"Il y a déjà eu l’agacement de certains joueurs" : à Vannes, amical ou pas, gagner était primodial

Face à des Irlandais du Connacht organisés, rigoureux et performants, le RCV a passé avec succès son test de victoire dicté par le staff et les joueurs cadres dans la semaine. Il reste du travail mais la base est très saine pour le promu.

Il n’y a eu que le bus du Connacht qui a été en retard à la Rabine, vendredi soir (accident bloquant l’accès à Vannes). Pour le reste, les hommes du technicien anglais Stuart Lancaster sont venus animés des meilleures intentions. Les Vannetais aussi, on a donc assisté à un match de préparation débridé mais rigoureux, animé mais avec des basiques de haut niveau, exactement ce que Vannes cherchait. Peut-être même un peu trop au goût du public, à la mi-temps, 21-12 pour les Irlandais et même 35-19 à 25 minutes du terme d’une rencontre ponctuée par onze essais validés, plus trois refusés pour de bonnes défenses d’en-but du Connacht ! "Je pense que le vrai bilan de la présaison, ce sera vendredi prochain", avait prévenu Jean-Noël Spitzer, le coach des Bretons, après la défaite à la sirène contre Pau (30-24) à Guingamp. On a vu, on a retenu : une animation offensive basée sur la vitesse, l’alternance efficace (neuf essais dont six validés), une conquête correcte malgré trente et un joueurs différents utilisés, des séquences défensives de haut niveau.

Sans Popelin ni Taccola

Oui mais voilà, il y a eu aussi des déchets et des bâtons donnés pour se faire (presque) battre par un Connacht épatant, malgré l’absence de ses internationaux (excepté Hansen, de retour de blessure avec toujours cette qualité de vitesse). Trois essais casquettes (interception, situation d’essai retournée en essai encaissé ou encore repli défensif offrant quasiment une passe décisive à la très talentueuse jeune classe irlandaise). Yoann Boulanger, coach adjoint de Vannes le concède : "Ils se sont nourris de nos erreurs. Ils ont été très réalistes, ça a été leur force. Un bon match de préparation, il y a plein d’enseignements à tirer, on a fait pas mal de petites erreurs qui nous ont coûté trois essais. On doit encore améliorer nos sorties de camp, je pense, c’est un point focus. Il faut qu’on travaille."

Vendredi 21 août, le jeu au sol avait été performant, il l’a été le vendredi 28. La mêlée et la touche un peu moins, même s’il y a eu du mieux. La discipline a elle aussi été bonne. Alors, quel était le problème pour encaisser trente-cinq points dont vingt-et-un quasiment donnés (avec, c’est à souligner, un formidable arrière du Connacht, Gilbert) ? Fébrilité ? Joueurs clés retrouvant le terrain et manquant de rythme (Lafage, Ruru…) ? En tout cas Vannes a agi et réagi en équipe malgré le déficit de points, et a su renverser une tendance bien mal engagée. Et c’est une bonne chose car selon Romaric Camou, l’accent avait été mis sur "la gagne" : "Contre le Connacht, il y avait une vraie attente de résultats pour commencer à gagner à la Rabine, on est allé chercher le match. L’énergie pour aller chercher les dernières balles de match, ça a été une grande preuve d’un bon état d’esprit du groupe, c’est de bon augure pour le début du championnat. On n’a pas la mémoire courte, on sait très bien qu’il y a deux ans, on a perdu des matchs sur les dernières minutes. La semaine dernière contre Pau, il y a déjà eu l’agacement de certains joueurs, moi le premier, personne ne veut revivre ça et je pense qu’on a gagné en maturité et en expérience pour ne plus revivre ces matchs. C’est pour ça que c’était très important de gagner." Privé de Popelin et de Taccola, Vannes a pris ses marques avant les grands débuts à Castres le 5 septembre. En gagnant.