"Quand je suis arrivée à Paris, je voulais à tout prix ressembler aux Françaises", raconte la PDG d'Havas Mayada Boulos

Mayada Boulos, PDG de Havas Paris, dans son livre "De Bonne famille. Du Caire à Matignon, itinéraire d'une femme libre" (Ed. Grasset) raconte son enfance en Egypte, son arrivée en France et son cancer du sein.

"Je suis une communicante, mais je suis aussi une femme qui a un parcours très particulier, je suis une immigrée, je suis une copte, et j'espère aussi être une écrivaine", explique Mayada Boulos communicante à la tête de près de 500 salariés chez Havas Paris, l'un des leaders du secteur. Celle qui a dirigé pendant trois ans la communication de Jean Castex à Matignon publie "De Bonne Famille" aux éditions Grasset. Elle y retrace sa jeunesse au Caire, en Egypte avec un père journaliste intellectuel de gauche et qui a conseillé un temps Saddam Hussein, " je raconte notamment cette scène où je suis assise sur ses genoux, posée comme un vulgaire coussin, ce qui m'a vexée. Et je lui prends le visage par les deux mains, je le tourne vers moi et je lui dis, 'mais pourquoi tu ne me parles pas, n'aie pas honte, n'aie pas peur, tu sais, tu peux me parler'. Et c'est vrai que pour moi, c'était un monsieur, un intellectuel parmi beaucoup d'autres qui venait à la maison débattre, notamment avec mon père".

Quand elle arrive à Paris, à 20 ans, elle est victime de racisme, "je me sens obligée d'être encore plus souriante, encore plus polie, pour ne pas qu'ils me confondent avec les Arabes qu'on voit en France et dont j'ai vite compris qu'il fallait se distinguer", écrit-elle dans son livre. Elle avoue, à son arrivée en France vouloir "à tout prix ressembler aux Françaises, aux Occidentales, marcher comme elle, parler comme elle, réfléchir comme elle et devenir elle en réalité. Et puis là encore, avec le temps, avec les années, on accepte aussi ses origines et la richesse qu'elles peuvent apporter au quotidien et c'est vrai que je me sens plus égyptienne aujourd'hui que je ne le sentais il y a 20 ans".

Au travail malgré un cancer du sein

La première fois qu'elle a été diagnostiquée d'un cancer du sein Mayada Boulos avait 36 ans, "j'ai eu beaucoup de chance d'être dans un environnement extrêmement bienveillant, et il se trouve qu'à l'époque de ma chimiothérapie, je travaillais pour Jean Castex, et je lui propose ma démission. A ce moment-là, il me dit, 'non, je préfère avoir une demi Mayada que pas de Mayada du tout', ce qui est tellement humain et magnifique".

"Dans mon cas personnel, le travail m’a aidée à me dépasser. Je rappelle aussi que la période à Matignon, c’était une période de Covid, donc une période de crise. Ensuite, il y a eu l’Ukraine. Ce n’était pas une période totalement comme les autres. Et, au fond, quand on est dans un environnement bienveillant et qu’il y a des causes et des sujets qui nous dépassent, moi, personnellement, ça m’a aidée à surmonter cette période difficile et à ne pas me regarder le nombril", raconte la communicante.