Matt Pokora à l'affiche sur TF1 d'un téléfilm sur le massacre d'Oradour-sur-Glane : après la polémique, comment le village martyr juge-t-il la présence de la star de la variété ?
l'essentiel Matt Pokora sera à l'affiche de Oradour, le nouveau téléfilm événement de TF1 mêlant romance et fiction historique sur fond du massacre du village d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), par la division SS Das Reich, le 10 juin 1944. Si le projet a d'abord suscité l'inquiétude des élus locaux et des familles de victimes, il est désormais perçu comme un outil pour sensibiliser les jeunes générations à la mémoire du drame.
Après une longue carrière dans la musique, Matt Pokora s’ouvre au cinéma. Le nouveau coach de The Voice Kids sera à l'affiche du prochain téléfilm produit par TF1, baptisé Oradour, en référence au massacre du village d'Oradour-sur-Glane en Haute-Vienne, et à l'assassinat de 643 de ses habitants, le 10 juin 1944, par la division SS Das Reich. Il y incarnera le rôle principal, aux côtés de la comédienne Caroline Anglade.
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"Le 5 juin 1944, cinq jours avant le plus important massacre de civils français pendant la Seconde Guerre mondiale, Philippe Gerbier (Matt Pokora), officier des Forces françaises libres, est parachuté près d’Oradour-sur-Glane, pitche TF1. Il doit diriger une mission secrète et capitale pour la Résistance à quelques jours du Débarquement. Sur place, il retrouve Marie (Caroline Anglade), son amour de jeunesse, qui fuit avec sa fille un mari violent". La diffusion est prévue pour fin septembre.
"Une démarche sincère"
Le traitement de ce sujet douloureux avait provoqué, à l’été 2025, une inquiétude de la part des collectivités sur le traitement historique de l'œuvre. "L'idée de la fiction Oradour se concrétise en 2022 lors de la rencontre dans les ruines du village entre Matt Pokora et Robert Hébras, l'un des derniers survivants du massacre", explique TF1, qui met en avant une démarche sincère du chanteur. "Une évidence s'impose. La mémoire de ce drame doit perdurer. Ils le feront à travers cette fiction centrée sur la petite histoire dans la Grande Histoire".
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"En septembre 2025, nous avons rencontré à Oradour-sur-Glane l’équipe de production, avec le scénariste et Matt Pokora. Ils se sont adressés directement aux familles pour répondre à nos questions", indique Benoît Sadry, le président de l'Association nationale des familles des martyrs (ANFM) et adjoint à la mairie. "Après discussion, nous avons compris que le déroulement global du massacre avait été traité de manière réelle et conformément à ce qui s’était passé".
"Certaines libertés ont toutefois été prises"
"Pour les besoins de la fiction, certaines libertés ont toutefois été prises", explique l’élu, qui a été en lien avec la production depuis le début du projet. "Nous avons surtout insisté pour qu’un message soit diffusé au début du film afin d’avertir qu’il ne s’agit pas d’une histoire vraie. Notre inquiétude portait notamment sur le traitement de l’histoire. Oradour-sur-Glane est déjà attaqué par des négationnistes et des révisionnistes, et il y avait la crainte que cette fiction puisse, d’une manière ou d’une autre, leur donner du grain à moudre."
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Sensibiliser un jeune public
Le téléfilm sera d’ailleurs suivi, juste après la diffusion, par un documentaire à partir de 23h15 qui reviendra de manière historique sur le massacre en donnant la parole aux familles de victimes. Le film, lui, n’a pas été tourné à Oradour mais dans un studio en Belgique, avec des décors reconstitués. "La démarche est sincère de la part de l’équipe", ajoute Philippe Lacroix, maire d’Oradour-sur-Glane, qui travaille main dans la main avec l'association. "Il est important de faire de la sensibilisation sur le sujet, notamment auprès d'un public plus jeune pas forcément informé du drame".
À l’occasion de la sortie de ce film, le président de l’association des familles des martyrs veut appuyer sur un point, qui ne sera pas forcément abordé dans la fiction : "Oradour n’avait pas de réseau de résistance et c’est justement l’une des raisons qui rendent le massacre aussi difficile à comprendre. C’est un massacre gratuit, à un moment déterminant de la Seconde Guerre mondiale, lors du Débarquement. L’objectif était notamment de terroriser la population française et de l’empêcher de basculer vers la Résistance."