Meurtre de Sonia B. : commentaires haineux, misogynie… Une vague de harcèlement contre l’influenceuse tuée dans le Gard
Le corps de Sonia B. a été retrouvé dénudé et partiellement carbonisé ce 12 août dernier dans les vignes de Saint-Gilles, dans le Gard. Sous les vidéos de l’influenceuse suivie par près de 300 000 abonnées, les commentaires haineux déferlent.
"Je crois que les gens ne se rendent pas compte, j’ai écrit à un homme qui s’était permis des commentaires horribles." C’est en ces termes que la sœur de Sonia B., influenceuse nîmoise dont le corps a été retrouvé dénudé et partiellement calciné le 12 août, a dénoncé, lundi auprès de Midi Libre, les messages haineux et les commentaires tout aussi terrifiants publiés sous les publications de la jeune femme. "J’ai alerté TikTok pour qu’il ferme les comptes mais pour l’instant rien n’y fait. Les gens vont trop loin, c’est affreux et ils racontent n’importe quoi. C’est du harcèlement, il y en a même qui disent qu’elle a mérité ce qui lui est arrivé", a-t-elle ajouté.
Reste que depuis l’annonce de la mort de la jeune femme de 29 ans, le tribunal du Net ne cesse de déverser sa haine en ligne. Et alors que l’enquête se poursuit, pour déterminer notamment les causes exactes de la mort, sur les réseaux de l’influenceuse, entre condoléances et messages de soutien à la famille, les commentaires haineux et misogynes déferlent.
"Repose en paix petite étoile. Nous sommes en colère car c’est inacceptable, inhumain qu’une personne t’a fait autant de souffrance ! On te soutient toi et ta famille", écrit un internaute en commentaire d’un post Instagram datant de février 2023. Sur la photo, Sonia B. est attablée au restaurant. Un décor que certains commentaires déplacés reprennent : "Le repas de la condamnée… RIP…" ou encore "L’heure du barbecue", peut-on lire.
Des remarques déplacées largement critiquées par les fans de l’influenceuse qui n’hésitent pas à répondre frontalement : "Tu es immonde, d’écrire ça un peu de respect pour cette jeune femme qui a été assassiné !!!", écrit un internaute, "tu es une merde", "le karma s’occupera de toi", ajoutent deux autres.
Une majorité de messages bienveillants mais…
Sur TikTok, le canal où la Nîmoise était la plus suivie (plus de 262 000 followers), comme sur Instagram (environ 14 000), la majorité des commentaires sont de simples "RIP" ou "repose en paix", et des condoléances adressées à la famille de Sonia. "La pauvre, c’est terrible", "tellement triste", "paix à son âme", "je n’en peux plus de tous ces féminicides… Soutien total à ta famille", peut-on lire.
Mais sous sa dernière vidéo TikTok, postée en mai 2024, un internaute écrit : "Et c’est maintenant qu’elle est morte que ces vidéos vont commencer à devenir viral" suivi d’un émoji qui rie. Un autre dit "t’a voulu la gloire, ça t’a mené droit à la mort", suivi d’un émoji flamme et d’un émoji démon.
Sur BFMTV, l’avocat pénaliste Me Mourad Battikh, représentant de la famille de Sonia s’est exprimé à propos de cette vague de commentaires haineux. Il a assuré que l’hypothèse que la jeune femme ait été victime de cyberharcèlement était à prendre en compte : "je suis rentré dans le dossier il y a 24-48 heures et ce que je constate effectivement c’est, alors que Sonia est décédée, il y a toujours un déferlement de haine, on vient parler de son corps de son physique, de ses attributs et jamais de manière positive et par conséquent l’hypothèse d’une haine sur les réseaux sociaux n’est pas à exclure." Et de poursuivre : "Je leur dis très fermement et les yeux dans les yeux, on vous traquera, on vous retrouvera et vous serez jugé. Depuis 6h ce matin (mercredi, NDLR), je suis en lien avec la plateforme Pharos, je ne fais que recueillir toutes les ignominies que je lis et tous les commentaires odieux, ignominieux que je récupère sur internet et je ferai en sorte que chacun des commentaires et que chaque personne qui se cache, qui se terre derrière ces commentaires sera traduit devant une juridiction de jugement et répondra de ces agissements odieux."