Mobilisation du 17 octobre : le "préjudice est estimé à 25 000 €…" Chaises volées, tables abîmées, télés caillassées, ce célèbre bar de Perpignan a été ciblé par des casseurs

Ce samedi 17 octobre, le Délirium, situé avenue Maréchal-Leclerc, à Perpignan, a dû fermer ses portes en urgence lorsque des casseurs ont commencé à s’en prendre à l’établissement, en marge de la journée de mobilisation.

La matinée avait pourtant bien débuté. Alors que plusieurs milliers de manifestants s’étaient réunis au pied du Castillet pour la journée de mobilisation du samedi 17 octobre, l’événement a pris une tout autre tournure, dans l’après-midi, lorsque des casseurs ont envahi les rues de Perpignan pour s’en prendre notamment aux commerces.

Avenue du Maréchal-Leclerc, le Délirium, un bar bien connu du grand public et des plus jeunes, a été pris pour cible par un groupe d’individus, obligeant les salariés à agir rapidement pour mettre en sécurité les clients et eux-mêmes.

Il a été alerté par les caméras de vidéosurveillance

Pour L’Indépendant, le patron du bar, Cédric Carlos, est revenu sur cet après-midi de violence urbaine. "Ce sont les caméras de vidéosurveillance qui m’ont alerté sur la situation", a-t-il expliqué, avant d’ajouter : "Mon directeur m’a également appelé. À ce moment-là, il y avait une trentaine de clients qui étaient présents. On a pris la décision de tous les mettre en sécurité".

Et pour cause, sur les images de vidéosurveillance, que nous avons pu consulter, il était possible de voir plusieurs individus, à visage découvert pour la plupart, en possession d’un panneau "Stop" qu’ils avaient visiblement arraché du sol. Avec celui-ci, ils ont commencé à s’attaquer à la porte du bar, tout en filmant la scène. D’autres en ont également profité pour jeter des projectiles sur la porte.

Avec un panneau "Stop", des individus ont attaqué la porte du Délirium, à Perpignan.
Avec un panneau "Stop", des individus ont attaqué la porte du Délirium, à Perpignan. Capture écran caméra de vidéosurveillance

"On a rangé tout ce qu’on pouvait. Mais, à ce moment-là, il y a aussi des personnes qui se sont servies en volant une vingtaine de chaises", a confié Cédric Carlos. Des tables en extérieur ont été abîmées et deux télévisions ont été caillassées. "Entre la casse, le vol et la perte d’exploitation, le préjudice doit être aux alentours de 25 000 euros", a-t-il poursuivi.

"Ce n’est pas un problème de vouloir manifester, c’est légitime, j’en ai marre aussi de payer le gazole à 2,40 €, mais s’en prendre aux commerçants, ce n’est pas normal. J’ai déposé une plainte en ligne ce matin (dimanche 18 octobre, NDLR) et j’ai appelé mon assurance. Une chaise en moins, c’est un client en moins", a-t-il expliqué.

"Le mois d’octobre, c’est notre mois d’août"

Un événement d’autant plus impactant pour ce bar puisqu’une soirée thématique Années 1990- 2000 devait avoir lieu ce soir-là. "Il a fallu appeler tous les prestataires pour annuler. Pour nous, le mois d’octobre, c’est notre mois d’août. L’été, les gens sont sur la côte et c’est à partir de septembre que notre activité reprend crescendo. En octobre, tout le monde est de retour, notamment les étudiants", a indiqué Cédric Carlos.

Avec ses employés, ce dernier a ensuite passé une partie de la soirée à veiller sur l’établissement, jusqu’aux alentours de 22 h 30 – 23 h, alors que de nombreux casseurs étaient encore présents dans les rues, bien après la mobilisation.