Mobilisation du 24 octobre : en Occitanie, une journée entre manifestations interdites, gilets jaunes de sortie, défilé officiel et échauffourées

Des milliers de manifestants ont bravé les nombreuses interdictions de défiler en région. À Montpellier et Toulouse, des affrontements ont éclaté en début de soirée.

Seul rassemblement autorisé en région, celui de Béziers hier matin était encadré par la CGT et Solidaires. Quelque 600 personnes ont défilé dans le calme et dans une ambiance festive. La ville est restée sous haute surveillance ensuite par crainte de rassemblements de Gilets jaunes qui n’ont finalement pas eu lieu.

Quelque 700 personnes ont défilé à Béziers hier matin.
Quelque 700 personnes ont défilé à Béziers hier matin. Mélissa Alcoléa

À Millau, en revanche, une centaine de Gilets jaunes ont organisé dans la matinée une opération péage gratuit au niveau du viaduc avant que plusieurs dizaines d’entre eux ne se rassemblent devant la gare et tentent de rejoindre la sous-préfecture malgré l’interdiction de manifester.

Opération péage gratuit pour les Gilets jaunes au viaduc de Millau, hier matin.
Opération péage gratuit pour les Gilets jaunes au viaduc de Millau, hier matin. Dorian Molinier

Dans la préfecture de l’Aveyron, à Rodez, un peu plus de 300 personnes ont répondu à l’appel de l’Acte II, selon Centre Presse. Sur l’itinéraire qu’ils ont emprunté, ils ont notamment fait attendre leurs voix et revendications devant la préfecture, le Département et la mairie.
À Alès, près de 700 manifestants se sont rassemblés devant l’hôtel de ville, sans heurts.

À Nîmes, en revanche, alors que la préfète avait interdit tout rassemblement, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées à l’entrée des Jardins de la Fontaine pour exprimer "un ras-le-bol général".

À Nîmes, les manifestants ont tenté de bloquer le périphérique.
À Nîmes, les manifestants ont tenté de bloquer le périphérique. TOM SERRANO

La foule s’est dispersée tout au long de l’après-midi, un groupe choisissant de bloquer la circulation sur le boulevard périphérique entre le rond-point de la route d’Arles et le centre commercial des 7 Collines où la situation s’est tendue avec les forces de l’ordre.

Des heurts à Montpellier

À 18 heures, le calme était revenu contrairement à Montpellier où les tensions étaient toujours importantes à la tombée de la nuit. Malgré l’interdiction de manifester, des rassemblements se sont formés dans l’après-midi.

Un millier d’étudiants se sont retrouvés devant le campus Triolet et avaient prévu de rejoindre le centre commercial Odysseum. Le cortège a finalement été bloqué par les forces de l’ordre et des affrontements ont commencé, tandis que la place de la Comédie se remplissait peu à peu. Les deux cortèges ont tenté de se rejoindre et se sont étoffés tout au long de l’après-midi. Jusqu’à 6 300 manifestants ont ainsi été comptabilisés par les autorités avant que les groupes ne se disloquent de nouveau.

Des affrontements ont éclaté sur le cortège "illégal" de Montpellier.
Des affrontements ont éclaté sur le cortège "illégal" de Montpellier. GIACOMO ITALIANO

Des attroupements ont ainsi rejoint la place de la Comédie, le commissariat, le quartier Port Marianne. Place de la Comédie, de violents affrontements entre les CRS et les manifestants ont éclaté en début de soirée. "Les forces de l’ordre ont fait usage à plusieurs reprises de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui scandaient des slogans hostiles à la police et qui lançaient des projectiles en direction des forces de l’ordre", affirmait la préfecture de l’Hérault, hier soir, alors que 200 manifestants étaient encore sur place. Huit personnes ont été interpellées et les forces de l’ordre comptent deux blessés.

Entre 26 500 et 80 000 personnes selon les sources citées par la Dépêche du Midi ont manifesté à Toulouse. La situation s’est tendue au moment de la dispersion du cortège. Selon nos confrères, un jeune homme de 20 ans aurait été grièvement blessé à la main.

À Perpignan où des pillages avaient eu lieu la semaine dernière, 1 500 personnes se sont rassemblées malgré l’interdiction préfectorale. Un groupe de 500 manifestants a tenté de pénétrer dans le centre-ville et s’est opposé aux forces de l’ordre. 21 personnes ont été interpellées, quatre ont été placées en garde à vue.