinerie de pétrole dans le nord-ouest de la Russie à l’aide de drones, déclenchant un incendie, selon les autorités locales russes.
La raffinerie pétrolière de Kirishi, dans la région russe de Léningrad, est la deuxième plus grande installation de production du pays, avec une capacité de traitement d’environ 20 millions de tonnes de pétrole brut par an pour la production de kérosène et de diesel.
Kyiv vise de plus en plus les infrastructures énergétiques et pétrolières de la Russie – raffineries, stations de pompage et dépôts de stockage – dans le cadre d’une stratégie qui, selon les responsables ukrainiens, vise à faire pression économiquement sur Moscou pour mettre fin à la guerre.