Michel Ocelot, parrain du Festival des Villes Sœurs : « L’animation me rend libre »
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Il a donné naissance à Kirikou, petit héros devenu le compagnon de plusieurs générations. Invité comme parrain du Festival du film d’animation des Villes Sœurs, Michel Ocelot parle de contes, de liberté, de simplicité et de cette magie propre à l’animation : faire exister ce qui n’était rien.- Le festival du film d’animation des Villes Sœurs a lieu du 12 au 18 octobre 2026 à Ault, Le Tréport, Mers-les-Bains et Eu.
- Michel Ocelot en est le parrain. il animera une masterclass le 17 octobre au Théâtre du Château d’Eu, et trois de ses films seront projetés : « Kirikou et la Sorcière » le samedi 17 octobre à Mers-les-Bains, « Azur et Asmar » le dimanche 18 à Ault et « Princes et Princesses » le dimanche 18 également mais à Mers-les-Bains de nouveau.
- Les projections sont accessibles au tarif unique de 5 €. Les animations et expositions du festival sont gratuites sans réservation.
- Programme complet : film-animation-villessoeurs
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Trente ans après la naissance de Kirikou, Michel Ocelot continue de défendre une animation libre, inventive et affranchie des frontières entre cinéma pour enfants et cinéma pour adultes. Parrain du Festival du film d’animation des Villes Sœurs, le réalisateur revient sur son parcours, son goût pour les contes et cette magie de l’animation qui lui permet, dit-il, de « tout » faire.
Qu’est-ce qui vous a donné envie d’accepter d’être le parrain du Festival du film d’animation des Villes Sœurs ?
Plusieurs éléments. L’invitation d’Emmanuel-Alain Raynal, un producteur que j’apprécie beaucoup. La découverte de terres inconnues, je ne suis jamais allé dans ces deux villes, Le Tréport et Mers-les-Bains. C’est une villégiature 1900, au bord de la mer, les vacances !
Quel regard portez-vous sur la place qu’occupe aujourd’hui le cinéma d’animation en France, parfois encore considéré comme un cinéma destiné aux enfants ?
Il est vrai que l’animation n’a pas encore fait tout le chemin qu’a parcouru la bande dessinée, qui atteint maintenant un public franchement adulte. Mais on progresse… L’animation est à la mode, la France a un grand nombre d’excellentes écoles d’animation, certaines célèbres à l’étranger. L’animation française est la troisième du monde, en quantité. La qualité se mesure moins bien, mais je vois les films français s’améliorer régulièrement (cependant, en ce moment, il y a un certain ralentissement des tournages).

Avec Kirikou et la Sorcière, vous avez profondément marqué plusieurs générations. Est-ce que vous mesurez ce que ce personnage représente aujourd’hui ?
Je suis un peu dépassé. J’étais prêt à bien des succès, mais je n’avais pas prévu la profondeur de la popularité de ce héros. Kirikou a aujourd’hui 30 ans et toutes les générations l’accueillent. Et je serais tenté de dire que c’est plus qu’un succès, c’est un réel attachement à un petit frère.

Vos films puisent beaucoup dans les contes et les légendes du monde entier. Qu’est-ce que vous allez chercher dans ces récits anciens ?
Une qualité des récits anciens c’est qu’il n’y a pas de droits d’auteur ! C’est un fonds commun dans lequel on peut puiser et qu’on peut malmener aussi. J’en fais mes contes à moi sans suivre du tout le récit d’origine.
Vous avez expérimenté de nombreuses techniques, du théâtre d’ombres à la 3D. Qu’est-ce qui détermine aujourd’hui la technique que vous choisissez pour raconter une histoire ?
Depuis « Azur et Asmar » inclus, je fais mes films en 3D numérique. Les diverses techniques que j’ai utilisées depuis mes débuts dépendaient des finances. J’ai commencé avec les techniques les moins chères, je n’avais pas le choix. Mais je les ai bien aimées !

Vous avez commencé avec très peu de moyens, notamment avec du papier, des ciseaux et des silhouettes. Est-ce que cette simplicité continue de nourrir votre façon de créer ?
Oui, je suis pour la simplicité, la sincérité, l’honnêteté.
Après autant d’années et de films, qu’est-ce qui continue à vous émerveiller ou à vous surprendre dans l’animation ?
Avec l’animation, je peux tout, je suis puissant et libre. Et il y a un côté magique (au début rien n’existe), qui me touche encore.
Si vous deviez montrer un seul de vos films à quelqu’un qui ne connaît absolument pas votre travail, lequel choisiriez-vous ? Et pourquoi ?
Je vais tourner votre question. Un seul film, ça ne me va pas ! Mais ma réponse sera le film » Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse ». Vous avez un film, mais j’en montre trois, très différents en propos et en techniques.

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