Mort de Jason Arday : l’université de Gand suspend un chercheur « à titre préventif », l’ambassade américaine en Belgique réagit
L’ambassade des États-Unis a dénoncé samedi la décision prise par l’université belge de Gand de suspendre le chercheur à l’origine des accusations de plagiat contre Jason Arday, professeur noir qui avait démissionné début août de l’université britannique de Cambridge avant d’être retrouvé mort.
« La mission des États-Unis en Belgique condamne, dans les termes les plus fermes, les mesures de rétorsion prises par l’université de Gand à l’encontre d’un universitaire américain à la suite de ses signalements exacts, en tant que lanceur d’alerte, sur des fraudes académiques », a déclaré l’ambassadeur Bill White sur X.
« Les institutions malhonnêtes et corrompues, qui se livrent en meute à des comportements de bouc émissaire ou qui les récompensent, ne sont pas des partenaires souhaitables pour nous », a affirmé l’ambassadeur américain.
L’université belge de Gand avait annoncé jeudi la suspension de l’un de ses chercheurs, Nathan Cofnas, à l’origine d’accusations de plagiat à l’encontre de Jason Arday, le plus jeune professeur noir de l’université de Cambridge en Grande-Bretagne.
« Le but ultime de la liberté d’expression est de renverser les mensonges, la fraude et les idéologies fausses. C’est précisément ce que Cofnas faisait, et c’est précisément la raison pour laquelle son institution d’attache veut le réduire au silence », a accusé Bill White, un proche du président américain Donald Trump.
L’université de Gand a souligné jeudi dans un communiqué avoir décidé d’ouvrir une « enquête disciplinaire préliminaire » à l’encontre du chercheur et décidé de le suspendre de ses activités de recherche post-doctorale, « à titre préventif ».
Cette enquête doit permettre, selon l’université, de vérifier s’il existe « des éléments suffisants pour transmettre le dossier à l’instance disciplinaire compétente en vue d’un examen plus approfondi ».
Un « harcèlement médiatique »
Jason Arday a été retrouvé mort à son domicile à la mi-août. Il avait connu un parcours exceptionnel, passant du statut d’enfant autiste à celui de professeur à Cambridge, avant d’être englouti par ce scandale de plagiat ainsi que par des soupçons de mensonge concernant son histoire personnelle.
Les accusations portées contre ce professeur, âgé de 41 ans au moment de sa mort, avaient fait l’objet d’une large couverture médiatique dans la presse britannique après que Nathan Cofnas eut déclaré en juillet avoir découvert de nombreux cas de plagiat dans ses travaux.
Des allégations semblables avaient fait surface plusieurs années auparavant, mais sans aboutir, Jason Arday intentant notamment une action en diffamation contre un journaliste enquêtant sur lui.
Jason Arday a démissionné de Cambridge alors que l’université britannique venait d’ouvrir une enquête sur ces accusations de plagiat, et a été retrouvé mort neuf jours plus tard, le 14 août.
La famille de Jason Arday a dénoncé suite à sa mort une « campagne de harcèlement » et des milliers de personnes, dont des députés britanniques, ont signé une pétition réclamant une enquête sur ce qu’ils qualifient de « harcèlement médiatique ».