"Mes fenêtres ont tremblé": des explosions entendues à Ryad, une première depuis la reprise du conflit avec les Houthis du Yémen

Drapeau de l'Arabie saoudite avant la première séance d'essais libres du Grand Prix de Formule 1 d'Arabie saoudite sur le circuit de la Corniche de Djeddah, le 7 mars 2024.

Drapeau de l'Arabie saoudite avant la première séance d'essais libres du Grand Prix de Formule 1 d'Arabie saoudite sur le circuit de la Corniche de Djeddah, le 7 mars 2024. - Jakub Porzycki /NurPhoto

Dans la nuit du 18 au 19 septembre, deux explosions ont été entendues à Ryad, après une alerte aérienne. Un premier événement dans la capitale saoudienne depuis la reprise des attaques des Houthis liées à la guerre au Yémen.

Les habitants de Ryad ont été réveillés dans la nuit de vendredi à samedi par une alerte de risque d'attaque suivie de deux fortes explosions, une première dans la capitale saoudienne depuis la reprise des affrontements avec les Houthis du Yémen.

Le royaume subit ces derniers jours des attaques croissantes de ces combattants pro-iraniens qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin, et viennent d'y effectuer une percée spectaculaire face au gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par une coalition menée par Ryad.

Mais les frappes houthies en Arabie saoudite ont jusqu'ici majoritairement ciblé des installations pétrolières et des bases militaires dans le sud ou sur la côte donnant sur la mer Rouge, loin de Ryad, qui n'avait pas encore été menacée depuis la reprise des hostilités en juillet.

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L'alerte prévenant d'une "menace aérienne hostile" sur la capitale et appelant ses habitants à rester à l'intérieur a résonné sur leurs téléphones vers 3h du matin (minuit GMT).

Deux explosions ont ensuite été entendues, selon des journalistes de l'AFP sur place, avant que l'alerte ne soit levée une demi-heure plus tard.

Les autorités n'ont pas encore détaillé le motif de ces alertes, émises également dans d'autres régions du pays, ni sur d'éventuels victimes ou dégâts.

"J'ai entendu l'alerte, puis mes fenêtres ont tremblé. J'ai eu vraiment peur, je ne m'y attendais pas", témoigne un habitant de 27 ans du nord de la capitale, qui n'a pas souhaité donner son nom.

Ce samedi, des flammes et de la fumée noire sont visibles dans les environs de l'aéroport international de Ryad, ont indiqué à l'AFP deux habitants de la capitale d'Arabie saoudite.

"On a vu de la fumée noire et des flammes vers l'aéroport", a rapporté l'un d'eux, tandis que le site spécialisé Flightradar24 y a signalé des "perturbations majeures".

Le site a classé l'aéroport au niveau maximum de perturbation, avec des vols annulés ou retardés. Selon un journaliste de l'AFP, un réservoir de carburant d'Aramco serait en feu.

Une attaque sur La Mecque

L'Arabie saoudite avait accusé quelques jours plus tôt les Houthis d'avoir ciblé La Mecque, ville sainte de l'islam qui accueille chaque année des millions de pèlerins. L'attaque - démentie par les Houthis - avait été largement condamnée dans le monde musulman.

En réponse aux Houthis, l'Arabie saoudite a quotidiennement et largement bombardé des zones qu'ils contrôlent au Yémen, sans toutefois parvenir pour l'heure à contrer leurs avancées.

Depuis leur offensive éclair de début septembre, ils contrôlent désormais tout le littoral yéménite sur la mer Rouge, et ont ainsi renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.

Une nouvelle pression sur l'économie mondiale, déjà ébranlée par près de sept mois de guerre au Moyen-Orient, qui a fait repasser le prix du pétrole au-dessus de 100 dollars.

Une menace sur le détroit de Bab el-Mandeb?

D'autant que le transport maritime mondial était déjà fortement perturbé par le verrouillage du détroit d'Ormuz par Téhéran, de l'autre côté de la péninsule arabique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Les Houthis assurent, eux, qu'il n'existe aucune menace pour la navigation dans le couloir maritime de Bab el-Mandeb - sauf pour les navires de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Selon la société de suivi maritime Kpler, sur les sept derniers jours, seuls cinq navires chargés de marchandises saoudiennes ont quitté la mer Rouge en franchissant Bab el-Mandeb, soit moins du tiers du trafic hebdomadaire habituel enregistré depuis janvier.

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100 dollars le baril: Bab-el-Mandeb, l’autre détroit qui fait flamber le prix du pétrole

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La guerre au Yémen a éclaté en 2014 quand les Houthis ont pris le contrôle de la capitale Sanaa puis d'autres régions, déclenchant en mars 2015 une intervention militaire menée par l'Arabie saoudite.

La trêve fragile conclue en 2022 entre les belligérants a volé en éclats en juillet, lorsque les combattants pro-iraniens ont défié le contrôle de Ryad sur l'espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.

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Au moins 112.000 personnes ont été déplacées au Yémen et près de 3.000 autres se sont réfugiées à Djibouti depuis la reprise des combats début septembre dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, selon les derniers chiffres de l'ONU.

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